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Joseph François Foullon

l'une des premières victimes de la Révolution française
Joseph François Foullon
Joseph-François Foullon.jpg
Fonction
Surintendant des finances
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Homme politique, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Joseph-Pierre-François-Xavier Foullon de Doué (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Joseph François Foullon dit Foulon de Doué, baron de Doué, né à Saumur le , assassiné à Paris le , est un administrateur français, qui fut une des premières victimes de la Révolution française, quatre jours après la décapitation du maire de Paris Jacques de Flesselles.

Nommé surintendant (ministre) des finances à la place de Jacques Necker, il a été pendu puis décapité devant l'Hôtel de ville de Paris, en présence du nouveau maire Jean-Sylvain Bailly et de Lafayette, commandant de la Garde nationale, en même temps que l'intendant de Paris, Berthier de Sauvigny, avant d'avoir, comme lui, sa tête promenée au bout d'une pique.

Avant la RévolutionModifier

Issu d'une famille noble d'Anjou, il est intendant général de la Guerre, puis de la Marine sous Étienne François de Choiseul, intendant des Finances sous l'abbé Joseph Marie Terray, Joseph de Foulon est un administrateur habile.

Conseiller d'État en 1784, très écouté de la Cour à laquelle il présente des plans de redressement financier, il est très hostile aux idées nouvelles de libéralisation du commerce du grain et à l'entourage de Philippe d'Orléans.

Durant la RévolutionModifier

Le 12 juillet 1789, Louis XVI le nomme contrôleur des finances (ministre des finances) à la place de l'ancien banquier genevois Jacques Necker, très populaire dans les milieux bourgeois de la capitale. Ce choix excita une vive irritation chez ses partisans. Une campagne de calomnie est menée contre lui depuis l'entourage du duc d'Orléans : on fait croire aux Parisiens que c'est à Joseph de Foullon qu'est confiée l'intendance de l'armée rassemblée autour de Paris pour en finir avec l'Assemblée, qu'il spécule sur le grain en l'accaparant, et que lorsqu'on lui a fait observer que le pain devenait trop cher pour le peuple, il avait répondu : « Si le peuple n'a pas de grain, qu'il mange du foin[1] ».

N'étant pas en sécurité à Paris, il s'installe le 21 juillet 1789 à Viry-Châtillon, chez l'ancien secrétaire d'État de la Marine Gabriel de Sartine. Il est arrêté dans le parc de ce dernier par des paysans et des domestiques.

Malgré son âge de près de soixante-quinze ans, il est conduit à Paris, pieds nus avec la bouche bourrée de foin. Comme il fait chaud, on lui donne à boire du vinaigre poivré et on lui essuie le visage avec des orties.

Conduit à l'Hôtel de ville de Paris au matin du 22 juillet 1789, il est ensuite pendu à un réverbère dans la rue de la Verrerie, en présence de son gendre Berthier de Sauvigny, pendu place de Grève plus tard dans la journée. La corde entourant le cou de Joseph Foullon ayant cassé, on le décapite. Sa tête fut portée en triomphe avec une poignée de foin dans la bouche.

Selon les mémoires de Madame Campan, son cœur fut porté au Palais Royal par des femmes « au milieu d'un bouquet d’œillets blancs ».

Notes et référencesModifier

  1. Ou « S’ils ont faim qu'ils broutent de l'herbe ». Toutefois, cette citation n’est pas authentifiée. Voir Jean-Clément Martin, Nouvelle histoire de la Révolution française, Paris, Perrin, 2012, p. 167.

Voir aussiModifier