Le Petit Dauphinois

Le Petit Dauphinois
Image illustrative de l’article Le Petit Dauphinois
Édition du 3 août 1914

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Quotidien
Genre Généraliste, journal d'opinion
Prix au numéro 10 centimes (1924)
50 centimes (1940)
Fondateur Pierre Baragnon.
Date de fondation 29 décembre 1878
Date du dernier numéro 10 août 1944
Ville d’édition Grenoble

ISSN 2273-5178

Le Petit Dauphinois est un ancien journal quotidien français régional, publié du au , et diffusé dans les départements de l'Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie. Son siège et sa rédaction étaient installés à Grenoble.

Fondé par Pierre Baragnon à la fin de l'année 1878, afin de devenir le « grand quotidien des Alpes françaises », le Petit Dauphinois cessera de paraître le 10 août 1944, suspendu pour avoir continué à être publié durant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemande. Après la guerre, il sera remplacé dans sa fonction de journal régional par Le Dauphiné libéré.

HistoriqueModifier

FondationModifier

Pierre Baragnon (1830 - 1904), journaliste et homme politique républicain, créateur de nombreux journaux[1], fonde Le Petit Dauphinois, un quotidien régional basé à Grenoble, le [2]. Il le présente en ses termes : « Tout le monde doit venir sous le parapluie du Petit Dauphinois. Qui n'est pas dessous, se mouille »[3].

Sur le seuil de l'entrée de l'immeuble qui abrite la rédaction du journal, avenue de la gare, à Grenoble, voie qui prendra ensuite le nom du maire Félix Viallet, à sa mort survenue en 1910, une inscription visible sur le dallage indique la devise du quotidien : « Caveat qui me Tangit (Qu'il ne prenne garde celui qui me touche) ».

L'ère BessonModifier

En 1897, Pierre Baragnon nomme Joseph Besson (journaliste local, originaire du Trièves) au poste de secrétaire général, équivalent du poste de directeur et lui confiera le journal à sa mort survenue le . Avant l'année 1900, il crée l'imprimerie moderne rattachée au journal qui édite également les titres suivants : Le Réveil du Dauphiné, L'Impartial de l'Isère, Le Savoyard Républicain, La Tribune de Grenoble, Le Petit Alpin, Le Petit Dauphinois illustré (créé en 1899), L'Écho de la Fédération, Le Mégissier, Le Dauphiné Horticole, Le Moniteur Dauphinois (journal d'annonces légales) et La Tribune Pédagogique. D'autres titres (pour un total de 40 publications) suivront entre 1890 et 1900[4].

En avril 1903, malgré le fait qu'il soit anticlérical, Joesph Besson se déclare indigné par l'expulsion des Chartreux et dénonce, dans le journal : « une tentative de chantage faite contre ces religieux »[5]. Son fils Marcel Besson lui succédera à la tête du journal en 1919.

À partir du , le quotidien confie la gestion de sa publicité à l'agence Havas qui ouvre à cet effet une succursale au 2, rue Molière à Grenoble[6]. À cette époque le Petit Dauphinois est en vente dans quatorze kiosques à Paris[6].

Seconde Guerre mondiale et disparitionModifier

 
Grenoble durant l'occupation allemande
(1943 - 1944)

Au début de la Seconde Guerre mondiale survenue en septembre 1939, Le Petit Dauphinois restitue fidèlement les discours officiels du gouvernement et de l'État-major et il traite encore assez largement des événements nationaux et internationaux. Il publie, le , l'allocution du Général de Gaulle diffusée la veille depuis Londres[7]. À ce titre, il est un des rares quotidiens à publier ce message, dès le lendemain de sa diffusion, avec Le Progrès de Lyon[8], Marseille Matin, Le Petit Marseillais et Le Petit Provençal[9].

Mais, dés l'armistice du 22 juin 1940, la rédaction du journal se lance dans une ligne favorable au gouvernement de Philippe Pétain et de collaboration avec l’Allemagne, allant notamment jusqu’à publier des appels à l’engagement dans la Kriegsmarine[10].

En mars 1941, le rédacteur en chef du journal Jean Fangeat écrit à l'occasion de la venue du Maréchal Pétain dans la ville de Grenoble, située alors en zone libre: « Le Maréchal est là. Il va prendre possession de notre ville et de nos cœurs. ». La une du journal du est sans ambiguïté puisqu'elle relate exclusivement la visite du Maréchal Pétain à Grenoble et comporte trois grandes photographies dont l'une est prise au passage du cortège devant le siège du journal bien reconnaissable et arborant un immense portrait du maréchal[11].

Le , Georges Biessy, secrétaire général du journal est exécuté par un groupe de résistants (groupes francs de l'Isère), au domicile de Marcel Besson, propriétaire du journal, qui est épargné. Dés la libération de Grenoble et de la vallée de l'Isère, survenue le , le comité départemental de libération nationale suspend la publication de trois journaux grenoblois dont Le Petit Dauphinois, les biens étant placés sous séquestre en application de l’ordonnance du CFLN d’Alger du 22 juin 1944[12].

Dès le lendemain, il est remplacé par Les Allobroges, un journal issu de la Résistance locale, puis l'année suivante, le , par Le Dauphiné libéré, fondé par sept anciens membres de cette même Résistance, Les Allobroges cessant sa diffusion en 1958.

OrganisationModifier

 
Immeuble dit « Coupole dauphinoise » de l'ancienne Imprimerie générale de Grenoble, puis siège du Petit Dauphinois.

Directeurs successifs :

  • Pierre Baragnon ( - ),
  • Joseph Besson ( - ),
  • Marcel Besson ( - ), fils du précédent.

Imprimeurs :

  • Imprimeur Maisonville et fils, puis Breynat et Cie, puis Imprimerie spéciale du "Petit Dauphinois", puis les Grands Établissements de l'Imprimerie Générale

Tirages et collaborateursModifier

TiragesModifier

En 1914, le journal tirait à 280 000 exemplaires[13] et avant au début de la Seconde Guerre mondiale, à 200 000 exemplaires dont 60 000 abonnés [14].

CollaborateursModifier

Notes et référencesModifier

  1. site medias19.org, fiche biographique de Pierre Baragnon, consulté le 5 septembre 2020.
  2. Site catalogue.bnf.fr, Notice de périodique du Petit Dauhinois, consulté le 5 septembre 2020
  3. Paul Dreyfus, La vie quotidienne en Dauphiné: Sous la IIIe République.
  4. Google Livre "La vie quotidienne en Dauphiné: Sous la IIIe République" de Paul Dreyfus, consulté le 5 septembre 2020.
  5. Le Correspondant - Volume 211 - Page 409.
  6. a et b Le Petit Dauphinois du 1er janvier 1922, page 2.
  7. Site docplayer.fr, page "Le Petit dauphinois, de 1939 à 1944,Quotidien de la presse officielle à Grenoble, consulté le 5 septembre 2020.
  8. Site leprogres.shorthandstories.com, "Le Progrès, depuis 160 ans avec vous...", consulté le 5 septembre 2020.
  9. Site lappeldugeneraldegaulle.e-monsite.com, page "l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle et son impact jusqu'en 1945, consulté le 5 septembre 2020.
  10. Site museedelaresistanceenligne.org, Une du journal Le Petit Dauphinois du 21 septembre 1940, consulté le 5 septembre 2020
  11. Site grenoble-resistance.com, article "le petit Dauphinois", consulté le 6 septembre 2020
  12. Site museedelaresistanceenligne.org, article de Jean-William Deremetz "Le département de l’Isère entre 1940 et 1950 : Chronologie", consulté le 5 septembre 2020
  13. Site 87dit.canalblog.com, "la presse, les grands quotidiens, consulté le 5 septembre 2020.
  14. "La vie quotidienne en Dauphiné: Sous la IIIe République" Paul Dreyfus.
  15. Google Livre "Le versant du soleil. Mémoires" de Roger Frison-Roche, consulté le 5 septembre 2020.
  16. Google Livre "Dictionnaire de la bêtise: suivi du Livre des bizarres" de Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière, consulté le 5 septembre 2020.

BibliographieModifier

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

Articles connexesModifier