Neue Deutsche Todeskunst

La Neue Deutsche Todeskunst (en français : Nouvel art de la mort allemand) est un genre de musique qui s'est développé en Allemagne depuis le début des années 1990. Il n'est pas à confondre avec la Neue Deutsche Welle ou la Neue Deutsche Härte.

Éléments clés du genreModifier

La musique s'inspire du mouvement gothique autour de groupes tels que Siouxsie and the Banshees, The Sisters of Mercy ou Fields of the Nephilim, et de la dark wave autour de groupes comme Joy Division, The Cure ou Depeche Mode.

Lyriquement, les thèmes abordés sont la mort, le caractère éphémère, le mal du siècle, la critique religieuse, la violence, la folie, l'isolation, la dépression, l'angoisse ou le destin personnel, et s'inspirent de courants de pensée ou artistiques divers : le nihilisme, le surréalisme, l'expressionnisme, la philosophie existentielle. Les paroles renvoient à la poésie sombre des écrivains et philosophes allemands de différents époques comme Andreas Gryphius, Johann Wolfgang von Goethe, Friedrich Nietzsche ou Gottfried Benn, mais aussi des poètes d'autres pays comme Edgar Allan Poe, Charles Baudelaire, Georg Trakl, Jean-Paul Sartre ou même Ray Bradbury et George Orwell. Les textes, rédigés en allemand à l'intention d'un public germanophone, ont souvent un double-sens et laissent une large place à l'interprétation. Pour soutenir l'aspect lyrique, certains groupes ont aussi composé des textes plutôt classiques en latin ou ont donné des noms lyriques à leurs albums. La Neue Deutsche Todeskunst s'inspirant de mouvements artistiques et de groupes anglophones, certains artistes ont élargi l'horizon du genre en écrivant des chansons en langue anglaise, même si ce phénomène est plutôt rare.

Les groupes de Neue Deutsche Todeskunst mettent l'accent sur les déguisements, l'éclairage, la pyrotechnie et les décors. Le but est de donner un spectacle qui touche tous les sens et transmet une atmosphère générale sombre et touchante.

La plupart des groupes du genre avaient signé des contrats avec le label « Danse macabre » qui est ainsi devenu un label culte. La Neue Deutsche Härte fut encouragée par des magazines allemands tels que MagazinOphon, Orkus, Zillo, Sonic Seducer et plus tard Elegy ou Dark Spy et leurs équivalents à l'étranger. C'est dans ces magazines et sur leurs sites internet que l'on retrouve d'ailleurs un bon choix d'informations et entrevues en lien avec le genre.

Les groupes du genre ont également été très présents sur les festivals de la scène gotique comme le M'era Luna, le Wave-Gotik-Treffen ou encore l'Amphi Festival.

Origines du nomModifier

Le désignation et catégorisation de la « Neue Deutsche Todeskunst » paraît pour la première fois dans le magazine MagazinOphon du label « Danse macabre » en 1991. Le terme, influencé philosophiquement par la Neue Slowenische Kunst et commercialement par la Neue Deutsche Welle fut vite adaptée par Sven Freuen du magazine Zillo pour décrire le style des groupes du label et ceux qui imitaient leur style. Bien qu'une grande partie des musiciens du genre était plus ou moins satisfaite de cette catégorisation et a essayé d'employer d'autres termes, ce qui rend une catégorisation parfois quelque peu difficile, le nom du genre s'est imposé à travers les années.

La Neue Deutsche Härte n'a pas connu un grand succès ou intérêt international, mis à part peut-être les groupes pionniers les plus connus comme Das Ich, Goethes Erben et Lacrimosa. La plupart sont restés stables et fidèles au genre et existent encore tous aujourd'hui.

Liste des groupes du genreModifier

Les groupes suivants sont considérées comme les groupes pionniers du genre. La date donnée indique l'année de la première publication du groupe associée au genre. Tous les groupes et artistes ont publié leurs œuvres au sein du label "Danse macabre":

Le seul groupe n'ayant pas publié d'album sur "Danse macabre" durant cette époque, mais qui a quand-même eu une certaine influence sur le genre est le suivant :

Après des problèmes financiers du label, celui-ci ne publia que les œuvres du groupe Das Ich à partir de 1995 et le phénomène du nouveau genre s'est vite détérioré. Par contre, quelques nouveau groupes ont tenté de prendre l'héritage du genre en leurs mains:

En 2005, le label "Danse macabre" s'est reformé et restructuré, mais ne mettait plus l'accent sur les groupes de la Neue Deutsche Todeskunst, à part du groupe Das Ich, mais plutôt sur des groupes du rock électronique ou encore de la Neue Deutsche Härte. Ainsi, le genre s'est encore plus déstabilisée et n'existe aujourd'hui qu'à cause des publications encore assez régulières des trois groupes pionniers Das Ich, Goethes Erben et Lacrimosa. Les nouveau groupes les plus récents comme "Leichenblass" rendent plutôt hommage à ces groupes au lieu d'innover le genre et de le faire progresser.

LittératureModifier

  • Peter Matzke / Tobias Seeliger · Das Gothic- und Dark-Wave-Lexikon · page 311 · 2002 · (ISBN 3-89602-277-6) (en allemand)
  • Kirsten Wallraff · Die Gothics · Musik und Tanz · Musik als Kunst · page 50 · 2001 · (ISBN 3-933773-09-1) (en allemand)
  • MagazinOphon No.1 · Studioreport, Interviews, Szenebericht, Plattenbesprechungen, Hörspiel · MCine No.1 · 1991 (en allemand)
  • Sven Freuen · Zillo Musikmagazin · Heft-Nr. 12/91 · Kassettenbestellmarkt · pagee 6 · (en allemand)

Liens externesModifier