Jean Barraband

tapissier à Berlin

Jean I Barraband (« I » pour le distinguer de son fils) * environ 1650 à Nègrepelisse en Languedoc ; † 1709 à Berlin est un réfugié huguenot, propriétaire d’une manufacture de tapisserie à Berlin.

Jean Barraband
Biographie
Naissance
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Activité

BiographieModifier

Origines familiales et jeunesseModifier

Jean I Barraband est né à Nègrepelisse en Languedoc, en 1650 environ. Il grandit probablement à Aubusson. C’est là où son père Ysaak Barraband possède une fabrication de tapisserie, en commun avec son cousin Jean Mercier. Après un apprentissage de tapissier, à la maison, Jean fait un autre apprentissage, chez le peintre et marchand d’art François Garnier, à Paris[1].

Après la révocation de l’Édit de Nantes par Louis XIV, avec l’Édit de Fontainebleau (1685), Jean fuit clandestinement, avec beaucoup d’autres tapissiers d’Aubusson. Ils répondent à une invitation du prince-électeur de Brandebourg adressée à tous les huguenots et Jean arrive en 1686 à Berlin. Il se marie avec une sœur du tapissier Pierre I Mercier. De ce couple sont issus son fils et successeur Jean II Barraband et une fille, mariée avec l’avocat du parlement de Grenoble, Guillaume Serres. Leur fille Guillaumine Henriette (*1711, †1795) plus tard se marie avec le réfugié Jacques Garrigue et devient mère du joaillier Moyse Garrigue (* 1708, † 1750). Dans l’annuaire de la Colonie française de Berlin-Friedrichstadt, daté de , on trouve Jean I Barraband aussi bien que son beau-frère Pierre I Mercier. Jean Barraband meurt à Berlin en 1709.

ActivitésModifier

Tout de suite à l’arrivée à Brandebourg, le réfugié religieux et tapissier Pierre Mercier d’Aubusson, le beau-frère de Jean I Barraband, demande à l'autorité de Brandebourg l’autorisation de créer une manufacture de tapisserie. Le , il reçoit cette autorisation et fonde, en commun avec son beau-frère Jean I Barraband, la manufacture « Mercier et Barraband » [2].

Aubusson, ville d’origine de Barraband et Mercier, est à l'époque célèbre dans toute l’Europe pour ses manufactures de tapisserie. L’origine des tapisseries locales remonte jusqu’au quinzième siècle. Par moments, Aubusson est même fournisseur de la cour royale. À part les deux propriétaires, la manufacture Mercier et Barraband, située dans le château de Monbijou à Berlin, dispose d’un grand nombre de spécialistes, eux aussi réfugiés français. Leurs tapisseries, fabriquées à la main, avec des fils d’or, d’argent, de soie et de laine, servent de décoration dans le château du prince-électeur de Brandebourg, et plus tard, du roi en Prusse. À part son engagement dans la manufacture en commun avec Pierre Mercier, Jean Barraband a une seconde manufacture de tapisserie pour son propre compte. Parmi les chefs-d’œuvre les plus connus de la manufacture se trouvent une série de six tapis, un cadeau de la colonie française à l’électeur François III, leur protecteur. Les tapis racontent les faits d’armes de son père, le prince-électeur de Brandebourg. Ils datent de 1693[3]. Au cours du temps la manufacture « Mercier et Barraband » mérite la fonction d’une manufacture royale de Frédéric Ier, amoureux de l’art.

Après la mort de Jean I Barraband en 1709, son fils Jean II Barraband devient son successeur et partenaire de Pierre Mercier. Jean II Barraband achève la manufacture [4].

BibliographieModifier

  • Dr R. Béringuier, « Arbres généalogiques des membres de la colonie des réfugiés français à Berlin », R. Béringuier, Berlin, 1885
  • Ed. Muret, « L’Histoire de la colonie des réfugiés français en Brandebourg-Prusse », Scherer, Berlin.
  • Rolf Straubel, « Marchands et entrepreneurs de manufactures », Steiner, Stuttgart, 1995
  • Henri Tollin, « La colonie des réfugiés français à Magdebourg », Niemeyer, Halle, 1887.
  • Johannes Fischer, « La colonie des réfugiés français à Magdebourg », Magdeburger Kultur- und Wirtschaftsleben Nr. 22, 1942.
  • Paul Seidel, « La fabrication de tapis à Berlin », dans: Jahrbuch der Königlich Preußischen Kunstsammlungen, Band 12, Heft 3, 1891, S. 137–155.
  • Franziska Windt, Jean II Barraband – Le tapis „Audience chez l’Empereur de Chine“, Stiftung Preußische Schlösser und Gärten Berlin-Brandenburg, Potsdam, 2000.

RéférencesModifier

  1. [1] François Garnier
  2. Franziska Windt, Jean II Barraband – Le tapis : „Audience chez l’Empereur de Chine“, Editeur : Stiftung Preußische Schlösser und Gärten Berlin-Brandenburg, Potsdam, 2000, page 30
  3. Johannes Fischer: Die Französische Kolonie zu Magdeburg, Magdeburger Kultur- und Wirtschaftsleben Nr. 22, 1942, Seiten 150
  4. Franziska Windt, Jean II Barraband – Le tapis „Audience chez l’Empereur de Chine“, Editeur : Stiftung Preußische Schlösser und Gärten Berlin-Brandenburg, Potsdam 2000, page 5

Liens externesModifier

  • [2] Oeuvre d’Art d’Aubusson, VII – Chef d’oeuvre d‘Aubusson
  • [3] Pierre Mercier reçoit l’approbation de tapissier au Court
  • [4] Tapisserie de Barraband, Mercier et Vigne