Le Cid (film)

film italo-américain réalisé par Anthony Mann
Le Cid
Description de cette image, également commentée ci-après
Scènes du tournoi, tournage extérieur devant
le château de Belmonte (province de Cuenca, Espagne)

Titre original El Cid
Réalisation Anthony Mann
Scénario Frederic M. Frank
Philip Yordan
Acteurs principaux
Sociétés de production Samuel Bronston Productions
Dear Film Produzione
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Film historique épique
Durée 184 min
Sortie 1961


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Cid (El Cid) est un film italo-américain d'épopée historique réalisé par Anthony Mann, sorti en 1961.

SynopsisModifier

XIe siècle. L’Espagne envahie par les Maures est en proie à des luttes internes pour le pouvoir. La légende nous parle du condotierre Rodrigue Diaz de Bivar (Vivar), dit le Cid Campeador, comme du plus grand héros sur cette terre.

Au cours du voyage qui doit le ramener chez lui pour se marier avec la belle Chimène, Rodrigue capture quelques chefs maures qui, à l’appel du sanguinaire et sournois Ben Youssouf, tyrannisent la péninsule espagnole. Rodrigue conduit les prisonniers chez son père, qui laisse cependant à son fils le soin de décider de leur sort. Rodrigue leur rend la liberté à la condition qu’ils ne fassent plus la guerre à l’Espagne et aux terres du roi Ferdinand. C’est alors qu’un des chefs maures (Mutaman) le fait entrer dans l’histoire en lui donnant comme surnom Le Cid (mon Seigneur) pour le remercier de sa clémence.

C’est alors qu’arrive sur les lieux le comte Ordonez, il vient réclamer les prisonniers au nom du roi Ferdinand. Rodrigue refuse de les remettre ce qui lui vaut devant le roi et sa cour une honteuse accusation de trahison. Même le père de Chimène (le champion du roi) est contre lui, avec ce résultat que Rodrigue le tue dans un duel à mort à l’épée, forçant Chimène à le haïr.

Un autre combat à mort dans un duel judiciaire à mort (une ordalie) contre Don Martin, le champion du roi Ramirez, pour la possession de la ville de Calahorra, fera retrouver à Rodrigue son honneur perdu et la main de Chimène, mais non son amour. Ce duel lui vaut le surnom de Campeador, ce qui signifie champion.

La mort du roi Ferdinand, devenu un vieil homme, donne lieu à des conflits pour le pouvoir entre les deux enfants, les princes Alphonse, Sancho et leur sœur doña Urraca, reine des intrigues. Rodrigue veut rester neutre, mais lorsque le prince Alphonse fait assassiner son frère Sancho par un tueur à sa solde, Rodrigue commence par tuer ce dernier puis intervient pendant la cérémonie de couronnement du nouveau roi, humiliant Alphonse, le prétendant au trône, en lui faisant jurer sur la Bible qu’il n’a pas trempé dans l’assassinat de son frère. Cette action vaut à Rodrigue l’exil à vie et la confiscation de tous ses biens. C’est alors que Chimène comprend la grandeur de Rodrigue et l’accompagne en exil.

Après une nuit passée dans une grange avec Chimène, Rodrigue se retrouve au milieu d’une foule d’Espagnols qui chantent son nom et il ne peut s’empêcher de prendre la tête de ces hommes au nom de l’Espagne. Pendant ce temps, la ville côtière de Valence est tombée aux mains de Ben Youssouf et de ses partisans, l’armée de Rodrigue l’assiège et la libère, alors que le roi Alphonse est vaincu dans la plaine de Sagrajas (1086). Mais le souverain rejette sur Rodrigue la responsabilité de la défaite puisqu’il n’était pas à ses côtés pour combattre les Maures et en représailles il emprisonne Chimène ; cependant le comte Ordonez la libère pour la ramener à son mari dont il prend le parti.

Les années passant, les Maures se réorganisent sous la direction de Ben Youssouf et, grâce à des renforts arrivés par les nouveaux arrivants par mer, ils encerclent à leur tour Valence pour la dernière bataille importante (1094).

Le premier jour de la bataille, qui tourne en faveur des Espagnols, Rodrigue est mortellement blessé au cœur par une flèche, ce qui jette ses hommes dans la panique. À la fin de la journée, le roi Alphonse, se rendant enfin compte de la réalité, se précipite à son secours pour sauver le dernier rempart de l’Espagne. Avant de mourir, Rodrigue demande à sa femme de le faire participer à tout prix à la poursuite de la bataille qui aura lieu au lever du soleil, afin que ses troupes ne s’abandonnent pas au désespoir. Accroché à un support de fer caché par ses vêtements, Rodrigue Diaz de Bivar, connu sous le nom de El Cid Campeador, entre bien qu’il soit mort sur le champ de bataille, semant la panique parmi les Maures qui se voyaient déjà vainqueurs, et il couronne ainsi sa légende.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

 
Raf Vallone (le comte Ordóñez), en marge du tournage

ProductionModifier

TournageModifier

Les scènes d'extérieur ont été tournées à Peñiscola (Espagne), dont les fortifications représentaient les murailles de Valence. Certaines scènes furent tournées dans et à l'extérieur (on voit le château au loin pendant le tournoi) du château de Belmonte (Espagne). Les villageois furent enrôlés plusieurs jours comme figurants pendant le tournage.

Le grand médiéviste Ramón Menéndez Pidal fut conseiller du film pour les aspects historiques.

Le rôle de Chimène fut initialement attribué à Sara Montiel, épouse d'Anthony Mann, qui était à l'époque la star espagnole la plus connue aussi bien par ses films que par ses chansons. Sara Montiel ne voulut pas interrompre une carrière à base de films musicaux, chaque film étant accompagné à sa sortie par un album 33 tours, qui connaissaient un triomphe dans le monde entier. Elle refusa donc le rôle et conseilla à Anthony Mann d'engager Sophia Loren. Anthony Mann avoua par la suite qu'il préférait le rôle plus dense de la princesse Urraca qu'il confia à Geneviève Page et négligea quelque peu Sophia Loren durant le tournage. Pour se racheter, il lui confia le rôle principal de son film suivant, le fabuleux péplum La Chute de l'empire romain , devenu un film culte pour de nombreux cinéphiles, magré son échec public.

Chanson du filmModifier

The Falcon and The Dove, paroles de Paul Francis Webster et musique de Miklós Rózsa, interprétée par des chœurs.

AccueilModifier

 
Le Cid à l'affiche sur Times Square et Broadway, dans les années 1960.

Martin Scorsese, qui appuya la restauration du film en 1993, considère Le Cid comme un des plus grands films épiques jamais tournés.

RécompensesModifier

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Madeleine Garrigou-Lagrange, « Le Cid », Téléciné, no 102, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), février-, (ISSN 0049-3287)
  • François Amy de la Bretèque, Le Moyen Âge au cinéma. Panorama historique et artistique, Paris, Armand Colin, 2015, p. 83-88.

Liens externesModifier