Monture azimutale

La monture azimutale est un type de monture sur laquelle repose un télescope qui se caractérise par sa simplicité conceptuelle, de mise en œuvre et de pointage[1].

Monture azimutale construite d'après les plans issus de la Construction du télescope d'amateur de Jean Texereau

Elle s'oppose à la monture équatoriale plus lourde, plus complexe à mettre en place, mais aussi plus adaptée au suivi du mouvement apparent du ciel.

CaractéristiqueModifier

La monture azimutale comporte un axe vertical (azimut) et un axe horizontal (hauteur)[2]. Cette disposition permet le pointage intuitif des objets astronomiques. Ceci permet ainsi d'utiliser le système de coordonnées horizontales pour se repérer dans le ciel.

La réalisation mécanique est relativement simple et légère. Contrairement à la monture équatoriale, la position du centre de gravité n'est pas un problème pour les montures azimutales. Ainsi l'utilisation de contrepoids n'est pas nécessaire.

Ces qualités en font la monture de prédilection des télescopes pour débutants mais aussi pour de grands instruments scientifiques.

UtilisationModifier

Astronomie amateurModifier

 
Monture de type Dobson

Les lunettes astronomique sont les instruments le plus souvent utilisés avec ce type de monture, le plus souvent non motorisé[3]. Avec la motorisation, d'autre type de télescope peuvent être installés sur cette monture. Ceci est généralement le cas avec les télescopes de type Cassegrain, tel que les Schmidt-Cassegrain.

Les Dobson sont des télescopes possédant une monture de ce type intégrée à leur structure, mais généralement avec un léger décalage du centre de gravité (compensé par une friction plus importante sur l'axe horizontal, voire de légers contrepoids).

Astronomie professionnelleModifier

Du fait de leur importantes contraintes mécaniques, c'est également le type de monture utilisée dans les grands télescopes scientifiques construits depuis la fin du XXe siècle. Ceci est notamment le cas des télescopes VLT, Keck, ELT...

Ce type de monture permet ainsi de réduire le coût de tels instruments en comparaison d'une installation sur une monture équatoriale.

MotorisationModifier

Ce type de monture est souvent équipé d'un système informatique GoTo pour le pointage d'objet dans le ciel.

Deux moteurs suffisent en visuel, en astrophotographie planétaire, lunaire ou solaire, voire en ciel profond pour des temps de pose relativement court (typiquement, avec une optique lumineuse sans filtrage). Mais contrairement à une monture équatoriale à un seul moteur, ils doivent obligatoirement être asservis par un système électronique pour coordonner leur action.

Pour l'astrophotographie en ciel profond classique, où l'on a recours à des poses longues pour accumuler plus de lumière provenant des sources faibles observées, souvent filtrées (nébuleuses, galaxies), un troisième moteur non pas intégré à la monture mais au niveau de l'imageur est nécessaire. En effet, même lorsque les mouvements sont compensés en hauteur et azimut, le champ observé tourne lentement et accomplit une rotation complète en un jour sidéral. Pour comprendre ce phénomène, il suffit d'imaginer que l'instrument est pointé vers le pôle céleste : aucun mouvement n'est alors nécessaire en hauteur ni en azimut. En revanche, il est clair que le champ visé tourne apparemment autour du pôle céleste. La platine supportant l'instrumentation est mise en rotation afin de compenser cet effet. Cet accessoire porte parfois le nom de « dérotateur de champ ». Il est parfois possible de contourner ce problème en utilisant un dérotateur informatique qui va compiler plusieurs poses courtes (à ne pas confondre avec les dérotateurs informatiques, qui traite la rotation des planètes sur elles-mêmes). Enfin, on peut imaginer à l'avenir que les dispositifs de stabilisation de certains capteurs soient mis à contribution pour réaliser cette fonction (ils sont déjà parfois utilisés pour le suivi sidéral sur pied fixe).

InconvénientModifier

Dans sa version non motorisée, elle possède cependant un important inconvénient : il faut pouvoir gérer simultanément deux axes pour suivre le mouvement apparent d'un objet céleste dû à la rotation de la Terre. Aux forts grossissements (typiquement, ceux utilisés pour observer les planètes) cela peut être problématique pour un débutant (le sujet risque de disparaitre du champ de vision, et il faut alors recommencer la procédure de pointage)[1].

L'axe verticale peut avoir une précision assez approximative étant donné le fait qu'il dépend de la planitude du sol sur lequel la monture est posé.

De plus, sans motorisation, l'astrophotographie recourant à un suivi manuel est impossible de par les axes utilisés par cette monture. Pour une monture équatorial, le suivi sans motorisation peut être envisageable.

Voir aussiModifier

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Notes et référencesModifier

  1. a et b « Quel télescope acheter et pour quel usage ? - Les différents types de monture », sur www.astrosurf.com (consulté le )
  2. lagirafe, « Monture azimutale | Astroclub de la Girafe » (consulté le )
  3. « La monture azimutale », sur www.astropleiades.fr (consulté le )