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Léonor Soulas d'Allainval

dit '''abbé d’Allainval''', auteur dramatique français
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Léonor-Jean-Christine Soulas d'Allainval
Biographie
Naissance
Décès
Activité

Léonor-Jean-Christine[1] Soulas d'Allainval, dit l'abbé d'Allainval, est un auteur dramatique français né à Chartres vers 1700 et mort à Paris le [2]. Il a également publié sous le pseudonyme de Georges Wink.

BiographieModifier

Il vécut toute sa vie et mourut dans la misère à l'Hôtel-Dieu[3]. Aucune de ses pièces n'eut de succès si ce n'est, pendant un temps très court, sa première comédie, L'Embarras des richesses (1725), jouée quatre fois à Paris de son vivant et considérée plus tard comme une comédie « bien conduite et bien dénouée » et comme « un de ses meilleurs ouvrages »[4]. Seule L'École des bourgeois lui apporta la notoriété posthume. Représentée pour la première fois à la Comédie-Française en 1728, la pièce ne fut reprise que seize ans après sa mort et jouée par intermittence entre 1769 et 1848. En 1854, elle inspira à Émile Augier et Jules Sandeau une nouvelle comédie qui en constitue la suite : Le Gendre de M. Poirier[5].

ŒuvresModifier

ThéâtreModifier

  • L'Embarras des richesses, comédie en 3 actes, hôtel de Bourgogne, 9 juillet 1725 (disponible sur Google Livres ; rééd. Espaces 34, Montpellier, 2006)
  • Le Tour de Carnaval, comédie en 1 acte, hôtel de Bourgogne, 24 février 1726 (disponible sur Gallica)
  • La Fausse Comtesse, comédie en prose, Comédie-Française (salle des Fossés-Saint-Germain), 27 juillet 1726
  • Le Tour de carnaval, comédie en 1 acte, hôtel de Bourgogne, 1727
  • L'École des bourgeois, comédie en 3 actes avec un prologue, Comédie-Française, 20 septembre 1728 (disponible sur Gallica ; rééd. coll. Le Théâtre, Larousse, Paris, 1878, disponible sur Gallica, puis Espaces 34, Montpellier, 2006)
  • Les Réjouissances publiques, ou le Gratis, comédie en un acte, Comédie-Française, 18 septembre 1729
  • Le Mari curieux, comédie en un acte, Comédie-Française, 17 juillet 1731 (disponible sur Gallica)
  • L'Hiver, comédie en un acte, Paris, hôtel de Bourgogne, 19 février 1733 (disponible sur Gallica)
  • La Fée Marote, opéra-ballet en un acte, Foire Saint-Laurent, 28 août 1734
  • Le Jugement de Pâris, ou le Triomphe de la beauté, comédie en un acte, théâtre de Toulouse, 1er juillet 1747

Autres écritsModifier

  • L’Éloge de car, dédié à la langue françoise, A. de Heuqueville, Paris, 1731 (disponible sur Gallica)
  • Ana, ou Bigarrures calotines, J.-B. Lamesle et A. de Heuqueville, Paris, 1732-1733 (disponible sur Gallica)
  • Anecdotes du règne de Pierre premier, dit le Grand, czar de Moscovie, contenant l'histoire d'Eudochia Federowna, & la disgrace du prince de Mencikow, 1re partie, 1745
  • Anecdotes du règne de Pierre premier, dit le Grand, czar de Moscovie, contenant son ordonnance du 10-21 février 1720, pour la réformation de son clergé, 2e partie, 1745
sous le pseudonyme de Georges Wink

CritiquesModifier

« Il y a juste cent trente-six ans qu'un pauvre diable, moitié gentilhomme, moitié abbé, mais tout à fait écrivain, dînant de deux jours l'un, et couchant pendant les nuits d'hiver dans une chaise à porteurs, Soulas d'Allainville, faisait jouer à la Comédie-Française la très-brillante comédie intitulée l’École des Bourgeois. La noblesse d'alors y était représentée sous les traits du marquis de Moncade, un mauvais sujet, un fat, un impertinent, ruiné, ruinant ; au demeurant, plein de charmes ; d'une jolie figure et d'un joli esprit, habillé à ravir, débraillé à point. Moncade est resté un type au théâtre, et un emploi ; s'il est venu après don Juan, il a devancé Lovelace et Almaviva ; il a fait souche de libertins élégants. On sait le sujet de l’École des Bourgeois, qui s'est toujours maintenue au répertoire de la Comédie-Française : le marquis de Moncade veut rétablir sa fortune en épousant la fille d'une bourgeoise enrichie ; il brave les brocards de ses amis à pirouettes, et fait consciencieusement sa cour à sa nouvelle famille, composée de marchands et de robins ; il séduit tout le monde, jusqu'à l'oncle Mathieu, bourru dont il a raison avec quelques accolades. Benjamine elle-même n'est pas aussi insensible à ses belles manières qu'elle feint de la paraître, et cette petite fille va devenir marquise, lorsque, à l'heure de la signature du contrat, une lettre de Moncade, se trompant d'adresse, tombe tout à coup au milieu des bourgeois rassemblés et rompt le contrat. Cette lettre commence par ces mots célèbres : « Mon cher duc, enfin c'est ce soir que je m'encanaille... »
Cette comédie, qui donnait une vigoureuse leçon à la bourgeoisie, sans ménager la noblesse, a été jugée depuis longtemps comme une des meilleures et des plus charmantes qui aient été faites après Molière et Regnard. Cela n'a pas empêché son auteur, le pauvre d'Allainval, de mourir dans la peau d'un indigent »

— Charles Monselet[6].

« Les héritiers de Molière ne chôment pas. Et d'abord d'Allainval, dont l’École des Bourgeois (1728) est une des meilleures contrefaçons du Bourgeois Gentilhomme, en petit. S'il n'est pas le premier qui ait mis en scène un marquis à l'affût d'une dot bourgeoise, chez lui le portrait est plus fouillé que d'habitude. En face d'une riche bourgeoise, hypnotisée par les titres et qui gagne sa fille à ses folies, et d'autres comparses amusants, se détache la figure du marquis de Moncade, le plus aimable, le plus badin, le plus fat, le plus spirituel et le plus insolent des marquis, comme aussi le plus dédaigneux des gendres, même des fiancés. Démasqué, joué à son tour à la fin, il s'en va, riant, l'air vainqueur, remerciant ceux qu'il n'a pu duper de l'empêcher de « ternir sa gloire ». Il est bien régence. Le portrait est fait de main de maître. Il faut attendre maintenant jusqu'à Piron et Gresset pour trouver des œuvres dignes d'une étude attentive »

— Louis Petit de Julleville[7].

Notes et référencesModifier

  1. Parfois référencé sous le prénom Christin.
  2. Notice d'autorité de la BNF.
  3. Jean Baudrais, Petite Bibliotheque des théâtres, Paris, vol. 7, 1785, p. 107.
  4. Chefs-d'œuvre des auteurs comiques, vol. III, Firmin Didot Frères, Paris, 1872, cité par Albert Cim dans Récréations littéraires, Hachette, Paris, 1920, p. 62.
  5. Émile Augier et Jules Sandeau, Le Gendre de M. Poirier, comédie en quatre actes et en prose créée au théâtre du Gymnase le 8 avril 1854.
  6. Charles Monselet, Les Premières Représentations célèbres, Degorce-Cadot, Paris, ca 1875, p. 293-294.
  7. Louis Petit de Julleville, Histoire de la langue et de la littérature françaises des origines à 1900, vol. VI, Armand Colin, Paris, 1925, p. 578.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Mémoires sur Molière, et sur Mme Guérin, sa veuve , suivis des Mémoires sur Baron et sur Mlle Lecouvreur, Ponthieu, Paris, 1822 (rééd. Slatkine, Genève, 1968, disponible sur Gallica)
  • Œuvres de l'abbé d'Allainval, Petite bibliothèque des théâtres, Paris, 1785
    Contient Vie de l'abbé d'Allainval, Catalogue des pièces, L'Embarras des richesses et L'École des bourgeois.

Liens externesModifier