Myosorex varius

Myosorex varius
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Dessin de M. varius
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Soricomorpha
Famille Soricidae
Genre Myosorex

Espèce

Myosorex varius
Smuts, 1832

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure
[1]

Répartition géographique

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Répartition de la Musaraigne des forêts ou Musaraigne-souris d'Afrique du Sud

La Musaraigne des forêts d'Afrique du Sud ou Musaraigne-souris d'Afrique du Sud (Myosorex varius)[2] est une espèce de musaraignes de la famille des Soricidae[3]. Elle se trouve au Lesotho, en Afrique du Sud et au Swaziland[1]. Ses habitats naturels sont la forêt tempérée, la savane sèche, la fruticée de type méditerranéen et la prairie tempérée[1]. Cet animal partage le nom de « musaraigne des forêts » avec d'autres espèces non seulement du genre Myosorex mais aussi du genre Sylvisorex[4].

DescriptionModifier

L'espèce atteint une longueur d'environ 12,5 cm avec une queue de 4,3 cm et pèse en moyenne quelque 12 g. Dans le KwaZulu-Natal et la région de la Drakensberg, le mâle est plus gros que la femelle, mais dans la colonie du Cap, les deux sexes ont une taille semblable. Cette musaraigne est couverte d'une fourrure dense et courte, gris foncé ou brune sur le dessus et plus pâle sur le dessous[5].

Répartition et habitatModifier

La Musaraigne des forêts d'Afrique du Sud est une espèce indigène de l'Afrique du Sud, du Lesotho et du Swaziland. Elle est souvent le petit mammifère le plus répandu dans les hautes terres, mais est moins courante dans les zones côtières. On la trouve dans un large éventail d'habitats primaires et secondaires, dont la forêt, la prairie, les broussailles, le semi-désert (le désert du Karoo) et le fynbos[1].

BiologieModifier

La Musaraigne des forêts d'Afrique du Sud creuse un terrier peu profond ou s'empare celui d'un autre petit mammifère. Son terrier présente plusieurs entrées et une chambre de nidification contenant des herbes sèches. Il s'agit d'un animal territorial, et un seul couple reproducteur se trouve souvent dans les nids[5].

L'espèce est surtout nocturne. Le régime de cet insectivore comprend aussi la plupart des petits invertébrés qu'il rencontre, notamment des vers de terre, des mille-pattes, des centipèdes, des crustacés et des araignées. Des cas de cannibalisme ont aussi été constatés chez cette musaraigne. Elle est une proie de la Chouette effraie, de la Mangouste des marais, de la Zorille à nuque blanche et de la Zorille commune. Pour les éviter, elle passe la majeure partie de son temps dans son terrier et ne le quitte que pour se nourrir ou déféquer. Ses excréments sentent très fort[5].

La saison de reproduction varie dans l'aire de répartition de l'espèce. Dans certaines régions, la reproduction a lieu tout au long de l'année, mais dans d'autres, elle est liée à une pluviosité élevée, qui se produit l'été, tandis qu'un temps inhabituellement humide à d'autres moments de l'année peut déclencher une autre période de reproduction[6].

L'espèce a souvent le rein et l'urètre parasités par le trématode Renylaima capensis. Au cours de sa vie, cette douve parasite passe par trois hôtes. Le premier hôte intermédiaire est la limace terrestre Ariostralis nebulosa (en) ; et le deuxième, une autre limace, Ariopelta capensis. La Musaraigne des forêts d'Afrique du Sud se nourrit de ces deux limaces[7].

Comme elle se nourrit de petits invertébrés, l'espèce a tendance à accumuler les polluants provenant de l'environnement dans ses tissus. Les vers de terre accumulent le plomb, et les niveaux de plomb augmentent chez cette musaraigne lorsqu'elle mange des vers contaminés. Elle peut donc servir de bioindicateur de la pollution par les métaux lourds[8].

StatutModifier

L'UICN tient la Musaraigne des forêts d'Afrique du Sud pour une espèce de préoccupation mineure parce qu'elle est largement répandue, qu'elle est courante dans la majeure partie de son aire de répartition et que sa population semble stable. Elle est capable de s'adapter aux variations de son habitat, et aucune menace particulière n'a été décelée[1].

RéférencesModifier


  1. a b c d et e R. Baxter,, « Myosorex varius », sur IUCN Red List of Threatened Species. Version 2012.1, (consulté le 19 septembre 2012)
  2. « Musaraigne des forêts ou Musaraigne-souris d'Afrique du Sud [Southern Africa Forest Shrew] », sur Planet' Mammifères.
  3. (en) « Soricomorpha », dans D. E. Wilson et D. M. Reeder (dir.), Mammal Species of the World, 3e éd., p. 266.
  4. « Mammifères sur la Planète : Distribution par zone géographique », sur Planet' Mammifères.
  5. a b et c (en) Jency Joseph, « Myosorex varius: forest shrew », sur Animal Diversity Web, (consulté le 23 février 2014).
  6. Joseph F. Merritt (dir.) et Rod M. Baxter, Advances in the Biology of Shrews II: Variation in aspects of the population dynamics of the endemic forest shrew Myosorex varius in South Africa, Lulu.com, , 454 p. (ISBN 978-1-4116-7818-7, lire en ligne), p. 179–187.
  7. (en) Wilhelm F. Sirgel, Patricio Artigas, M. Dolores Bargues et Santiago Mas-Coma, « Life Cycle of Renylaima capensis, a Brachylaimid Trematode of Shrews and Slugs in South Africa: Two-host and Three-host Transmission Modalities Suggested by Epizootiology and DNA Sequencing », Parasites & Vectors, vol. 5, no 169,‎ (DOI 10.1186/1756-3305-5-169, lire en ligne).
  8. (en) A. J. Reinecke, S. A. Reinecke, D. E. Musilbono et A. Chapman, « The Transfer of Lead (Pb) from Earthworms to Shrews (Myosorex varius) », Archives of Environmental Contamination and Toxicology, vol. 39, no 3,‎ , p. 392–397 (DOI 10.1007/s002440010120).

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