Mebon occidental

temple, situé au centre du Baray occidental, réservoir de la zone d'Angkor, Cambodge

Le Mebon occidental - aussi « Mébon occidental » [1] - (Khmer : ប្រាសាទមេបុណ្យខាងលិច) est un temple à Angkor, Cambodge, situé au centre du Baray occidental (8 km x 2,1 km), plus grand réservoir de la zone d'Angkor. De grands travaux de restauration ont été réalisés de 2013 à 2018, pour une totale remise en valeur du site et pour une meilleure compréhension de son histoire.

Le Mebon occidental au centre du Baray occidental.

Histoire et descriptionModifier

La date exacte de construction du temple n'est pas connue. Cependant, tout semble indiquer que la construction a débuté au XIe siècle sous le règne du roi Suryavarman Ier ou Udayādityavarman II. En saison sèche, aujourd'hui, le temple est accessible par voie terrestre. Le seul culte connu aujourd'hui est un culte à Vishnou. En saison des pluies, les eaux montent le long des 8 kilomètres par 2 kilomètres du Baray occidental[2], cependant le temple n’est pas englouti car situé en un lieu plus élevé que le plancher du Baray. Le temple devient alors une île[3]. Les architectes khmers entouraient généralement de fossés emplis d’eau les temples, représentant ainsi symboliquement la mer de la création, de rite hindou. Le Mebon occidental, ainsi situé au milieu d’eaux si vastes qu'elles peuvent ressembler à une véritable mer, revêt un symbolisme religieux extrêmement important.

 
Le temple du Mebon occidental entouré par les eaux du Baray occidental (2007)

Le temple a été construit sur les bases d’un plan carré enserrant un bassin qui en recouvre la quasi totalité. Les côtés de ce carré mesurent environ 90 mètres. Chaque côté est couvert d'une enceinte percée de trois portes (gopura) monumentales en forme de tours, couronnées de fleurs de lotus, le tout construit en blocs de grès. Au centre du bassin intérieur du temple se trouve une plateforme en pierre sur laquelle ont été découverts les fragments monumentaux du grand Vishnou de bronze, actuellement conservé au Musée national du Cambodge, à Phnom Penh. La plate-forme, lieu de culte, est reliée au gopura central Est par un pont de blocs de grès. Un sanctuaire central, d'après les archéologues, aurait pu être bâti sur la plate-forme, une structure de relativement faible importance.

Aujourd'hui, seuls restent la plate-forme et une grande partie du mur Est et ses portes. Les autres murs ont en grande partie disparu, mais leurs contours restent visibles lorsque les eaux du Baray sont basses.

 
Mur Est et gopura. 2OO7

Découverte du grand Vishnou couchéModifier

En 1936, le conservateur d’Angkor, Maurice Glaize découvre au Mebon occidental la plus grande sculpture de bronze d’art khmer connue à ce jour. C’est une sculpture représentant le dieu hindou Vishnou. Celle-ci est composée de la tête du dieu, du haut de son torse et de deux bras droits. Un villageois aurait rêvé qu’une statue de Bouddha était enterrée dans le Mebon occidental et a alors souhaité la libérer du sol. Des fouilles subséquentes ont ainsi livré ces fragments de la statue de Vishnu, et des tuyaux de bronze. Les archéologues supposent qu'ainsi l'eau aurait pu jaillir de cette image du dieu, allongé dans la pose du délassement au centre du sanctuaire. La statue pouvait mesurer environ six mètres de long.

Le diplomate chinois Zhou Daguan, qui a visité Angkor à la fin du XIIIe siècle, a écrit que le Mebon occidental ainsi que le temple au centre du Baray oriental (grand réservoir symétrique à ce baray par rapport à la ville d'Angkor Thom) détenaient de grandes sculptures de Bouddha par le nombril desquels de l'eau jaillissait. De nombreux chercheurs pensent aujourd’hui que Zhou a confondu la statue de Vishnu avec une représentation de Bouddha.

Ce site est donc unique pour cette raison. « Il est lié à une véritable mise en scène de ritualisation de l’eau, un volet plus méconnu d’Angkor, moins monumental mais tout aussi majeur.[4] »

Travaux de restaurationModifier

Après plusieurs campagnes de mise en sécurité, une vaste entreprise de restauration de l'ensemble du site a été entreprise en 2012 sous la responsabilité de Pascal Royère et s'est conclue en mai 2018[5].

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. Bérénice Geoffroy-Schneiter, 1997 et 2013, (ISBN 978-2-0801-2555-2) et L'EFEO à Angkor : restauration du Mébon occidental sur Université PSL (Paris Sciences & Lettres)
  2. Pascal Royère dans Didier Fassio, 2018 à 0: 02: 13:
  3. Le temple pouvant alors être décrit comme un « temple-île ».
  4. Christophe Pottier dans Bernadette Arnaud, « Au Cambodge, la France restaure un temple du XIe siècle situé au milieu des eaux », Science et Avenir,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. Didier Fassio, 2018.

Bibliographie et ressources en ligneModifier

  • Angkor, un temple sauvé des eaux, la restauration du Mebon occidental (Cambodge) : 2013-mai 2018 de Didier Fassio, 2018, 1: 16: 48: [voir en ligne], film documentaire produit par EFEO et PSL Université Paris. « À Pascal Royère (1965-2014) et Pierre-André Lablaude (1947-2018) ».
  • Laur, Jean, Angkor. Temples et monuments: le guide des temples et monuments, Flammarion, , 391 p., 23 cm (ISBN 2-08-200897-5), p. 171-172
  • (en) Rooney, F. Dawn, Angkor: Cambodia's Wondrous Khmer Temples, Hong Kong : Odyssey Publications, (réimpr. 6e édition), 496 p., 21 cm (ISBN 978-962-217-802-1)