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Ne doit pas être confondu avec métanalyse.

Une méta-analyse est une démarche scientifique systématique combinant les résultats d'une série d'études indépendantes sur un problème donné, selon un protocole reproductible. La méta-analyse permet une analyse plus précise des données par l'augmentation du nombre de cas étudiés et de tirer une conclusion globale.

La méta-analyse fait partie des méthodes d'analyse dite secondaires en ce sens qu'elles s'appuient sur la ré-exploitation de données existantes. Pour certains, les enjeux sont de produire des connaissances nouvelles en prenant appui sur des connaissances existantes réduisant le temps et le coût de la recherche[1] ; pour d'autres, les enjeux portent plus sur une réinterprétation voire un contrôle des connaissances existantes[2].

Il est possible de distinguer les méta-analyses selon deux critères[3],[4] :

  • en fonction du type de variable : quantitative (agrégation d'études quantitatives) ou qualitative (agrégation d'études qualitatives)
  • en fonction du matériau traité : sur données résumées (informations globales sur un ensemble d'individus) ou sur données individuelles (par individu).

Ces méta-analyses peuvent néanmoins elles-mêmes être sujettes à des biais de notification, le plus connu étant le biais de publication, appelé effet tiroir lorsqu'il concerne des chercheurs pouvant avoir moins tendance à publier une étude concluant à une absence de résultat[5]. D'autres biais peuvent venir de l'usage des données résumées[6].

Sommaire

HistoriqueModifier

La première méta-analyse statistique fut effectuée en 1904 par Karl Pearson[7] afin d'essayer de surmonter le problème de puissance statistique réduite dans les études d'échantillons de petites tailles.

Il faut attendre 1955 pour voir l'édition de la première méta-analyse d'un traitement médical par Henry K. Beecher (en)[8] et le début de sa large utilisation dans les études cliniques. Dans les années 1970, à partir des travaux de Glass, Schmidt et Hunter, des techniques analytiques plus sophistiquées voient le jour.

Le terme méta-analyse, dans son sens statistique, fut utilisé pour la première fois par Gene V. Glass (en) en 1976[9].

Si la méta-analyse a longtemps été concentrée sur des analyses de nature exclusivement statistique, on peut considérer que les méta-analyses qualitatives se sont déployées à partir de 1994[10].

Méta-analyse qualitative et méta-analyse quantitativeModifier

La méta-analyse quantitative est largement utilisée en médecine pour l'interprétation globale d'études cliniques parfois contradictoires. Elle permet aussi de détecter les biais de méthode des études analysées.

La méta-analyse qualitative ne doit pas être confondue :

  • avec l'approche qualitative d'une méta-analyse quantitative. Cette dernière consiste à accorder une importance différente aux diverses études en fonction de leur qualité méthodologique[11].
  • avec les revues systématiques[12].

Notes et référencesModifier

  1. Angela Dale, « Le rôle de l'analyse secondaire dans la recherche en sciences sociales », Sociétés contemporaines, nos 14-15,‎ juin-septembre 1993, p. 7–21 (DOI 10.3406/socco.1993.1124).
  2. Vincent Beaucher, « Revue de trois publications portant sur l'analyse secondaire en recherche qualitative », Recherches qualitatives, vol. 28, no 1 « L'analyse qualitative des données »,‎ , p. 149–157 (lire en ligne).
  3. Patrick Maison, « La méta-analyse sur données résumées », Recherche en soins infirmiers, no 101,‎ , p. 18–24 (DOI 10.3917/rsi.101.0018).
  4. Elizabeth Harper (dir.) et Henri Dorvil (dir.), Le travail social : Théories, méthodologies et pratiques, Québec, Presses de l'Université du Québec, coll. « Problèmes sociaux et interventions sociales » (no 60), , 458 p. (ISBN 978-2-7605-3103-1, résumé).
  5. (en) « file-drawer effect », sur The Skeptic's Dictionary.
  6. (en) Jayne F. Tierney, Claire Vale, Richard Riley, Catrin Tudur Smith, Lesley Stewart, Mike Clarke et Maroeska Rovers, « Individual Participant Data (IPD) Meta-analyses of Randomised Controlled Trials: Guidance on Their Use », PLOS Medicine, vol. 12, no 7,‎ , e1001855 (PMID 26196287, PMCID 4510878, DOI 10.1371/journal.pmed.1001855), cité et présenté par Hervé Maisonneuve, « Il ne faudrait réaliser des revues systématiques et des méta-analyses qu'à partir des données individuelles des patients, et savoir évaluer leur qualité ! », sur Rédaction Médicale et Scientifique, .
  7. (en) Karl Pearson, « Report on Certain Enteric Fever Inoculation Statistics », British Medical Journal, vol. 2, no 2288,‎ , p. 1243–1246 (PMID 20761760, PMCID 2355479, DOI 10.1136/bmj.2.2288.1243, JSTOR 20282622).
  8. (en) Henry K. Beecher (en), « The Powerful Placebo », Journal of the American Medical Association, vol. 159, no 17,‎ , p. 1602–1606 (PMID 13271123, DOI 10.1001/jama.1955.02960340022006).
  9. (en) Gene V. Glass (en), « Primary, Secondary, and Meta-Analysis of Research », Educational Researcher (en), vol. 5, no 10,‎ , p. 3-8 (DOI 10.3102/0013189X005010003, JSTOR 1174772).
  10. Vincent Beaucher et France Jutras, « Étude comparative de la métasynthèse et de la méta-analyse qualitative », Recherches qualitatives, vol. 27, no 2 « Avancées en méthodologies qualitatives »,‎ , p. 58–77 (lire en ligne).
  11. F. Delahaye, G. Landrivon et R. Ecochard, « La méta-analyse : Évaluation qualitative et quantitative de l’information scientifique en médecine », Andrologie, vol. 4, no 1,‎ , p. 78–88 (DOI 10.1007/BF03034624).
  12. Vincent Beaucher, « Étude comparative de la métasynthèse et de la méta-analyse qualitative », mémoire, Université de Sherbrooke, .

Articles connexesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Lien externeModifier