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Soirée karaoké dans un pub irlandais

Le karaoké (カラオケ, karaoke?) est une façon divertissante de chanter, habituellement en suivant les paroles sur un écran.

Sommaire

DescriptionModifier

Ce terme est une combinaison des raccourcis kara du mot japonais karappo (空っぽ?, qui veut dire « vide »), et oke de orchestra (オーケストラ, ōkesutora?, « orchestre »), ce qui peut signifier que le chanteur n'a pas besoin qu'un orchestre soit présent pour chanter.

Les machines à karaoké sont soit un PC adéquat, soit composées d'un mélangeur sonore, d'un ou plusieurs microphones et d'un lecteur de CD+G, VCD, Laserdisc, ou de DVD qui produit de la musique et qui synchronise les paroles qui s'affichent à l'écran (comme pour les sous-titres). Les machines qui utilisent un format vidéo sont désignées dans certains pays par le terme videoke.

Les fonds sonores pour karaoké sont souvent dépourvus de la mélodie elle-même, ne contenant qu'un accompagnement, et de ce fait évitent aux producteurs de payer des droits aux compositeurs (en France il est obligatoire de payer une redevance à la SACEM, en Belgique à la SABAM et au Québec à la SODRAC). Dans d'autres cas, leur mélodie est jouée sur un instrument très simple et à faible volume. Puisque de nombreuses chansons utilisent les mêmes enchaînements d'accords, il peut être difficile de reconnaitre à quelle chanson un fond karaoké est destiné, et il est facile de se tromper de mélodie en chantant. Ces fonds ne sont pas adaptés pour servir par exemple de musique d'ambiance.

OriginesModifier

 
Une machine à karaoké

Aux États-UnisModifier

En 1958, Mitch Miller, crooner américain, enregistre des séries d'albums « Sing Along With Mitch », (écrit Sing Along ou Sing-A-Long) où il ne chante pas tout seul, mais avec des chœurs de scouts, des membres du Rotary Club, etc. Ils reprennent des grands classiques du folklore et dix-neuf titres seront classés dans le Top 40 américain.

Jim Lowe présente une émission intitulée « SING ALONG » sur CBS. Elle sera présentée ensuite par Mitch Miller lui-même, (« Sing along with Mitch »), le public chante en même temps que Mitch, et les paroles s'affichent à l'écran, une balle rebondit sur les paroles quand il faut les chanter, son petit nom anglais est la « bouncing ball ».

La bouncing ball (en) a probablement été inventée par un technicien ou un artiste des studios des frères Fleischer. Elle a été utilisée pour accompagner des chansons dans des films sonores de publicité ou de divertissement mêlant images filmées et animation dès les années 1920, notamment la série Sound Car-Tunes. Betty Boop et Irène Bordoni (C'est mon gigolo) sont parmi les premières à avoir chanté avec la bouncing ball.

Également dans ces années 1960, est parue une collection de disques de playback appelée Music Minus One (musique moins un), sur lesquels la partie d'instrument soliste ou de chant était supprimée pour permettre aux musiciens et chanteurs de bénéficier d'un accompagnement orchestral à domicile.

Au JaponModifier

Kisaburō Takagi (高城 喜三郎?), un disquaire japonais, remarque que beaucoup de gens chantent les chansons qui passent sur les juke-box, et il a l'idée d'une machine qui jouerait les morceaux sans la voix des interprètes pour que les gens entendent leur propre voix. Il fabrique une machine composée d'un magnétophone huit pistes et d'un microphone, dépose la marque « Karaoke » et fonde en 1962 la société Nikkōdō (日光堂?).

D'autres prétendent que ce serait Daisuke Inoue (de son vrai nom : Yūsuke Inoue) qui aurait inventé le KaraOK. Il a reçu le prix Ig Nobel de la paix en 2004 pour cette invention.

Popularité en AsieModifier

Le karaoké est ancré dans la société japonaise comme un élément de la culture à part entière et constitue un loisir pratiqué très fréquemment par la jeunesse japonaise mais aussi par les personnes de tous âges. À la différence de la plupart des machines utilisées en Occident qui sont disposées dans des espaces ouverts (bars, cafés), les karaoké au Japon sont généralement des établissements qui disposent de plusieurs salles que les clients réservent de manière privative pour quelques heures ou la nuit entière. On parle alors parfois de karaoke box (カラオケボックス, karaoke bokkusu?). Une fois installées dans leur salle, les personnes peuvent commander à boire et à manger, puis choisir sur un écran tactile les titres qu’elles souhaitent chanter. Les karaoke box auraient été inventées en 1986[1].

Le karaoké existe également en Corée du Sud sous le nom de Noraebang et en Chine, sous le nom de KalaOK (卡拉OK). Il est l'un des divertissements préférés des Asiatiques[2]. Un tiers des hongkongais âgés de 16 à 34 ans vont dans des karaokés au moins une fois par mois[2]. En Chine, aller au karaoké est une étape quasi obligatoire lors de la signature d'un contrat entre hommes d'affaires[2].

Aux Philippines, le karaoké fait partie des divertissements familiaux, avec la location à la journée d'une machine karaoké pour une soirée entre amis, un anniversaire ou encore lors d'une fête de mariage ou de baptême. Les chansons d'amour en tagalog, cebuano et autres langues de l'archipel voisinent avec les succès populaires américains, comme ceux d'Elvis Presley ou Frank Sinatra.

Naissance et développement en FranceModifier

En France, le karaoké a fait son apparition au début des années 1990[1]. Popularisé par des émissions de télévisions telles que « La machine à chanter », présentée par Daniela Lumbroso puis « La Fureur du samedi soir » d’Arthur. Le karaoké est considéré comme passéiste dans un premier temps car il est pratiqué dans les restaurants et bars interlopes. Puis il parvient à se faire une place dans les clubs parisiens branchés[3]. Pour satisfaire une volonté de plus d'intimité, le concept est affiné. Les karaoke box à la japonaise arrivent ainsi en France au début des années 2010.

Par la suite, la démocratisation du karaoké se fait grâce aux jeux vidéos et aux applications mobiles. Cela contribue à entretenir l'attractivité du karaoké en France. On peut notamment citer le jeu vidéo SingStar, créé en 2004. Ce dernier connaît immédiatement beaucoup de succès. C'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui car il renouvelle chaque année ses chansons pour s'adapter au mieux à celles du moment. Il en est de même pour les applications mobiles. Le succès des jeux vidéos et applications mobiles s'explique par leur bas coût et le fait que l'on puisse s'amuser avec ses amis sans sortir de chez soi[réf. souhaitée].

Enfin en 2017, le concept britannique du Sing-along débarque en France. Il existe déjà depuis les années 1990 en Grande-Bretagne. Il s’agit de la projection de films musicaux en version karaoké. Mamma Mia est le premier film a avoir été projeté en version sing-along au Grand Rex[4].

Karaoké sur ordinateurModifier

Article détaillé : Logiciel de karaoké.

Il existe plusieurs types de logiciels de karaoké dont le but est de transformer un ordinateur en machine de karaoké.

  • Certains utilisent le format de fichiers MIDI (fichiers .kar, QuickTime sait les lire depuis la version 3), ou le format de fichiers KFN (combinaison d'un fichier audio, d'une animation vidéo et des paroles, lus par KaraFun).
  • D'autres synchronisent des fichiers texte avec des fichiers MP3 (le format LRC est le plus populaire).

Sur Internet, des sociétés se sont spécialisées dans la production et la réalisation de karaoké avec des versions instrumentales de chansons au format MP3. Les fichiers servent de base musicale pour les logiciels spécialisés dans ce domaine. Par extension, d'autres sociétés proposent la création en ligne de playbacks pour instruments permettant de modifier chaque piste individuellement (guitare, batterie, basse...).

Le logiciel EvilLyrics[5] est capable à partir d'une partie des paroles de retrouver le texte au complet, puis de l'interpréter en karaoké.

RéférencesModifier

  1. a et b « Le karaoké, ça s'en va et ça revient - Culture du quotidien - Télérama.fr », sur www.telerama.fr (consulté le 18 octobre 2017)
  2. a, b et c Aidan Jones, « Le karaoké en Asie, un loisir populaire et une étape pour signer un contrat », AFP sur Google News, le 28 février 2011
  3. « Comment le karaoké est revenu dans le territoire de la hype? », sur www.20minutes.fr (consulté le 18 octobre 2017)
  4. « Quand le cinéma se transforme en karaoké géant avec Mamma Mia », O le cahier des tendances de L'Obs,‎ (lire en ligne)
  5. http://www.evillabs.sk/evillyrics/

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Alain Anciaux, Ethno-anthropologie du karaoké, Éditions L'Harmattan, Paris, 2009
    Une approche multidisciplinaire par un karaokeur qui a fréquenté 135 karaokés dans douze pays différents