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La Guerre mondiale 1914-1918

livre de Philippe Pétain

La Guerre mondiale 1914-1918
Image illustrative de l’article La Guerre mondiale 1914-1918
Photo du maréchal Pétain figurant sur la couverture de l'édition 2014 de l'ouvrage.

Auteur Philippe Pétain
Préface Marc Ferro
Éditeur Éditions Privat
Collection Histoire
Date de parution 13 mai 2014
Nombre de pages 384
ISBN 978-2-7089-6961-2

La Guerre mondiale 1914-1918 est un manuscrit attribué de manière posthume au maréchal Pétain. Probablement écrit entre 1920 et 1930, il devait faire partie d'un plus vaste ouvrage sur l'Histoire du soldat français, ouvrage qui n'a jamais été publié. Le manuscrit a été retrouvé en 2006, authentifié puis publié en 2014.

Sommaire

DescriptionModifier

Le manuscrit a probablement été écrit entre 1920 et 1931[1], le traité de Sèvres, signé en août 1920, y est évoqué et Pétain n'a plus écrit après 1931 et la publication de l'ouvrage Verdun (écrit par son porte-plume le colonel Laure).

Ce manuscrit devait constituer le chapitre consacré à la Première Guerre mondiale d'un ouvrage plus général, l'Histoire du soldat à travers les âges[1], qui devait être signé par Pétain mais dont les autres chapitres seraient écrits par le commandant Charles de Gaulle[1] que le maréchal avait alors pris sous son aile. La publication de ce livre avait pour but de faciliter l'entrée à l'Académie française du maréchal[1]. Mais en janvier 1928, Pétain chargea le colonel Audet de revoir et d'achever le manuscrit, ce qui irrita De Gaulle qui s'y opposa : « Un livre, c'est un homme. Cet homme, jusqu'à présent, c'était moi. S'il s'agit de triturer mes idées, ma philosophie et mon style, je m'y oppose et vais le dire au maréchal »[1]. La querelle entre Pétain et De Gaulle dura trois ans et entre-temps Pétain fut admis à l'Académie. L'ouvrage ne sera jamais publié, De Gaulle reprendra ensuite ses écrits qu'il publiera en 1938 sous le titre de La France et son armée[1]. Pétain consigna le reste dans un coffre aux Invalides mais on perdit la trace de la partie consacrée à la guerre de 1914-1918[1].

Le document comprend 350 pages manuscrites avec 77 croquis et plans de bataille[2]. Le style est précis, souvent assez lapidaire[3]. Pétain y décrit toutes les opérations militaires sur les différents fronts avec plusieurs croquis[3]. Il y égratigne un peu ses « rivaux  » Gallieni et Joffre[3] et se donne quelquefois le beau rôle comme pour Verdun - « le général Pétain est appelé en toute urgence ». Mais il ne parle dans son ouvrage ni des soldats, ni des civils dans le conflit[3], pas plus que des dissensions qui ont existé au sein de l'état-major[3]. Selon l'historien Marc Ferro, ce manuscrit apporte un éclairage sur la première partie de la vie de Pétain et la grande frustration qu'il éprouva sur l'issue de la Première Guerre mondiale[1], où malgré la gloire qu'il en avait retiré, il souffrit ne pas pu avoir franchir le Rhin en 1918 et déclarer la victoire en Allemagne occupée[1].

Redécouverte et authentificationModifier

Le manuscrit est retrouvé fortuitement en 2006 par Jean-Jacques Dumur, un ancien officier de l'armée[1] qui, passionné, va passer six ans à reconstituer l'histoire du manuscrit et à le faire reconnaître comme authentique[1].

Malgré les recherches, il n'y a pas de certitudes sur le parcours du document de son écriture à sa découverte. Le plus probable est que le maréchal l'ai stocké dans sa résidence de vacances de Villeneuve-Loubet[1] (Alpes-maritimes) en 1939, ou bien son épouse plus tardivement. Le manuscrit va se retrouver dans les mains d'un maçon italien[1], réfugié dans la ville française comme de nombreux de ses compatriotes avant la guerre. Il aurait fait des travaux dans la villa alors inoccupée juste après la Libération et « sans propriétaire » puisque Pétain avait vu ses biens confisqués[1] après son procès à l'été 1945. Il était alors courant à l'époque que les ouvriers soient payés par troc pour des travaux effectués dans des maisons sans propriétaire[1]. On trouve aussi trace aux archives de l'armée à Vincennes d'une demande de Mme Pétain pour favoriser des naturalisations de réfugiés italiens de Villeneuve-Loubet[1] et dans un des courriers qu'elle a adressés à Pierre Bourget, elle dit avoir « mis beaucoup d'objets à l'abri » depuis août 1944[1].

En 1989, la fille du maçon italien hérite du manuscrit parmi d'autres archives et en 2006, elle demandera à Jean-Jacques Dumur de faire le tri parmi celles-ci.

Jean-Jacques Dumur eut quelques difficultés à faire reconnaître l'authenticité du document, se voyant souvent rétorqué que « Pétain détestait écrire, donc il n'a rien écrit »[3] mais en 2009, Marie-Pascale Charbit Lescat, expert judiciaire en écritures manuscrites près de la cour d’appel de Toulouse et après deux ans de travail dont des recherches comparatives aux Archives nationales et au Service historique de la Défense a reconnu l'authenticité du document[2]. Le manuscrit et l'enquête de traçabilité ont été versés au Service historique de la Défense à Vincennes et mis à la disposition des historiens depuis mars 2011[2].

PublicationModifier

L'ouvrage a été publié en mai 2014 sous le titre La Guerre mondiale 1914-1918 aux éditions Privat. Il est complété par une préface de l'historien Marc Ferro, auteur de deux ouvrages sur Pétain, qui restitue l'ouvrage dans son contexte[4] et d'un récit par Jean-Jacques Dumur sur la découverte du manuscrit et les démarches pour son authentification[4].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Antoine Flandrin, « Un manuscrit de Pétain sur 14-18 mis au jour », lemonde.fr,‎ (lire en ligne)
  2. a b et c « Un manuscrit de Pétain refait surface », liberation.fr,‎ (lire en ligne)
  3. a b c d e et f François-Guillaume Lorrain, « Un manuscrit inédit de Pétain retrouvé », lepoint.fr,‎ (lire en ligne)
  4. a et b « Fiche de l'ouvrage », sur Privat

Voir aussiModifier

BibliographieModifier