Nef de Charles Quint

La nef automate, dite aussi dite nef de Charles Quint, est une horloge automate ou galion mécanique en forme de navire, réalisé au XVIe siècle et attribué à l'orfèvre allemand Hans Schlottheim (1547-1625), qui a séjourné à la cour impériale de Prague en 1586-1587, puis à celle de Saxe en 1589 et 1593[1].

Il existe trois exemplaires de ces galions mécaniques :

C'est le premier des trois exemplaires qui porte le nom de Charles Quint.

Nef de Charles Quint du musée de la RenaissanceModifier

La nef du musée national de la Renaissance est l’un des automates de table les plus élaborés de cette période.

C’est un galion à trois mâts, armé de canons, dont l’un est caché dans la figure de proue en forme de dragon. Sa coque est en laiton doré ; elle est ciselée d’ornements et sous la ligne de flottaison figurent des monstres marins. Sur le pont, l’empereur Charles Quint trône sous un baldaquin ; devant figurent trois hérauts suivis par le cortège de huit princes électeurs que l’on identifie à leur bonnet d’hermine ; dix trompettes, un tambour et un timbalier forment une haie ; des marins sont postés sur les hunes et le pont[1].

L'équipement mécanique comporte sept mouvements qui commandent le cadran au pied du grand mât, la sonnerie des heures et des quarts et animent les bras des marins situés sur le mât. Des mécanismes musicaux actionnent les trompettistes et le timbalier : ils actionnent la rotation de la plate-forme des électeurs ; au salut de chacun d’eux, l’empereur répond par un mouvement de la tête et du bras[1].

Nef du Kunsthistorisches MuseumModifier

La nef du Kunsthistorisches Museum de Vienne, réalisée en argent, appartenait à Rodolphe II, empereur du Saint-Empire et roi de Bohême de 1576 à 1612, fils de Maximilien II et petit-fils de Charles Quint[4].

Galion mécanique du British MuseumModifier

Les dimensions sont 104 × 78,5 × 20,3 cm en hauteur, longueur et largeur, sans compter les canons[5]. Sur le pont principal, huit personnages sont armés chacun d'une épée.

À la base du mât principal se trouve une horloge sur un cadran argenté, avec des motifs floraux en émail coloré. Dans les nids-de-corbeaux du grand mât, des marins frappent les heures et les quartiers sur des cloches retournées.

Sous le mât principal, les hérauts et les princes-électeurs s'approchent automatiquement de l'empereur assis sous une verrière avec une aigle à deux têtes du Saint-Empire romain germanique.

Le bout-dehors comporte un canon à verrou de roue qui se déclenche automatiquement. Dix autres canons sont disposés autour de la coque. La notice du musée indique[5] que dans l'état actuel, la nef ne fonctionne plus et que les huit figures sur le pont principal ne sont pas les originaux, mais des copies moulées d'une figure originale présente sur le pont arrière.

Le galion mécanique du British Museum figure, en numéro 76, dans la liste des œuvres répertoriées dans Une histoire du monde en cent objets.

Réplique du musée d'UtrechtModifier

 
Réplique fonctionnelle du Museum Speelklok d'Utrecht.

Le Museum Speelklok à Utrecht, spécialisé dans la musique mécanique, possède un modèle fonctionnel de ce type de mouvement d'horlogerie, réalisé en 1999, avec un orgue et un canon en miniature qui peut être mis à feu.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c « Nef-automate dite « de Charles Quint » », Musée national de la Renaissance (consulté le 1er février 2019)
  2. Automat in Form eines Schiffes, notice au Kunsthistorisches Museum. Elle contient aussi un lien vers une vidéo.
  3. « Une fastueuse horloge-automate, dite « Nef de Charles Quint » », Réunion des musées nationaux (consulté le 7 août 2010)
  4. Mechanical Galleon, British Museum collection database.
  5. a et b The mechanical galleon, notice au British Museum.

BibliographieModifier

  • (en) Jessica Keating, Animating empire : automata, the Holy Roman Empire, and the early modern world, University Park, Pennsylvania, The Pennsylvania State University Press, , 170 p. (ISBN 978-0-271-08002-4).

Liens externesModifier

Articles liésModifier