Mohammed Saleh Bendjelloul

Mohammed Saleh Bendjelloul (1893-1985) était un médecin généraliste et un politicien nationaliste algérien modéré. Il a co-fondé la Fédération des élus indigènes aux côtés de Ferhat Abbas en 1927[1], et a également fondé la Fédération des Elus du Constantinois en 1931-1932. Il fut député à l'Assemblée nationale française jusqu'à ce que l'Algérie devienne indépendante. Personnalité politique influente, Bendjelloul a contribué au développement du nationalisme algérien, avant la Révolution, par ses efforts visant à établir l'égalité des droits civiques et politiques entre les Français et les Algériens.

Mohammed Saleh Bendjelloul
Mohammed Saleh Bendjelloul.png
Biographie
Naissance
Décès
(à 91 ans)
Constantine
Activité

Naissance et jeunesseModifier

Mohamed Salah Bendjelloul est né à Constantine le , au sein d'une famille aisée d'origine turque[2],[3]. Il effectua ses études primaires à Constantine. Il se rendit ensuite à Paris pour poursuivre ses études et s'inscrivit à la faculté de médecine. Il obtint son diplôme en 1924 et entama sa carrière de médecin à Alger[4]. Il est le frère du pharmacien Allaoua Bendjelloul, tué en 1956 par une sentinelle française alors qu'il tentait de prendre la fuite de l'hôtel de France a Oued Zenati en Algérie, où il était assigné en « résidence surveillée ». La version officielle de ce fait est toujours contestée[5].

Homme politiqueModifier

Bendjelloul entama son activité politique durant les années 1920 en devenant conseiller municipal. Dès le départ, il se positionne comme le défenseur de l'élite intellectuelle musulmane.

Au début de son activité politique, il montra des penchants pour les idées réformistes de l'émir Khaled avant de s'orienter vers la revendication d'égalité civile et d'assimilation en sa qualité de membre de la Fédération des élus des musulmans du département de Constantine qui était présidée par le docteur Ben Touhami et regroupait la plupart des élites algériennes représentées dans les assemblées élues, à l'instar de Ferhat Abbès, Bendjelloul, etc.[6]

Créées à partir de 1927 dans la perspective d'un simple assouplissement du carcan colonial, ces assemblées occupèrent rapidement une place singulière dans le paysage politique algérien des années 1930. Leur action est cependant restée assez méconnue du fait des ambiguïtés initiales de leurs positions dans la gestation du mouvement nationaliste algérien.

Au début des années 1930, Bendjelloul commença à émerger sur la scène politique à travers la Fédération des élus musulmans algériens, branche la plus active dans son action nationaliste. Il en était le président et, par ses publications d'articles dans le journal At-Taqadoum, exprimait ses revendications claires d'égalité civique entre Algériens et Français dans tous les domaines, tel que le service militaire, etc.

Son influence au sein du mouvement nationaliste algérien allait croissant et beaucoup de militants musulmans en avaient fait leur leader[7].

Le Dr Bendjelloul est souvent accuser d'avoir fortement influencer les émeutes de Constantine d'[8] malgré sa condamnation ultérieure de ses massacres[7]. La part qu'il a prise dans le déroulement de ces évènements reste peu claire[9].

Il joua un rôle essentiel dans l'organisation et la préparation du Congrès musulman en 1936 dont il présida la délégation qui se rendit à Paris afin de présenter les revendications du Congrès.

En 1938, il créa le Rassemblement franco-musulman algérien (RFMA).

Il est élu député du département de Constantine en 1945 et conserva son poste de député privilégié après la Seconde Guerre mondiale[10].

Le , il est élu sénateur de Constantine jusqu'au (fin de son mandat), après quoi il ne se représente pas[11].

Lors du déclenchement de la lutte de libération de l'Algérie, il n'adopta pas une position tranchée en dépit de sa participation à la pétition signée par 61 députés après les attaques du et dans laquelle il était affirmé que la politique d'assimilation n'avait plus aucun sens.

DécèsModifier

Après l'indépendance de l'Algérie, il disparut de la scène politique et mourut le à Constantine[12].

RéférencesModifier

  1. Aoudjit, Abdelkader (2010), The Algerian Novel and Colonial Discourse: Witnessing to a Différend, Peter Lang, p. 169, (ISBN 1433110741)
  2. Benbelgacem, Ali (2015), "L’émergence de l’Algérie moderne", La Nouvelle République, retrieved 6 August 2017, le parti politique du Docteur Bendjelloul (d'origine turque mais natif de Constantine)
  3. Zemouli, Yasmina (2004), "Le nom patronymique d'après l'état civil en Algérie", in Qashshī, Fāṭimah al-Zahrāʼ, Constantine: une ville, des heritages, Média-plus, p. 87, (ISBN 996192214X)
  4. « Biographie du docteur Ben Djelloul », sur www.vitaminedz.com, (consulté le 29 juillet 2018)
  5. Abdelmadjid MERDACI, « AVRIL 1956: ASSASSINAT DE ALLAOUA BENDJELLOUL- Un crime de guerre ordinaire », L'Expression DZ,‎ (lire en ligne)
  6. Ali Benbelgacem, « «L’émergence de l’Algérie moderne» », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne)
  7. a et b « Les grandes enquêtes du Matin », Le Matin,‎ (lire en ligne)
  8. « Sanglantes bagarres à Constantine entre Musulmans et Israélites », L'Action Française,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  9. Ageron Charles-Robert, « Une émeute anti-juive à Constantine (août 1934) », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, n°13-14,‎ , p. 29-32 (lire en ligne)
  10. « Extrait de la table nominative 1946 à 1947 », sur www.senat.fr, (consulté le 29 juillet 2018)
  11. « BENDJELLOUL Mohamed Salah », sur www.senat.fr, (consulté le 29 juillet 2018)
  12. « BENDJELLOUL Mohamed Salah », sur www.senat.fr, (consulté le 29 juillet 2018)