Un kenning (pluriel savant : kenningar) est une figure de style propre à la poésie scandinave, qui consiste à remplacer un mot par une périphrase à valeur métaphorique[1]. La guerre est par exemple appelée « vacarme des épées » dans certaines parties du Skáldskaparmál.

Les kennings sont souvent composés de deux noms dont l'un est au génitif. Certains d'entre eux peuvent cependant contenir jusqu'à six termes[réf. nécessaire]. Le « cheval de la mer » signifiant le bateau, le timonier est parfois désigné comme l’« homme du cheval de la mer ».

Les kenningar font souvent appel à des images mythologiques. Dans le Lokasenna, Loki est ainsi nommé « père du loup », en allusion à sa parenté avec Fenrir. De même, l'or peut être désigné par la « farine de Frodi », le « feu du lit du serpent » ou le « tribut de la loutre » (ou selon les traductions, le « prix du sang de la loutre »), en référence à différents chants de la mythologie nordique.

L’Edda de Snorri Sturluson en recense et explique certains.

On retrouve ce type de métaphores figées, sous forme de qualificatif quasi-obligé, dans les épithètes homériques mais alors que les aèdes disent « l'Aurore aux doigts de rose », les scaldes occultent le sujet et diraient quelque chose de plus sibyllin, comme « la rose aux doigts », pour signifier l'aurore. Jorge Luis Borges, qui lisait le vieux norrois comme le grec ancien, évoque ces similitudes et rapproche aussi les kenningar du langage précieux[2]. Ces procédés stylistiques sembleraient aujourd'hui pauvres et répétitifs mais doivent être compris dans le contexte d'une poésie essentiellement orale à la scansion de laquelle ils participaient.

ExemplesModifier

  • L barbe, forêt de la joue.
  • Le ciel nocturne, salle de la lune.
  • Le soleil, éclat des alfes.

Notes et référencesModifier

  1. Pour d'autres définitions et des exemples issues de la poésie homérique, voir le compte-rendu de lecture de l'ouvrage de référence d'Ingrid Waern.
  2. Jorge Luis Borges, « Les Kenningar » dans Histoire de l'éternité, Bibliothèque de la Pléiade, volume I.

Voir aussiModifier