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L'expédition de La Korrigane, en 1934-1936, fut un voyage scientifique effectué sous les auspices du musée d'Ethnographie du Trocadéro, à Paris, et financé par ses cinq participants : Étienne de Ganay et son épouse Monique (fille aînée de Jacques Schneider), sa sœur et son beau-frère Régine et Charles van den Broek d'Obrenan[1], et enfin leur ami Jean Ratisbonne. Les cinq membres de l'expédition, qui se surnommaient eux-mêmes les « Korrigans », étaient accompagnés de neuf marins.

Le navireModifier

La Korrigane est un ancien brick-goélette construit à Paimpol en 1915, sous le nom de Revanche[2]. Elle est destinée à pratiquer la pêche à la morue près de Terre-Neuve et de l'Islande. Elle abandonne la pêche pour le cabotage après la Première Guerre mondiale[2].

En 1928, la Revanche quitte le service commercial pour être transformée en yacht à Lorient. Étienne de Ganay la rachète en 1934 pour effectuer son expédition dans les mers du Sud.

Il la revend en 1938. Elle reprend un trafic commercial avant d'être coulée pendant la Seconde Guerre mondiale au Portugal[2].

L'expéditionModifier

Pendant deux ans, les « Korrigans » sillonnèrent les mers du Sud à bord de La Korrigane, un ancien morutier reconverti en yacht, et rapportèrent plus de 2 500 objets d'un haut intérêt ethnologique, ainsi que des milliers de croquis et de photos. Le voyage de La Korrigane passe pour être l'une des dernières, sinon la dernière, grande expédition anthropologique à une époque où les cultures de l'océan Pacifique commençaient à disparaître.

Les « Korrigans » firent don de la plupart de ces collections au musée de l'Homme et au musée du Louvre. Une première exposition des objets et des documents eut lieu en 1938 au musée de l'Homme, qui venait d'ouvrir ses portes, et où ils restèrent pendant plusieurs dizaines d'années. Une autre exposition eut lieu en 1996, toujours au musée de l'Homme, puis une autre de décembre 2001 à juin 2002. Ces pièces se trouvent désormais au musée du quai Branly.

Par ailleurs, Charles van den Broek d'Obrenan créa l'hippodrome de Tahiti[3], où il revint plusieurs années après l'expédition et entreprit le classement des sites et des monuments de la Polynésie française[4].

NotesModifier

  1. Philippe du Puy de Clinchamps écrit que selon Michel Dugast Rouillé dans son ouvrage Les Notables ou la "Seconde noblesse" (1978) la famille van d'en Broek est originaire d'Amsterdam, qu'elle a pour blason D'or à l'aigle d'azur et ne porte pas de titre, enfin qu'elle n'a jamais appartenu à la noblesse des Pays-Bas ou de Belgique (Source : Charondas, Un juge d'armes au Jockey-Club (famille classée dans la bourgeoisie de ce club), ICC, 2000, non paginé). Autre source : Annuaire mondain High-Life. Elle a possédé des sucreries.
  2. a b et c « 1934- 1936 La Korrigane une goélette islandaise en mission ethnologique dans les mers du sud », sur Histoire maritime de la Bretagne nord.
  3. L'hippodrome de Tahiti.
  4. Charles van den Broek.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Charles van den Broek d'Obrenan, Le Voyage de « la Korrigane », préface de Paul Valéry, Payot, Paris, 1939
  • Régine van den Broek d'Obrenan, Les Korrigans autour du monde, préface de Patrick O'Reilly, introduction d'Étienne de Ganay, Asiathèque, 1984, présentation en ligne
  • Sophie Cazaumayou, Objets d'Océanie : regards sur le marché de l'art primitif français, L'Harmattan, 2007, p. 178 sqq.
  • Christian Coiffier et al., Le Voyage de « la Korrigane » dans les mers du Sud, Hazan, 2001, 239 p., présentation en ligne

Liens externesModifier