Ouvrir le menu principal

Marguerite de La Rocque

Marguerite de La Rocque de Roberval (fl 1536-1542) était une Française qui a passé quelques années sur l'île des Démons, dans le golfe du Saint-Laurent, au large des côtes de Terre-Neuve (une île maintenant considérée comme une île mythique). Elle est devenue célèbre après son sauvetage et son retour en France. Son histoire est racontée dans L'Heptaméron par la reine Marguerite de Navarre, et dans l'histoire plus tard écrite par François de Belleforest et André Thevet.

Début de sa vieModifier

Les lieu et date de naissance de Marguerite de la Rocque sont inconnus, mais l'enregistrement atteste de sa déclaration de féauté et hommage en 1536 pour ses terres en Périgord et Languedoc[1]. Elle a été co-seigneuresse de Pontpoint, parente avec Jean-François de La Rocque de Roberval, un noble corsaire favorisé par François Ier[2]. La relation exacte avec J.F. de la Rocque reste incertaine. André Thevet Roberval était son oncle[3], tandis que François de Belleforest a indiqué qu'ils étaient frère et sœur[3]. L'historienne Elizabeth Boyer suggère qu'ils étaient en fait des cousins[3].

Son voyageModifier

 
Le Golfe du Saint-Laurent. L'île des démons est réputé pour être au large de la côte nord de la péninsule Great Northern de Terre-Neuve

En 1541, Roberval était fait Gouverneur de la Nouvelle-France et partit l'année suivante pour le Nouveau Monde, accompagné de Marguerite qui était encore jeune et célibataire. Pendant le voyage, elle devint la maîtresse d'un jeune homme. Mécontent de la relation de sa jeune parente, Roberval abandonna Marguerite de Roberval sur l'Île des Démons, près de la rivière Saint-Paul[4]. Peut-être motivé par sa forte moralité calviniste, il est probable qu'il était également motivé par la cupidité financière, étant donné que ses dettes étaient élevées et la mort de Marguerite aurait été à son avantage[5]. On abandonna aussi l'amant de Marguerite et sa servante Damienne[6]. Dans le Heptaméron, la Reine de Navarre prétend que l'amant devait passer en premier, avec Marguerite qui avait décidé de le rejoindre; Thevet prétend que le jeune homme aurait nagé jusqu'à Marguerite pour la rejoindre.

L'amant de Marguerite est intentionnellement non identifié au début tandis que les histoires relatées par la reine de Navarre le présente comme travailleur non qualifié, en partie pour cacher son identité et préserver la réputation de sa famille aristocratique[7].

S'il est peu probable qu'elle était enceinte lors de son premier abandon, Marguerite a donné naissance à un enfant pendant son séjour sur l'île[8]. Le bébé est mort, de même que le jeune homme et la servante[1]. Il est probable que la raison de la mort de l'enfant est l'insuffisance de lait, l'alimentation de Marguerite étant appauvrie[9]. Marguerite survécut grâce à la chasse aux animaux sauvages et fut secourue par des marins pêcheurs basques, quelques années plus tard[10].

L'île des démons (ou esprits) fait partie d'un groupe plus tard connu comme les îles de la Demoiselle, sans doute après le séjour de Marguerite. Plus précisément, l'île est maintenant connue sous le nom de l'île de l'hôpital (ou île de Harrington), où la tradition orale est en mesure d'identifier la grotte où Marguerite s'est abritée[6].

Sa vie plus tardModifier

De retour en France après son sauvetage, Marguerite atteint une certaine célébrité quand son histoire a été enregistrée par la Reine de Navarre dans son travail Heptaméron (publié à titre posthume en 1558), et François de Belleforest histoires tragiques (5e volume, 1570) et, plus tard, André Thevet Cosmographie. Elle est devenue institutrice et s'installe à Nontron [6], vivant au Château de La Mothe. Il n'y a aucune trace de toute action ou d'accusations portées contre Roberval par elle[6]. La date et le lieu de sa mort ne sont pas connus. (Roberval est mort en 1560).

SourcesModifier

  • Leslie, Edward E.; Seagrave, Sterling; (1998) Desperate Journeys, Abandoned Souls: True Stories of Castaways and Other Survivors, Houghton Mifflin Books, (ISBN 978-0-395-91150-1), excerpts available online
  • Schlesinger, Roger; Stabler, Arthur Phillips; Thevet, Andre; (1986) André Thevet's North America: a sixteenth-century view, McGill-Queen's Press, (ISBN 978-0-7735-0587-2), excerpts available online

RéférencesModifier

  1. a et b Robert la Roque de Roquebrune. "La Roque, Marguerite de". Dictionary of Canadian Biography Online. Retrieved 2008-08-27.
  2. Schlessinger & Stabler, p. xxiii
  3. a b et c Leslie & Seagrave, p. 544
  4. Leslie & Seagrave, p. 545
  5. Leslie & Seagrave, p. 124
  6. a b c et d Leslie & Seagrave, p. 132
  7. Leslie & Seagrave, pp. 123-124
  8. Leslie & Seagrave, pp. 545
  9. Leslie & Seagrave, p. 545
  10. James Harley Marsh, « Marguerite de La Rocque » dans L'Encyclopédie canadienne, Historica Canada, 1985–. Publié le 28 octobre 2014. (consulté le ).

Liens externesModifier