La Vie et l'Œuvre de Sigmund Freud

biographie de Freud par Ernest Jones

La Vie et l'Œuvre de Sigmund Freud
Auteur Ernest Jones
Pays Angleterre
Genre Histoire de la psychanalyse
Version originale
Langue Anglais
Titre The Life and Work of Sigmund Freud
Éditeur Hogarth Press
Lieu de parution Londres
Date de parution 1953-1957
Version française
Traducteur Anne Berman (t. 1 et 2)
Liliane Flournoy (t. 3)
Éditeur Puf
Collection Bibliothèque de psychanalyse / Quadrige
Lieu de parution Paris

La Vie et l'Œuvre de Sigmund Freud est une biographie de Sigmund Freud, publiée par le psychanalyste britannique Ernest Jones. L’ouvrage original est édité en anglais en trois volumes entre 1953 et 1957 aux éditions Hogarth Press. Il est traduit en français par Anne Berman et Liliane Flournoy et publié par les Presses universitaires de France.

HistoriqueModifier

DescriptionModifier

La biographie est organisée en trois volumes[1]. Le premier tome évoque l'enfance et l'adolescence de Freud, sa vie personnelle et sa découverte progressive de la psychanalyse, jusqu'à L'interprétation des rêves (1900)[2]. Le deuxième tome, couvre les années 1901 à 1919, et est consacré à la maturité et à l’œuvre scientifique de Freud, à sa vie personnelle et professionnelle à Vienne[1] et à la fondation du mouvement psychanalytique dont l'auteur est lui-même à la fois un témoin et un protagoniste[3]. Enfin le troisième tome est partagé en deux parties, l'une qui évoque la dernière période de la vie de Freud, le cancer à partir de 1923, son travail d'écriture et sa correspondance et sa décision de s'exiler après l'annexion de l'Autriche en 1938, jusqu'à sa mort à Londres en 1939[1], la seconde partie, plus théorique, porte sur la relation de Freud aux domaines artistique, littéraire, ou encore religieux[4].

Jones reçoit l'aide de plusieurs collègues et amis, notamment Siegfried Bernfeld, Marie Bonaparte, James Strachey, Kurt Eissler[1]. Une version abrégée, qui existe uniquement en anglais, est publiée en 1961 par Lionel Trilling et Steven Marcus[5].

RéceptionModifier

Ernest Jones insiste sur sa volonté d'être objectif dans la rédaction de cette biographie[1], tout en reconnaissant qu'il s'efforce de défendre Freud et la psychanalyse à l'égard des attaques dont ils sont la cible[1].

Mikkel Borch-Jacobsen et Sonu Shamdasani rappellent que Jones n'a pas eu accès aux documents et à la correspondance conservés aux archives Sigmund Freud, auxquelles l'accès était restreint, et que donc, Jones n'a pas pu vérifier un certain nombre de données[6]. Le philosophe Richard Wollheim quant à lui observe que, « bien que Jones ait vécu dans le cercle intime de Freud pendant plusieurs décennies », il n'a pu écrire que ce qu'Anna Freud jugeait acceptable[7] : il se trouve ainsi soumis à des pressions et à un contrôle dans l'usage des matériaux, de la part d'Anna Freud, mais également de ses collègues et amis[1]. Le psychologue Hans Eysenck estime, dans Decline and Fall of the Freudian Empire (1985), que la biographie de Jones est « la plus célèbre », mais il considère qu'elle représente « plus une mythologie qu'une histoire », accusant Jones de supprimer des informations qui auraient pu influencer défavorablement sur Freud[8].

L'historien de la psychanalyse Peter Gay estime que la biographie est « magnifiquement informée »[9], et dans sa biographie Freud, une vie, y fait référence comme à « la biographie classique de Freud », ajoutant qu'elle contient « de nombreux jugements fins », malgré un « style sans grâce » et la tendance de Jones à « séparer l'homme et l’œuvre ». Il relève particulièrement les attaques qui visent Sándor Ferenczi, notamment des allégations sur sa maladie mentale en fin de vie[10]. E. James Lieberman et Robert Kramer estiment que Jones avait une vision partisane non seulement de Ferenczi, mais également d'Otto Rank[11].

Hans Eysenck décrit La Vie et l'Œuvre de Sigmund Freud comme la biographie « la plus célèbre » de Freud, mais la voit comme « plus une mythologie qu'une histoire, laissant de côté presque toutes les controverses et apportant de nombreuses modifications au portrait en supprimant des données et des éléments qui pourraient avoir une incidence défavorable sur Freud »[12].

ÉditionsModifier

En anglaisModifier

  • The life and work of Sigmund Freud.
    • Vol.1. The formative years and the great discoveries: 1856-1900
    • Vol.2. Years of Maturity: 1901-1919
    • Vol.3. The Last Phase: 1919-1939

En françaisModifier

  • La Vie et l'œuvre de Sigmund Freud, PUF :
    • Tome 1 : Les jeunes années 1856-1900, trad. Anne Berman, coll. « Quadrige », 453 p. (ISBN 978-2130556923)
    • Tome 2 : Les années de maturité 1901-1919, trad. Anne Berman, coll. « Bibliothèque de psychanalyse », 1988, 528 p. (ISBN 978-2-13-041481-0)
    • Tome 3 : Les dernières années 1919-1939, trad. Liliane Flournoy, coll. « Bibliothèque de psychanalyse », 1990, 584 p. (ISBN 978-2-13-043358-3)

RéférencesModifier

  1. a b c d e f et g Steiner 2002, p. 1800.
  2. Edwin G. Boring, « The life and work of Sigmund Freud. Vol. I. The formative years and the great discoveries: 1856-1900. », Psychological Bulletin, vol. 51, no 4,‎ , p. 433-437 (lire en ligne, consulté le ).
  3. Keeve Brodman, « Jones Ernest. The life and work of Sigmund Freud; v.2, Years of Maturity, 1901—1919. New York, Basic Books [1955] 512 p. », Bulletin of the Medical Library Association, vol. 44, no 4,‎ , p. 524–525 (lire en ligne, consulté le ).
  4. Janice B. Liberman, « The Life and Work of Sigmund Freud: v. 3, The Last Phase, 1919-1939. New York, Basic Books [1957] 537 p. », Bulletin of the Medical Library Association, vol. 46, no 2,‎ , p. 304 (lire en ligne, consulté le ).
  5. Ernest Jones, Lionel Trilling & Steven Marcus, The life and work of Sigmund Freud, Londres, Hogarth, 1961, (OCLC 477192110).
  6. Mikkel Borch-Jacobsen & Sonu Shamdasani, The Freud Files: An Inquiry into the History of Psychoanalysis, Cambridge: Cambridge University Press, 2012, p. 285-287.
  7. Richard Wollheim, Freud, Londres, FontanaPress, 1991, p. XXI-XXII.
  8. Hans Eysenck, Decline and Fall of the Freudian Empire, Harmondsworth, Penguin Books, 1986, p. 213.
  9. Peter Gay, The Bourgeois Experience Victoria to Freud. Volume I Education of the Senses, Oxford, Oxford University Press, 1984, p. 464.
  10. Peter Gay, Freud, une vie, Paris, Hachette, 1991.
  11. E. James Lieberman & Robert Kramer, The Letters of Sigmund Freud & Otto Rank: Inside Psychoanalysis, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 2012, p. IX
  12. Hans Eysenck, Decline and fall of the freudian empire, Harmondsworth, Penguin Books, (ISBN 0-14-022562-5), p. 35, 119, 202, 212–213.

BibliographieModifier

Liens externesModifier