Michèle Leduc

physicienne française

Michèle Leduc, née le , est une physicienne française travaillant dans le domaine de la physique atomique. Elle est directrice de recherche émérite au CNRS au Laboratoire Kastler Brossel[1] à l’École normale supérieure (Paris) (ENS)[2]. Elle a obtenu le prix Irène-Joliot-Curie, « femme scientifique de l'année » en 2008.

BiographieModifier

FormationModifier

En 1961, elle intègre l'École normale supérieure de jeunes filles et obtient son agrégation de sciences physiques en 1965. Elle prépare ensuite une thèse à l'ENS sous la direction de Jean-Claude Lehmann et Jean Brossel ayant pour titre « Quelques expériences d'orientation nucléaire par pompage optique ». Elle obtient son doctorat d'État en sciences physiques en 1972[3].

CarrièreModifier

Elle entre au CNRS comme attachée de recherche en 1969 au laboratoire de spectroscopie hertzienne de l’ENS (qui deviendra le Laboratoire Kastler Brossel (LKB) en 1996). Toute sa carrière se développe au CNRS où elle devient directrice de recherche de classe exceptionnelle en 2005. Elle est maintenant directrice de recherche émérite au CNRS.

L’essentiel de son travail de recherche se déroule au LKB dans le domaine de la physique atomique et moléculaire, avec des activités complémentaires dans les domaines de la physique des particules et des sciences de la vie.

Ses premiers travaux importants avec Franck Laloë sont consacrés aux fluides quantiques polarisés, avec la mise en évidence d’ondes de spin à basse température dans un gaz d’hélium-3 nucléairement orienté par pompage optique, un phénomène résultant de l’indiscernabilité des particules et du principe de Pauli en mécanique quantique. Elle met au point de nouveaux lasers à solides pour l’infrarouge qui lui permettent de développer des magnétomètres à hélium sur lesquels elle prend plusieurs brevets. En collaboration avec le professeur Ernst Otten à Mayence, elle utilise des cibles de gaz polarisé et comprimé pour des applications à la physique des particules et à la neutronique auprès de réacteurs comme celui de l’Institut Laue-Langevin à Grenoble. Cette collaboration avec Mayence se poursuit dans le domaine de la santé avec l’invention d’une nouvelle méthode d’imagerie des poumons par IRM utilisant du gaz d’hélium polarisé par laser qui, une fois inhalé par un patient, donne des informations uniques sur la ventilation pulmonaire et promet des diagnostics améliorés de maladies telles que l’emphysème ou l’asthme.

En 1993, elle rejoint au LKB le groupe de refroidissement d'atomes par laser dirigé par Claude Cohen-Tannoudji (Prix Nobel de physique en 1997). Son équipe travaille alors sur l’hélium métastable au voisinage du nano-Kelvin. Elle découvre des méthodes de refroidissement du gaz au-dessous de la température dite « de recul ». En 2001 elle obtient la condensation de Bose Einstein du gaz d’atomes d’hélium dans un état excité métastable, un résultat unique car les atomes condensent en dépit de leur très forte énergie interne. Elle étudie ensuite des molécules dimères géantes ultra-froides et développe diverses méthodes de spectroscopie haute résolution avec des atomes d’hélium en interaction. Aujourd'hui elle est membre de l'équipe Condensat de Bose-Einstein du LKB.

Elle a été pendant dix ans la directrice de l’institut IFRAF (Institut francilien de recherche sur les atomes froids), qui est un DIM (Domaine d'intérêt majeur) de la Région Île-de-France. L’IFRAF regroupe une cinquantaine d’équipes localisées sur l’ensemble de la Région, qui travaillent en réseau avec des objectifs communs de physique quantique, élaborés en synergie grâce aux financements régionaux. L’IFRAF a fusionné de 2011 à 2016 sous le nom de nano-K avec le DIM c-nano IdF et a développé avec lui des projets aux interfaces. Elle est maintenant depuis 2017 la responsable du rayonnement du réseau francilien SIRTEQ (Science et ingénierie en région Île-de-France pour les technologies quantiques).

Animation et coordination de la recherche.

En parallèle elle s’implique dans beaucoup d’activité d’intérêt collectif. Elle a exercé de nombreuses fonctions parmi lesquelles :

A l'heure actuelle

  • membre du COMETS (2016-2020)
  • membre du Conseil Français de l'Intégrité Scientifique de l'OFIS[5] (Office français de l'intégrité scientifique) (2017-2021)
  • présidente du comité d'éthique du Laboratoire National d'Essais
  • responsable du rayonnement du réseau francilien de recherche SIRTEQ[6] (Technologies Quantiques)

Diffusion de la culture scientifique

Très attachée à la promotion des sciences physiques et de la diffusion scientifique, elle a été présidente de la Société française de physique[7] de 2006 à 2009, puis présidente de la Fédération française des sociétés scientifiques (F2S)3 qu’elle a contribué à créer en 2009. La F2S regroupe les sociétés savantes dans le domaine de la physique et de l’ingénierie et son activité principale consiste en la diffusion d'informations sur les études et les métiers des sciences et des techniques auprès des lycéens et en la remise de prix/

Son activité dans la diffusion scientifique l'a conduite à devenir en 1986, directrice de la collection "Savoirs actuels"[8] (coédition du CNRS) et, en 2011, de la collection Introduction à... éditée par EDP Sciences[9].

Engagée dans la promotion des femmes dans la recherche scientifique, elle fait partie depuis sa création de l'association Femmes & Sciences[10]. En 2012, elle fut la marraine de la XIXe édition des Olympiades de Physique (événement annuel organisé conjointement par la SFP et l'UDPPC)[11]. Elle a rédigé en 2018 un avis du COMETS sur le harcèlement dans les laboratoires de la recherche publique[12].

DistinctionsModifier

PublicationsModifier

Michèle Leduc a publié plus d'une centaine d'articles scientifiques dans des journaux de spécialités tels que Physical Review Letters, Journal de physique, Laser physics, The Lancet, etc. Elle est l'auteure de trois brevets et de nombreux articles de vulgarisation en physique.

RéférencesModifier

  1. Site du Laboratoire Kastler Brossel
  2. Site de l'ENS Paris
  3. Michèle Leduc, Quelques expériences d'orientation nucléaire par pompage optique (thèse de doctorat en sciences physiques), Université Paris VI, (présentation en ligne)
  4. « Comité d’éthique du CNRS - Comité d’éthique du CNRS (COMETS) », sur www.cnrs.fr (consulté le 17 septembre 2018)
  5. HCERES, « Office français de l'intégrité scientifique », sur www.hceres.fr (consulté le 17 septembre 2018)
  6. « Sirteq | Science et Ingénierie en région Île-de-France pour les technologies quantiques », sur www.sirteq.org (consulté le 17 septembre 2018)
  7. Site de la Société française de physique
  8. « Les publications dans la collection 'Savoirs Actuels', La boutique EDP Sciences : e-librairie, vente en ligne de livres et ebooks scientifiques », sur laboutique.edpsciences.fr (consulté le 17 septembre 2018)
  9. Site de EDP Sciences
  10. Site de l'association Femmes & Sciences
  11. Site des Olympiades de Physique
  12. « Comité d’éthique du CNRS - Les avis du Comets », sur www.cnrs.fr (consulté le 17 septembre 2018)

Liens externesModifier