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Armes des Vaux : à pied d'argent, chef de sable, dessus ung lyon rampant à pied de sable

Jean des Vaux, militaire français, mort en 1593, seigneur des Vaux, de Levaré, du Pin, du Bois-Garnier, de la Cherbonnière.

Sommaire

BiographieModifier

La famille des Vaux est une des plus puissantes familles du duché de Mayenne. Il était, de 1560 à 1590, chef de nom et d'armes d'une des plus vieilles familles de chevalerie du Maine, qui tirait son nom de la terre des Vaux de Champéon et qui, depuis des siècles déjà, avait ajouté à son nom primitif celui de la châtellenie de Lévaré.

Il est le fils de Jean des Vaux, aussi seigneur de Lévaré, lieutenant du roi au pays du Maine, et tué à la bataille de Pavie en 1525. Sa mère est Marie de Couasnon.

Il est exempté en 1554 de l'arrière-ban à cause des services qu'il rendait au roi dans la province du Maine. Il obtint aussi le 16 décembre 1562 son élargissement de la Conciergerie de Paris, où il était retenu pour un procès pendant en parlement avec Guillaume de Mégaudais, sa présence estant très nécessaire au Maine pour empescher les incursions des volleurs et saccageurs, mesme à présent que le commun bruit est que le camp des séditieux et rebelles va en Normandie et au bas pays du Maine.

Charles IX le nomma, par lettres le 17 novembre 1567, gouverneur et lieutenant général des villes et baronnies des châteaux de Mayenne, Ernée, Pontmain, Lassay, Ambrières, Villaines, Gorron, et des autres places dépendantes de l'élection de Mayenne.

Il fit lever aux Huguenots le siège de Lassay, 1571[1], et après avoir defait leur chef, il les chassa de cette province. En récompense de ses services, spécialement de la levée du siège de Lassay, le roi le nomma chevalier de l'ordre de Saint-Michel le 27 avril 1571[2],[3],[4],[5]

Gentilhomme de la chambre du roi Henri III par nomination du 24 avril 1578. Henri III lui écrivit le 17 mars 1582 que connoissant l'affection qu'il lui portoit et au soulagement de son peuple, il lui feroit un service très agréable d'assembler ceux de ses amis qu'il pourrait, pour aller trouver ensemble le seigneur de Vassé, et luy aider à defaire les gens de guerre levés sans commission qui oppressoient les peuples du pays du Perche.

Il commandait en Bretagne une compagnie de cent chevau-légers, sous les ordres du princes de Dombes, le 19 juillet 1590, et recevait mission de tenir garnison à Quintin, menacé par les Ligueurs. Sa signature est accompagnée de signes singuliers et cabalistiques.

Notes et référencesModifier

  1. La ville de Lassay fut prise sur les Huguenots au mois de juin 1569 par Jacques II de Goyon de Matignon, après deux jours de canonade. M. le Marquis de Beauchêne dans son Essai historique ne parle pas du retour qu'auraient fait les protestants contre cette petite place, ni du siège qu'ils auraient tenté pour la reprendre.
  2. LETTRE DU ROY CHARLE 9 A MR DE LEVARE LUI ENVOIANT LE COLLIER DE L’ORDRE DE ST MICHEL
    Monsieur de Levaré, pour les vertus, vaillance, et mérites que vous avez toujours fait paroistre ès endroits ou vous avez esté emploïé par moy et mes prédécesseurs Roys, et en plusieurs batailles, mesme du bon et fidelle devoir que vous avez apliqué en la charge et commission, que vous avez euë de moy comme Lieutenant général au gouvernement de mon bas pays du Mayne, où je scay que vous vous estes si bien et vigilement comporté qu'il est impossible de mieux, ayant fait lever le siege de ceux qui s'estoient elevez ès seconds troubles avenus en mon Royaume, devant la ville et chasteau de Lassay3, et depuis deffait ledit chef des rebelles, et chassé hors dudit pays, tellement qu'il en seroit demeuré libre ; pour cette occasion vous avez esté choisy et eleu en l'assemblée des chevaliers, frères et compagnons de l'ordre Mr st Michel, pour estre associé en ladite compagnie. Pour laquelle election vous notifier, et presenter de ma part le collier de mon ordre, si vous l'avez agréable, j'envoie présentement memoire et instruction, par un chevalier de mon dit ordre, vous priant Mondit sieur de Levaré, le recevoir de luy suivant ce que je luy escris, et estre content d'accepter l'honneur que la compagnie vous désire faire, qui sera pour augmenter de plus en plus l'affection et bonne volonté que je vous porte, et vous donner occasion de persévérer en la dévotion que vous avez de me faire service, ainsi que vous fera plus à plein entendre de ma part ledit sr de Chasteauneuf, auquel je vous prie, sur ce, d'adjouter autant de foy que vous feriez. pour moy mesme, priant Dieu, Monsieur de Lévaré, que Dieu vous veille avoir en sa saincte et digne garde. Escrit à Paris le 21 iour d'apvril 1571. Signé : Charles, Scellé et soubsigné.
  3. LETTRE A MONSIEUR DE CHATEAUNEUF
    Monsieur de Chasteauneuf, pour plusieurs bonnes et grandes considérations à ce nous mouvants, le sr de Lévaré a esté esleu et choisi en l'assemblée des chevaliers de mon ordre estants auprès de moy pour entrer et estre associé en la compagnie dudit ordre, et, pour autant qu'estes par de là, il a semblé à la compagnie, que le meilleur estoit, luy faire bailler le collier par vous ; j'en ay fait dresser un mémoire et instruction de la forme que vous aurez à y garder, que je vous envoie, vous priant à cette cause, Mr de Chasteauneuf, luy bailler ou faire tenir les lettres que je lui escris, la part qu'il sera, et s'i a ladite élection agréable, comme je m'en assure, faites-luy sçavoir le lieu auquel vous vous trouverez ensemble, pour cet effect, et suivant ledict mémoire et instruction lui baillerez le collier dudit ordre, que je vous envoie, avec les cérémonies accoutumées à plein y déclarées, retirant de luy l'acte de l'acceptation d'icelluy, pour après me l'envoyer, et vous ferez en cela chose qui me soit agréable, suppliant le Créateur, Monsieur de Chasteauneuf, vous tenir en sa saincte et digne garde. Escrit à Paris le 21 iour d'auvril 1571. Signé Charles.
  4. MEMOIRE POUR LA CEREMONIE
    Monsieur de Chasteauneuf, chevalier de l'ordre du Roy, envoira au sr Levaré la lettre que le Roy luy escrit, par laquelle il sçaura que pour ses vertus et mérites il a esté éleu et choisy par iceluy Seigneur Souverain et les autres chevaliers de l'ordre M. St Michel estants auprès de luy, pour y estre associé, et s'il accepte ladite élection qu'il luy fasse sçavoir où il se pourront trouver ensemble. Luy arrivé là, luy fera entendre et déclarera plus amplement ladite élection, et ce qui a meu ledit Seigneur souverain et autres chevaliers dudit ordre l'appeler en icelle compagnie, a esté la renommée de ses grands et vertueux mérites et vaillance, esquels ladite compagnie espère qu'il persévèrera, et les augmentera à l'honneur de l'ordre et sa plus grande recommandation et louange. Cela fait iront ensemble à la plus prochaine église, et après avoir ouy la messe, se mettra ledit sr de Lévaré à genoux devant ledit sr de Chasteauneuf et la promettra et jurera en ses mains par sa foy et serment et sur son honneur, la main touchant la ste Évangile de Dieu, ainsi qu'il s'ensuit : Vous jurez Dieu, vostre Créateur, et sur la part que vous prétendez en paradis, qu'à vostre loyal pouvoir vous aiderez à garder, soustenir et deffandre les hautesses et droicts de la couronne et majesté Royalle, et l'Autheur et souverain de l'ordre et ses successeurs souverains tant que vous vivrez et ferez d'iceluy comme de tout vostre pouvoir, vous vous emploierez a maintenir ledit ordre, estat et honneur, et mettrez peine à l'augmenter sans le souffrir déchoir et amoindrir tant que vous pourez y remédier, et pourvoir. S'il advenoit, que Dieu ne veille, qu'en vous fust trouvée aucune faute, parquoy selon les coustumes de l'ordre en fussiez privé, sommé et requis rendre le collier, vous en ce cas le renvoirez audit Souverain ou au Trésorier dudit ordre sans jamais après ladite sommation porter ledit collier, et toutes peines, punitions et corrections qui, pour autre ou moindre cas, vous pouroient estre enjoinctes et ordonnées, vous porterez et souffrirez patiamment sans avoir peine et porter à l'occasion desdites choses haine, malveillance, ne rancune envers lesdits souverain, frères, compagnons, et officiers dudit ordre, et de votre loyal pouvoir accomplirez touts les statuts, poincts, articles et ordonnances dudit ordre, et le promettez et jurez en espécial tout ainsi que si et sur chacun poinct en aviez fait serment. Ce fait, iceluy sr de Chasteauneuf prendra le collier dudit ordre, et le mettra autour du col dudit sr de Lévaré, en lui disant : L'ordre vous reçoit en son aimable compagnie et en signe de ce vous donne le présent collier. Dieu veille que longuement vous le puissiez porter en sa louange et service, exaltation de la Sainte Église, accroissement et honneur de l'ordre, et de vos mérites, et bonne renommée, au nom du Père, et du Fils, et du Benoist St Esprit. À quoi ledit sr de Levaré répondra : — Dieu m'en donne la grâce. — Après le baisera en signe d'amour perpetuelle. Retirera ledit sr de Chasteauneuf un acte de son acceptation dudit ordre signée de son seing et scellée de son scel de la teneur dont luy est envoyé le mémoire, et le renvoira après au Roy, souverain dudit ordre. Fait à Paris, le 21 d'avril 1571. Signé Charles.
  5. Le comte de Beauchêne dans l'article déjà cité, et d'après les preuves de noblesse fournies par un des descendants de Jean des Vaux, donne une analyse très sommaire de ces trois lettres. Les dates sont un peu différentes, mais l'abbé Angot indique que la sienne, 27 avril, est meilleure que celle de cette copie parce qu'elle concorde avec celle qui est donnée par la notice du Cabinet des Titres. La copie des lettres que nous reproduisons ici complètement a été prise au XVIIe siècle par un membre de la famille sur un autre « qu'a Monsieur de la Brossinière », dit notre transcripteur.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

SourceModifier