Un knarr (vieux norrois knǫrr / knörr, islandais knörr, génitif pluriel indéfini knarra), est un type de navire marchand à bordages à clin utilisé par les Vikings. Ces navires étaient également particulièrement adaptés pour la navigation en haute mer[1]. Les deux autres étaient le byrding (byrðingr) et le karv (karfi).

Modèle réduit de Knarr

HistoireModifier

Ce type de navire remplace progressivement les bateaux ronds alors en usage en mer du Nord et en Baltique du fait de l'influence auprès des Scandinaves des navigateurs frisons alors maîtres des échanges dans cette partie de l'Europe entre le VIe et le IXe siècle[2].

On considère aujourd'hui que ce bateau, capable de porter de lourdes charges sur de grandes distances en haute mer, a été utilisé avec succès pour la traversée et l'exploration de l'Atlantique nord vers les îles du nord de l'Ecosse, la colonisation de l'Islande ou l'exploration du Groenland et de Terre-Neuve[3].

Ce type de bateau existait jadis en Normandie où il était qualifié de kenar, canar (pluriel kenarz, kanarz), voire canard, latinisé en canardus[4]. Selon François Renault, les « caïques » d'Yport et d'Étretat pourraient bien être les dernières et les plus authentiques représentantes de la tradition scandinave en France, car, outre le clin, ce type de quille est également celui des bateaux vikings. Ce sont aussi les seules embarcations qui présentent un profil d'étrave aussi arrondi sur nos côtes, ressemblant à celui des knarr. Cependant, la forme de ces coques ne permet pas d'établir une filiation directe avec les coques scandinaves[5].

Caractéristiques techniquesModifier

Ce cargo a une longueur plus réduite que les grands navires de guerre, mais une coque plus volumineuse. Il avait un tirant d'eau dépassant le mètre et était, le plus souvent, muni d'un pont. Les rameurs, qui se tenaient debout, était moins nombreux mais la surface de voile était plus importante. Ils se tenaient en poupe et en proue pour laisser une place centrale au chargement. De fait, avec un poids moyen de 25 tonnes, ce type de bateau naviguait principalement à la force du vent[6].

Exemples de naviresModifier

Notes et référencesModifier

  1. Frédéric Durand, Les Vikings et la mer, Éd. Errance, coll. « Collection des Hespérides », , 135 p. (ISBN 978-2-87772-118-9, lire en ligne), p. 56
  2. Stéphane Lebecq, « Frisons et Vikings : remarques sur les relations entre Frisons et Scandinaves aux VIe-IXe siècles », Actes des congrès de la Société d’Archéologie Médiévale, vol. 2, no 1,‎ , p. 45–59 (lire en ligne, consulté le 17 février 2019)
  3. John Haywood et Régis Boyer, Atlas des Vikings, Éd. Autrement, , 144 p. (ISBN 978-2-86260-569-2, lire en ligne), p. 40
  4. Elisabeth Ridel, Les Vikings et les mots : l'apport de l'ancien scandinave à la langue française, éditions Errance, Paris, 2009, p. 237 - 238.
  5. « Le navire viking et les traditions navales d'Europe : l'héritage nordique dans la construction navale aux XIXe et XXe siècles en Normandie » François Renault in L'Héritage maritime des vikings en Europe de l'Ouest, sous la direction d'Elisabeth Ridel, Presses universitaires de Caen, 2002 (ISBN 2-84133-142-3), p. 336.
  6. Frédéric Durand, Les Vikings et la mer, Éd. Errance, coll. « Collection des Hespérides », , 135 p. (ISBN 978-2-87772-118-9, lire en ligne), p. 58

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