Louis Favre (ingénieur)

architecte et entrepreneur suisse

Louis Favre, né le à Chêne-Thônex (actuelle Chêne-Bourg) et mort le à Göschenen, est un architecte et entrepreneur suisse, spécialiste des travaux publics, des chemins de fer en particulier, à qui l'on doit entre autres le premier tunnel ferroviaire du Saint-Gothard.

Louis Favre
Image dans Infobox.
Portrait de Louis Favre.
Biographie
Naissance
Décès
(à 53 ans)
Göschenen
Sépulture
Cimetière de Chêne-Bourg (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Louis Favre
Nationalité
Formation
Charpentier
Activités
GraveLouisFavre-CimetiereDeCheneBourg RomanDeckert23122021.jpg
Vue de la sépulture.

BiographieModifier

Fils d'un maître charpentier d'origine savoyarde, il quitte en 1845 l'atelier de son père et se trouve reçu comme compagnon charpentier en mars 1846 à Neuilly-sur-Marne.

Puis il suit des cours d'architecture et se forme en autodidacte comme entrepreneur. Entre 1846 et 1851, il travaille avec Jean-Daniel Colladon[1], ingénieur des chemins de fer, pour la compagnie PLM : à Charenton et sur la ligne reliant Montbart à Dijon entre 1852 et 1853 ; travaux de la Vaise à Lyon en 1854 ; sur la ligne d'Ougney avec un tunnel dans les marnes en 1855 ; sur l'allongement du tunnel du Crédo de la ligne Lyon-Genève, entre 1856 et 1858 ; puis sur les tunnels de Grandvaux et de la Cornallaz sur la ligne Lausanne-Fribourg entre 1858 et 1860.[réf. nécessaire]

En 1863, il achète les carrières de Seyssel et Saint-Paul-Trois-Châteaux puis les revend en 1878 à la Société des carrières du Midi basée à Lyon. De 1863 à 1865, il fait construire pour Henri du Bord l'hôtel de la Paix à Genève où il achète le domaine du Plongeon en 1865 (actuel parc des Eaux-Vives).[réf. nécessaire]

Sur appel d'offres, Louis Favre remporte le concours pour le percement du grand tunnel ferroviaire du Saint-Gothard lancé en 1872. Mais il s'engage par un contrat inique pour une réalisation de celui-ci en huit ans. Les travaux débutent par le sud à Airolo le , puis par le nord à Göschenen le 24 octobre. Très vite, des problèmes techniques imprévisibles, car liés à la mauvaise évaluation par la Compagnie du chemin de fer du Gothard, des forces motrices (débits d'eau[n 1]) disponibles et à la nature géologique des roches, ralentissent les travaux. Sept mois avant l'achèvement du dernier tronçon, le , Favre meurt dans la galerie du tunnel.[réf. nécessaire]

La direction des travaux est reprise pour le compte de l'héritière Madame Marie Augustine Hava, la fille de Louis Favre, par l'ingénieur Édouard Bossi entouré par l'ingénieur Ernest von Stockalper et l'avocat Louis Rambert. Le tunnel est ouvert le . Malgré que le dépassement de délai soit très minime pour un ouvrage de cette ampleur et qui en plus est une première, la compagnie du chemin de fer du Gothard attaque ses héritiers en justice, car aucune clause de force majeure n'a été prévue dans le contrat : le retard était dû à des impondérables (inondation de la galerie, etc.) et pour partie à des impréparations[2], contre-ordres et des retards de paiement du maître d'ouvrage. Au cours des travaux, et après la mort de Louis Favre en 1879, Colladon défend ce dernier dans la communauté scientifique et technique par un grand nombre d'écrits. Pendant les travaux de percement du Grand Tunnel de 1872 à 1882, la Compagnie du Gothard, le maître d'œuvre, a été sous les ordres de trois directions techniques différentes, sans compter les interrègnes — chacune de ces directions apportant des vues personnelles divergentes du projet et des procédés[3].

Au Saint-Gothard, Louis Favre qui s'est élevé seul, entreprend un tunnel incomparablement plus difficile, avec la chaîne d'un contrat léonin, où toutes les clauses sont une menace contre lui. Le tunnel de quinze kilomètres est percé en sept années et cinq mois, son coût est de dix à douze millions moindre que celui du Mont Cenis, et Favre meurt victime des persécutions qu'il a endurées et la Compagnie du chemin de fer du Gothard qu'il a sauvé d'une liquidation probable, n'a pas de plus grande préoccupation après son décès que de s'emparer des millions de son cautionnement en ruinant à fond sa famille et spoliant les commanditaires[4].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Les compresseurs d'air, principalement selon le système Colladon, étaient entrainés par des turbines hydrauliques. L'air comprimé propulsait les perforatrices et à ventilait le chantier d'excavation.

RéférencesModifier

  1. Catherine Courtiau, « Louis Favre » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du ..
  2. [Colladon 1885] Jean-Daniel Colladon, Considérations sur l'insuffisance des forces motrices hydrauliques disponibles aux extrémités du tunnel du Saint-Gothard, contradictoirement aux bases du traité entre la Compagnie et M. Louis Favre. Conclusions (Discours prononcé le 31 mars 1885 devant le tribunal fédéral arbitral à Lausanne), Genève, impr. Ch. Schuchardt, .
  3. Au Haut Conseil Fédéral Suisse, E. Bossi, Genève 1882
  4. Grand tunnel du Gothard. Mémoire de l'Entreprise L. Favre & Cie en réponse à diverses publications récentes, Lausanne, impr. Lucien Vincent, , 20 p..

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Hélène, Maxime (pseudo de Maxime Vuillaume) : Louis Favre entrepreneur du grand tunnel du Saint-Gothard. Paris , La Nature n° 491, p. 343 à 347.
  • Colladon, J.-Daniel :Souvenirs et mémoires, imp. Aubert-Schuchardt, Genève 1893.
  • Louis Figuier, Les nouvelles conquêtes de la science : Grands tunnels et railways métropolitains, vol. 2, Paris,  éd. Librairie illustrée/Marpon et Flammarion, , 647 p., p. 219 à 351.
  • Wägli, H.G.: Louis Favre (1826–1879). Constructeur du tunnel du Gothard. Zurich 2009. = Pionniers suisses de l’économie et de la technique. 14.

Liens externesModifier