Jean Sanitas

poète et journaliste français
Jean Sanitas
Alias
Sani, Jean Sani
Naissance
Clermont-Ferrand
Décès
La Goutelle (Puy-de-Dôme)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement résistant, communiste, humaniste

Œuvres principales

Jean Sanitas, né à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) le [1] et mort le à La Goutelle (Puy-de-Dôme), est un résistant, écrivain, poète, essayiste, journaliste, grand reporter et auteur de bande dessinée français Il est décoré de la Légion d'honneur.

BiographieModifier

Jean Sanitas naît dans une famille de 4 enfants dont il est le second. Il a deux frères, André et Robert, et une sœur, Monique.

Son père et son frère André sont morts en déportation[2]'[3] durant la Seconde Guerre mondiale. Sa femme s’appelle Marcelle. Jean Sanitas a une tendresse particulière pour les chats, il en recueille souvent, SDF rôdant autour de sa maison.[réf. souhaitée].

Jean Sanitas est connu des amateurs de BD sous le pseudonyme de Sani ou de Jean Sani.

Jean Sanitas est décoré de la Légion d'honneur le lundi 21 octobre 2013 par M. Jean-Yves Gouttebel, en présence de nombreux élus régionaux et locaux, d'amis des milieux culturel, artistique et de la presse régionale.

Le 5 août 2014, le quotidien L'Humanité, où il fut grand reporter (ainsi qu'à L'Humanité dimanche), consacre un article entier à Jean et Marcelle Sanitas. L'article Jean et Marcelle Sanitas, la mitraillette et la ronéo au service de la liberté[4] retrace leur combat de résistants et dépeint leur vision de la Libération.

Auvergne, pays de Jean SanitasModifier

Jean Sanitas est né le 6 novembre 1927, Rue d'Allagnat, près de la place de Jaude où se dressent les statues de Vercingétorix et de Desaix, deux hommes de fort tempérament qui lui serviront de référence pour ses engagements ultérieurs. Commençant sa carrière journalistique dans cette ville, après la guerre, dans plusieurs journaux locaux, il "montera" très vite à Paris pour travailler dans plusieurs grands journaux nationaux avant de devenir Grand reporter. Il fera ainsi plusieurs fois le tour de la planète, visitant maints pays, ce qui lui permettra de dénoncer sans concession les turpitudes des dirigeants locaux, la perversion des puissants et de l'argent, mais aussi le courage et la dignité des humbles, exploités parfois jusqu'à l'esclavage pour le profit des multinationales ou des roitelets locaux, se dressant pour conquérir leur liberté, au prix de leurs vies souvent. La retraite arrivée, Jean Sanitas vit désormais en Auvergne, dans un village des Combrailles où il se consacre encore et toujours à des activités culturelles ou mémorielles, animant des débats sur la guerre de 39/45, initiant des salons d'arts plastiques au sein d'une association qu'il préside depuis une vingtaine d'années.

Enfance, début de la RésistanceModifier

C'est du sang de combattant et de résistant qui coule dans les veines des Sanitas, plus courageux les uns que les autres. C'est lors de la guerre de 39/45 qu'il vivra pleinement ses engagements militants, qui marqueront pour toujours sa vie d'homme, après avoir fait basculer son adolescence.

Sa mère, cachait les armes dans une trappe du plafond de la cuisine et c'est à l'âge de 14 ans qu'il transporte sa 1re valise d'armes, collectées par son père, avec l'audace de sa jeunesse. Dans le même temps, Jean Sanitas organise un groupe de jeunes résistants au sein du groupe scolaire Jean Macé à Clermont-Ferrand avec ses camarades de classe. Ils entreprennent alors de "résister" à leur façon : refus de participer au lever des couleurs devant les représentants du Maréchal, inscriptions sur les murs de la ville : "Vive la France! À bas les boches!". Refus d'apprendre l'allemand, imposé par les forces d'occupation et expulsion de la classe du professeur. Distribution de tracts dans la ville, à pied ou à vélo et jusque devant le siège de la Gestapo, à Chamalières, vol du fusil d'un soldat allemand.

Mais c'est sur dénonciation, en avril 44, que son père, son frère André et lui sont arrêtés et conduits au siège de la Gestapo où ils subiront maints sévices : coups de pied et de poing, nerf de bœuf, supplice de la baignoire, brûlures de cigarettes... C'est lors d'un transfert, dans Clermont-Ferrand, vers une destination inconnue, que Jean s'évade à la suite d'une bousculade à l'avant de la file; il est le dernier et à l'angle d'une rue, il se retourne, plus personne derrière lui, les SS sont devant en train de mater les fauteurs de trouble. Il décide alors de saisir sa chance et prend la rue adjacente d'un pas le plus tranquille qu'il peut. Personne ne le suit. Il se met à courir . "Je n'ai jamais couru aussi vite de toute ma vie", dira-t-il plus tard dans le premier livre qu'il écrira sur cette période . C'est tout essoufflé qu'il arrivera chez lui. Il dira à sa mère qu'il vient d'être relâché. Ce mensonge le hantera longtemps, se demandant ce que les SS auront fait subir à son père et à son frère . Ce n'est qu'à la fin de la guerre qu'il apprendra la mort de son frère André, 20 ans, par étouffement, dans le wagon qui l'emmenait en juillet 44, entre Compiègne et Dachau. Quant à son père Marcel, il mourut au camp de Neuengamme.

Journaliste et grand reporterModifier

C'est en 1956, que Jean Sanitas quitte son Auvergne natale pour rejoindre la capitale française. Il entre alors chez Vaillant, célèbre périodique français. Il s'occupe alors de Bob Mallard avec Francisco Hidalgo, puis avec André Chéret. À partir de 1962, et jusqu'en 1964, il reprend le Lynx blanc (qui devient La Patrouille de la Jungle) toujours pour le journal Vaillant. Aux côtés de Mario Cubbino, il adapte la série télévisée Destination Danger (série télévisée) en 1964. Cette même année, il écrit des scénarios de Group-Group, personnage inventé par Ramon Monzon. Entre 1965 et 1969, il réalise les scénarios de Zor et Plouf, pour Jacques Kamb. En 1966, il écrit Djinga Jungle chez l'éditeur OZ pour le dessinateur Julio Schiaffino. De 1969 à 1970, il publie Késako dans le Journal de Tintin aux côtés du dessinateur Roger Mas (dessinateur).

ŒuvreModifier

  • Une nouvelle aventure de Bob Mallard (4 albums)
  • Fanfan la Tulipe (2 albums)
  • Fanfan la tulipe (Taupinambour) (11 albums)
  • Gandhi (1 album)
  • Les grands Capitaines (3 albums)
  • Le maraudeur (1 album)
  • Le meilleur de Pif (1 album)
  • Pif Parade Aventure (2 albums)
  • Zor et Mlouf contre 333 (4 albums)
  • Albéric Barbier (1 numéro dans le n°1725 de Spirou)
  • Lénine en octobre, Dargaud, 1982 (dessins de Parras, présentation de Louis Aragon) (ISBN 2-205-02234-2)
  • La bataille de Neretva - Tito, Dargaud
  • Le Birobidjan, une terre juive en URSS (1989)
  • Le sang et le sida (1995)
  • Pour que demain soit plus humain (1995)
  • Tribulations d'un résistant auvergnat ordinaire 7e compagnie (1997)
  • La grande colère de big-beef-bill taureau auvergnat (2000)
  • Le petit soldat de Clermont-Ferrand prêtre ouvrier ou militaire (2001)
  • Des terroristes auvergnats qui savaient se battre et mourir (2001)
  • Histoires de rire (2002)
  • Maquis dans les Combrailles des résistants un monument (2002)
  • Le Burgonde et le Kalamiteumifreu (2003)
  • Deux roses blanches pour un noir (2004)
  • Mémoires de survivants des camps de la mort nazis (2005)
  • Je devais le dire (2007)
  • Ma contrefaçon de le dire (2010)
  • Le Roman de l'homme à la valise (2014)

RéférencesModifier

  1. Centre France, « Décès du résistant auvergnat Jean Sanitas : une vie d'engagement » (consulté le 9 août 2016)
  2. Fiche de l'auteur sur Editions-harmattan.fr
  3. Richard Dujon, Éric Panthou, notice « Joseph Sanitas », Le Maitron en ligne
  4. « Jean et Marcelle Sanitas, la mitraillette et la ronéo au service de la liberté », sur L'Humanité, (consulté le 12 juin 2016)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier