Jean d'Arcy (télévision)

Jean d'Arcy est un homme de médias français, né le à (Versailles et mort le à Paris[1].

Jean d'Arcy
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Biographie
Naissance
Décès
(à 69 ans)
Paris
Activité
Directeur des programmesVoir et modifier les données sur Wikidata

Il a été directeur des programmes de la télévision française (1952-1959), puis directeur des moyens audiovisuels de l'ONU (1961-1971).

BiographieModifier

Jean d'Arcy se fait connaître en 1950, en prenant l'initiative de lancer des programmes communs avec d'autres pays européens notamment. Il devient directeur des programmes à la Radiodiffusion-télévision française de à . Avec l'accession du général de Gaulle au pouvoir en 1958, ce dernier place à la tête des programmes de la RTF, Albert Ollivier, membre du mouvement gaulliste et ami du ministre de la Culture de l'époque, André Malraux.

En 1953, Jean d'Arcy propose la création d'une émission littéraire : Lectures pour tous qui va être présentée par Pierre Dumayet, Pierre Desgraupes et Max-Pol Fouchet.

En 1954, dans la continuité de ses échanges télévisuels avec les autres diffuseurs européens de service public, il contribue à la création de l'Eurovision.

Il est estimé de ses pairs à l'époque et reste un modèle pour les professionnels de la communication.

Jean d'Arcy à la tête de la télévision française est en quête d'idées pour de nouvelles émissions autres que des adaptations. En 1956, avec le responsable des émissions dramatiques André Franck, il suscite l'implantation du modèle britannique de la « dramatique d'actualités » et suscite la rencontre entre l'écrivain Marcel Moussy et le réalisateur Marcel Bluwal, qui va permettre le lancement, en 1957, de la série Si c'était vous[2].

Stellio Lorenzi propose une série historique. Il contacte André Castelot et Alain Decaux, porteurs d'une émission de radio : La Tribune de l'Histoire.

En 1958, il crée la série Dimanche en France une émission de trente minutes, diffusée sur l'unique chaîne nationale le dimanche à 12 h 30, qui est confiée à tour de rôle aux directions régionales de Marseille, Lyon, Strasbourg et Lille. Cette série est supprimée en 1962.

En 1959, Jean d'Arcy propose à Denise Glaser d'animer une émission d’information sur le disque. C’est ainsi que naît Discorama.

En 1969, Jean d'Arcy anticipe la création du réseau internet lors d'une interview dans l'émission Eurêka[3].

À partir de l'éclatement de l'ORTF le , il préside jusqu'à sa mort la Commission d'homologation des réalisateurs de télévision.

En 1980, Jean d'Arcy participe avec d'autres pionniers de la télévision, Henri de France, Wladimir Porché, Pierre Sabbagh et Pierre Tchernia, à la création du Comité d'histoire de la télévision (CHTV). Des historiens participeront également à ce comité, notamment René Rémond, Jean-Noël Jeanneney et Alain Decaux.

Après sa mort survenue en 1983, Hervé Bourges crée une « bourse Jean d'Arcy » remise par France Télévisions aux étudiants en journalisme ayant terminé leur cursus universitaire et réussi deux épreuves de sélection. Les lauréats reçoivent en plus un contrat de travail de six mois avec une chaîne de la télévision publique.

En mai 2010, se tient à l'université de Nancy, un colloque consacré à ce penseur de la communication : « Son œuvre est centrée sur l’être humain, communiquant, agissant et évoluant au sein d’une sphère planétaire. C’est à cette personnalité qui a laissé une empreinte profonde sur le fonctionnement audiovisuel français que ce colloque s’intéressera »[4].

Jean d'Arcy a été un défenseur du droit à l’information et de la diversité culturelle. Pierre Tchernia a dit de lui : « En , quand Jean d’Arcy nous tomba du ciel, le Père Noël était en avance. »[5].

Jean d'Arcy était franc-maçon[6].

BibliographieModifier

  • Jean d'Arcy parle (recueil, par François Cazenave, d'articles et d'entretiens), La Documentation Française - INA, 1984
  • Sylvie Pierre, Jean d'Arcy, penseur et stratège de la télévision", Paris, Éditions INA, collection médias histoire, 2012.
  • Sylvie Pierre (dir), La télévision, le temps des constructeurs. Jean d'Arcy, pensée et stratégies d'un père fondateur, Paris, Éditions INA/l'Harmattan, 2011.
  • Sylvie Pierre, Jean d'Arcy, une ambition pour la télévision (1913-1983), Paris, Éditions L'Harmattan, 2003.
  • Levy Marie-Françoise(dir), La télévision dans la République. Les années cinquante, Bruxelles, Paris, Éditions Complexe, 2000.
  • Levy Marie-Françoise (en codirection avec Évelyne Cohen), La télévision des Trente Glorieuses. Culture et politique, Paris, Éditions du CNRS, 2007.
  • Levy Marie-Françoise, Sicard Marie-Noëlle, Les lucarnes de l’Europe, Paris, Publications de la Sorbonne, 2008.
  • Levy Marie-Françoise, Jean d'Arcy, penser la communication au 20e siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2008.'
  • Lochard Guy, « Penser autrement l’histoire de la communication télévisuelle », l’Année sociologique, 51, no 2, 2001.
  • Mattelart Armand, « Qui contrôle les concepts ? », Le Monde diplomatique, .

RéférencesModifier

  1. Notice de la BnF
  2. Gilles Delavaud, « "Un art de la réalité. Les premières fictions de "télé-vérité" ou la télévision par excellence" », MEI, n°16,‎ , p. 75-94
  3. (fr) "Internet, l'anticipation" sur ina.fr}
  4. « Colloque "La télévision, le temps des constructeurs. Jean d’Arcy : pensée et stratégies d’un père fondateur", 19 et 20 mai 2010, Université Nancy 2. », sur histoiredesmedias.com (consulté le 20 novembre 2020)
  5. Sylvie Pierre, Jean d'Arcy, une ambition pour la télévision (1913-1983), Paris, L'Harmattan, coll. « Mouvement des Savoirs », , 257 p. (ISBN 9782747549837), p. 23
  6. « Wikiwix's cache », sur archive.wikiwix.com (consulté le 13 février 2019)

Article connexeModifier

Liens externesModifier