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Maurice Rossi
Maurice Rossi

Naissance
Laverdure (Algérie)
Décès (à 65 ans)
Paris
Origine Drapeau de l'Algérie Algérie
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Roundel of France.svg Aéronautique militaire
Grade commandant
Années de service 1919-1940
Conflits Première Guerre mondiale
Distinctions commandeur de la Légion d’honneur
Autres fonctions pilote de records

Maurice Rossi, né le à Laverdure (Algérie) et mort le à Paris[1], était un aviateur français très célèbre durant l’entre-deux-guerres. Il a volé avec les plus grands aviateurs français de son époque : Joseph Le Brix, Lucien Bossoutrot, Paul Codos.

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Maurice Rossi naît le à Laverdure (Algérie). Son père est exploitant forestier[2].

Il travaille comme aide-géomètre quand éclate la Première Guerre mondiale. Il s’engage dans l’armée avant d’avoir dix-huit ans[1] dans l'artillerie en 1918. Passionné par le vol, il obtient son transfert dans l'aviation. Il est breveté pilote à Istres l'année suivante[2] et devient ainsi le plus jeune pilote militaire de France[1]. Il est d’abord affecté à Oran, puis en Syrie[2] où il fait l’objet d’une citation. A la fin de cette campagne, le sergent-pilote Rossi retourne en France[1]. Il est affecté en 1924 à l'Entrepôt spécial d'aviation n° 1 de Villacoublay, où il est chargé de convoyer des avions. Ce rôle obscur ne lui convient guère, et il décide d'être pilote de raids[2].

Pilote de raidsModifier

En 1926, il passe le brevet de mécanicien d'aéronefs[1]. Il se fait remarquer avec un vol sans escale de 1 750 km effectué le , sur un monomoteur Potez 25, avec le capitaine Dévé, professeur de navigation à l'école d'élèves-officiers de Versailles. Ensuite, Rossi s'entraîne au vol de nuit et au vol aux instruments. Il fait un stage de pilotage sans visibilité. Il s'initie au morse et apprend à faire le point[2].

Avec Joseph Le BrixModifier

Il se lie avec le lieutenant de vaisseau Joseph Le Brix, avec lequel il tente en 1929 un raid Paris-Saïgon[1] en quatre étapes à bord du Potez 34 immatriculé « F-AJHU »[2]. Le raid tourne court : en pleine nuit, l'équipage dut sauter en parachute au-dessus de la jungle birmane[1]. Rossi est blessé[3], mais fait chevalier de la Légion d'honneur[2].

Avec Lucien BossoutrotModifier

Le Brix conseille à Lucien Bossoutrot, chef pilote chez Blériot, de s'adjoindre Rossi comme second pilote et navigateur de l'avion de raids Blériot 110 immatriculé « F-ALCC ». Agréé par le constructeur, Rossi fut mis en congé des forces aériennes. Entre novembre 1930 et mars 1932, Bossoutrot et Rossi tentèrent à huit reprises de battre le record du monde de distance en ligne droite en circuit fermé, et se l'adjugèrent deux fois[2] :

  • entre le 15 et le , ils parcourent 7 701 km en 67 heures et 32 minutes depuis Oran-La Sénia, battant le record de France[1].
  • du 26 février au , ils parcourent 8 822 km en 75 heures 23 minutes[2], battant ainsi les records du monde de durée et de distance[1].
  • du 23 au , toujours depuis Oran, ils franchissent la distance de 10 601 km[1] en 76 heures 34 minutes[2].

De mauvaises conditions atmosphériques ou des incidents mécaniques interrompirent les autres tentatives après plusieurs dizaines d'heures de vol[2].

C'est en 1933 seulement que fut enfin levée l'interdiction ministérielle de toute tentative contre le record en ligne droite, intervenue en 1931 après la chute de deux Dewoitine D.33 « Trait d'union ». Le , Bossoutrot et Rossi s'envolèrent d'Istres pour Buenos Aires, mais durent se poser à Casablanca à la suite d'une fuite d'eau au niveau du circuit de refroidissement. La carrière du Blériot 110, baptisé « Joseph Le Brix » en hommage au navigateur disparu sur l'un des D-33, parut alors irrémédiablement compromise : Blériot ne pouvait plus assumer le financement de nouveaux raids[2].

Avec Paul CodosModifier

A la suite d'une campagne de presse en faveur du « Joseph Le Brix », le ministre de l'Air Pierre Cot consentit à avancer les fonds nécessaires à la remise en état de vol de l'appareil. En outre, un pilote de grande valeur, recommandé par Costes fut choisi : Paul Codos[2], un ancien ouvrier typographe[1]. Rossi devenait le chef de bord du nouvel équipage. Il secondait Codos pour le pilotage et assurait- la navigation et les liaisons par TSF. Les conditions atmosphériques du moment incitèrent Rossi et Codos à prendre leur départ de New York en direction de l'Europe. Démonté, le « Joseph Le Brix » fut embarqué à bord du Champlain[4] puis amené par chaland jusqu'à Floyd Bennett Field. Le départ eut lieu le à l'aube[4]. L’avion aborda le sol français à Cherbourg, survola Le Bourget à basse altitude[4], après 33 heures 40 minutes de vol, se fit contrôler à Munich et à l'île de Rhodes[4]. Voulant éviter le risque d'un atterrissage en campagne en pleine nuit dans une région inconnue, l'équipage se posa à Rayak (Syrie)[4], après avoir parcouru 9 104,7 km[2] en 55 heures[1]. Le record de Gayford et Nicholetts était battu de plus de 550 km. Rossi fut nommé lieutenant et officier de la Légion d'honneur[2].

En septembre 1933, le Blériot 110 était parmi les cinq appareils de la mission chargée, sous l'autorité de Pierre Cot, de présenter en URSS l'aviation commerciale française.

Muni de carénages de roues et d'ailerons compensés, le monoplan s'envola du Bourget le à 5 heures pour San Francisco[1],[4], soit un vol de près de 10 000 km. L'appareil frôla au passage la cime d'arbres bordant l'extrémité du terrain[4]. La côte ouest des États-Unis ne put être atteinte : des vibrations de plus en plus violentes forcèrent les aviateurs à atterrir à Floyd Bennett Field[2]. Ces vibrations provenaient de l'hélice, dont l'une des pales avait été fêlée[1] par les arbres au départ du Bourget. Le « Joseph Le Brix », qui totalisait un millier d'heures de vol, était l'unique avion au monde à avoir franchi l'Atlantique Nord dans les deux sens. Avant même son arrivée, le général Denain fit annoncer par radio[4] à Rossi qu'il était promu capitaine et à Codos qu'il était fait commandeur de la Légion d'honneur[2],[5].

Une nouvelle tentative échoue le , au départ d’Istres[1] et à destination de Santiago du Chili. Dès le départ, la température de l'huile dépassa la normale, sans affecter le fonctionnement du moteur. Pourtant, à l'aube du lendemain, une fuite d'huile fut découverte. Rossi lança un SOS. Faisant demi-tour, son fuselage couvert d'huile, l'avion fit route vers les îles du Cap-Vert, distantes de 800 km. En trente heures de vol, 6 000 kilomètres avaient été parcourus. C'est l'usure de la pompe récupératrice d'huile qui était cause de l'échec[2].

Ce fut le dernier « raid » du Blériot 110. En dépit d'un palmarès demeuré sans égal dans le monde, il était voué à la démolition. La retraite forcée du Blériot 110 entraîna la séparation des deux coéquipiers. Chacun d'entre eux continuera à battre des records dans les années qui suivirent[2].

Carrière soloModifier

Maurice Rossi s’attaque désormais aux records de vitesse. Le , sur le bimoteur Caudron C.640 « Typhon » immatriculé « F-AODR », il bat le record de vitesse en circuit fermé sur 5 000 km entre Istres, Bordeaux, Lyon, Fos-sur-Mer et Istres, avec une vitesse moyenne de 311,840 km/h[6]. Cet exploit lui vaut d’être nommé commandant à titre exceptionnel et de recevoir les insignes de commandeur de la Légion d’honneur[1].

Sur le même appareil, il participe à la course Istres-Damas-Paris le , mais doit abandonner suite à des ennuis mécaniques[2].

Grâce au bimoteur Amiot 370, baptisé « Anne-Marie » (prénom de la fille de Félix Amiot)[1] il bat onze records de vitesse, avec et sans charge, sur 1 000 km, 2 000 km et 5 000 km[2] en compagnie de son mécanicien navigant André Vigroux, le [1]. Sur le même avion, avec le radiotélégraphiste Esmond, il bat le record de vitesse sur 10 000 km au départ d’Istres, le , avec une vitesse moyenne de 317,62 km/h[2].

L’avion tient si bien ses promesses que Maurice Rossi envisage un raid de 13 000 kilomètres entre San Francisco et Djibouti, qui implique la traversée des États-Unis, de l’océan Atlantique puis de l’Afrique. L’appareil est prêt au départ en septembre 1939, quand éclate la Seconde Guerre mondiale. C’est la fin du rêve pour Maurice Rossi. En 1939-1940, il sert comme instructeur dans une école d’aviation. Il demande à prendre le commandement d’un groupe de bombardement, et a presque obtenu satisfaction lorsque survient l’Armistice du 22 juin 1940[1].

Il meurt le à Paris. Il est inhumé au cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine)[1].

DistinctionsModifier

ŒuvresModifier

  • Maurice Rossi, Au service de l'Aviation française, 1919-1939, Clermont-Ferrand, éditions Mont-Louis, , 285 p.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s et t Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 913-914.
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u et v « Figures de l'Aviation : Codos et Rossi », sur Fan d'avions, (consulté le 27 mai 2018).
  3. « L'extraordinaire sang-froid de Le Brix et Rossi », Le Petit Journal illustré, no 2037,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  4. a b c d e f g et h « Paul Codos pilote-aviateur Thiérachien, recordman du monde », sur Terascia, portail de l'avesnois thiérache depuis 1999 (consulté le 28 mai 2018).
  5. Stéphanie Meyniel, « Le 4 juillet 1934 dans le ciel : Rossi et Codos, de retour d’Amérique, accueillis par le ministre de l’Air », sur Air Journal, (consulté le 28 mai 2018).
  6. « ROSSI Maurice – Lettre autographe signée », sur Galerie Manuscripta, (consulté le 28 mai 2018).

BibliographieModifier

  • Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 913-914.

Liens externesModifier