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Jeff Fillion

animateur de radio de la ville de Québec, Canada
(Redirigé depuis Jean-François Fillion)
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Jeff Fillion
Naissance
Chicoutimi
Médias
Fonction(s) principale(s) Animateur de radio
Radio CHOI-FM, RadioPirate, CHIK-FM

Jean-François Fillion (plus connu sous le nom Jeff Fillion) est un animateur de radio québécois (né le à Chicoutimi)[1].

Il a été l'animateur de l'émission matinale de la station CHOI-FM entre 1996 et 2004, son émission Le monde parallèle de Jeff Fillion devenant la plus écoutée à Québec. Il qui cette station suite à des poursuites civiles pour diffamation, puis lance sa propre émission de radio internet nommée Radio pirate.

Il est embauché par Bell Média et sera sur les ondes de NRJ 98.9 à partir du 3 mars 2014. Il est toutefois congédié en avril 2016 à la suite d'un commentaire controversé et jugé déplacé sur Twitter. CHOI Radio X décide par la suite de donner une autre chance à Jeff Fillion. L'animateur assure la case horaire du midi, à partir du 22 août 2016.

Sommaire

BiographieModifier

Il naît à Chicoutimi, de parents enseignants et avec comme père le député du Bloc québécois Gilbert Fillion[2]. « Jeff » sera éventuellement animateur dans des stations de radio de sa région à la fin des années 1980. Dans sa jeunesse, il se considère comme gauchiste mais va éventuellement se convertir aux idées conservatrices au courant de années 1990 alors qu'il est consultant pour des stations en Floride[3]. À cette époque il est fasciné par la culture populaire et la politique américaine, ainsi que des animateurs provocateurs comme Rush Limbaugh et Howard Stern[4].

Fillion revient au Québec vers 1996 pour travailler à la station CHOI, qui vient d'être achetée par Genex, et pour éventuellement devenir « morning man ». En 2004, son émission matinale Le Monde parallèle de Jeff est au sommet des sondages dans sa case horaire, avec une part d'environ 25% de l'auditoire[5]. C'est d'ailleurs à cette époque qu'il forge et popularise le terme « clique du Plateau » mais aussi que celui de « radio poubelle » apparait dans des médias[6].

En mars 2005, en lien avec l'accumulation de plaintes le visant lui et son employeur, Fillion quitte CHOI. En effet, une douzaine de poursuites, pour plus de 6 millions de dollars, avaient été portées à l'encontre de Jean-François Fillion depuis 1998. Elles avaient toutes été réglées hors cour, sauf l'affaire Chiasson, qui a été déterminante dans sa démise[7]. Il annonce quelques mois plus tard le lancement d'une radio internet payante[8], qui prendra le nom de RadioPirate et qui demeure active. En 2007, le verdict tombe dans l'affaire Chiasson : lui, ses anciens employeur et co-animateurs sont condamnés à payer 260 000$ à Sophie Chiasson[4].

Au printemps 2014 il est embauché par NRJ Québec et revient sur les ondes FM de la vieille capitale[9]. Il est de nouveau congédié en avril 2016, après avoir publié sur Twitter des emojis jugés ironiques en réponse à la mort du jeune fils d'Alexandre Taillefer[10]. Il est néanmoins engagé par CHOI plus tard en 2016. L'émission du midi qu'il anime est diffusée avec un délai de 40 secondes, au cas où l'animateur échapperait des propos problématiques sur le plan légal[4]. Dans le marché de la ville Québec, l'émission Fillion est en 2016 la plus écoutée de sa case horaire, avec une moyenne de 23 600 auditeurs au quart d'heure. En novembre 2018, l'émission est en deuxième position le midi avec 26 000 auditeurs pour le marché central de Québec, mais première dans le marché régional avec 42 600[4],[11].

Historique juridiqueModifier

Démêlés avec le CRTCModifier

La station CHOI-FM a été menacée deux fois d'être chassée des ondes par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), notamment à cause d'accusations de propos offensants et d’attaques personnelles tenus, entre autres, par l’animateur vedette[12],[13].

Entre 2002 et 2004, 41 plaintes ont été déposées au CRTC contre la station, principalement à cause de propos tenus par Jeff Fillion, presque toutes anonymes. Plus de 10 000 lettres d'appui ont été également reçues par ce même organisme, lequel a statué le la fermeture définitive de la station, prévue pour le . Cette décision a soulevé l'ire et les passions d'une partie des auditeurs de la station. Environ 50 000 personnes ont marché dans les rues de la ville de Québec pour protester contre la décision du CRTC. Une pétition d’environ 209 000 noms a été également remise au gouvernement canadien, lors d'un rallye de plus de 8 000 Québécois à Ottawa. La station a également bénéficié du soutien de différents partis politiques canadiens, notamment l'Action démocratique du Québec, le Parti conservateur du Canada et le Nouveau Parti démocratique, ainsi que de différents organismes internationaux voués à la défense de la liberté d'expression, dont Reporters sans frontières et le journal d'affaires britannique The Economist[réf. nécessaire]. À cette occasion, la station CHOI-FM avait organisé une diffusion en plein air, devant le Parlement. La cause a été portée en Cour suprême du Canada, soit la plus haute instance judiciaire au Canada. Le tollé a réussi à prolonger la licence de diffusion de CHOI-FM, qui diffuse toujours sur la bande FM 98,1 dans la région de Québec. Le jugement de la Cour suprême aura un effet sur ce que les Canadiens acceptent de diffuser sur leurs ondes, à l’égard de l’équilibre entre les droits d’exprimer en ondes des opinions controversées et des droits des victimes des attaques verbales publiques.

Condamnation dans l'affaire Sophie ChiassonModifier

À la suite d'un procès en diffamation, Jeff Fillion, la station et ses coanimateurs furent condamnés, le , à verser 340 000 $ (montant qui sera finalement de 300 000 $ au terme de l'appel) en dommages-intérêts à l'animatrice de télévision Sophie Chiasson[14]. Le juge Yves Alain, de la Cour supérieure du Québec, a statué, dans son jugement, que « les propos visant Mme Chiasson sont sexistes, haineux, malicieux, non fondés, blessants et injurieux. Ils portent atteinte à la dignité, à l’honneur et à l’intégrité de l’être humain en général et de Mme Chiasson en particulier. » On avait entre autres affirmé que le cerveau de madame Chiasson était inversement proportionnel à la grosseur de ses seins et on avait aussi sous entendu qu'elle s'était servi de ses charmes pour obtenir certains emplois dans les médias. Le montant donné à Sophie Chiasson est bien au-delà de la jurisprudence qui avait jusqu'à ce jour été respectée pour ce genre de causes et où les montants n'avaient jamais dépassé 50 000 $.

Dans la foulée de cette controverse, le matin du , lors de son émission Le monde parallèle de Jeff Fillion, Jean-François Fillion quitta son poste d'animateur. Le président de Genex Communications et propriétaire de CHOI-FM, Patrice Demers, affirma, en conférence de presse, que : « Il [Jeff Fillion] n'avait pas le goût de faire de la radio dans le contexte que nous et la société lui imposions ».

Condamnation dans l'affaire de l'ADISQModifier

Le 26 juin 2007, Genex, Patrice Demers et Jeff Fillion sont condamnés à payer 593 000 $ à l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), Solange Drouin, Lyette Bouchard et Jacques K. Primeau. Il questionne la crédibilité de l'ADISQ, le copinage dans l'industrie de la musique et accuse l'ADISQ d'être une mafia où c'est toujours un même groupe d'amis qui se retrouve à sa tête. Il est particulièrement dur à l'endroit de Solange Drouin qu'il traite entre autres de « vache » et de « plotte »[15] Cette cause, malgré le montant élevé accordé, fait peu parler puisqu'elle tombe en plein été et en début de vacances. Il faut aussi noter que Genex était assurée contre les poursuites à l'époque des propos litigieux et ce sera donc la compagnie d'assurances qui paiera la peine.[réf. nécessaire]

Condamnation dans l'affaire Pierre JobinModifier

M. Fillion a été condamné à verser 150 000 $ au journaliste et présentateur Pierre Jobin de TVA Nouvelles pour l'avoir qualifié, directement ou indirectement, de « niaiseux », de « vendeur d'assurances », de « mange-merde », de « brain washé », de « sac de merde », d'un gars « qui passe bien à la télé, mais ça s'arrête là » ou de « bel écœurant qui n'a pas de couilles » et qui était incapable de faire preuve de sympathie envers les victimes du réseau de prostitution juvénile mis au jour dans la foulée de l'enquête Scorpion menée, à l'époque, par la police de Québec[16],[17].

Conflit avec GenexModifier

Le , Genex ordonne la saisie[18] des actifs de son ancien animateur. Les huissiers gèlent les actifs financiers de la compagnie appartenant à Jeff Fillion ainsi que ses actifs bancaires personnels et sa caisse de retraite[19]. Genex réclame 90 000 $ à son ancien animateur pour récupérer une partie de l'argent qu'elle a perdu dans une poursuite intentée contre elle et Fillion.

Radio sur Internet et par satelliteModifier

Le , soit un an exactement après son départ de CHOI-FM, Jean-François Fillion prit le micro sur une webradio baptisée RadioPirate, de 7 à 11 heures du matin. Il compte cette fois utiliser les nouveaux médias, webradio et podcast, pour partager ses opinions. Son émission est également diffusée, depuis le , sur la radio satellite XM, canal 172. En août 2011, la nouvelle direction de XM met fin au contrat de Fillion. L'animateur annonce qu'il poursuivra la diffusion de son émission uniquement sur Internet[20]. Il a continué d'animer sur internet même après son embauche à NRJ puis CHOI. Depuis octobre 2018, un chroniqueur du nom de Carl Samson dit le el peta la cenna fait son apparition dans le show de Jeff soit le mardi et vendredi uniquement dans la version de Radio Pirate.

PolitiqueModifier

En juin 2009, Fillion a indiqué qu'il se porterait candidat à la mairie de Québec[21] lors des élections municipales du 1er novembre. Sa candidature a été confirmée le jeudi 1er octobre 2009[22]. L'animateur juge inacceptable que le maire sortant, Régis Labeaume, n'ait aucune opposition à cette élection, à la suite du retrait de celui qui était considéré comme son principal rival, Alain Loubier. Fillion obtiendra 8,5 % des votes, ce qui le placera en deuxième position derrière Labeaume à 79,9 % lors de cette élection.

RéférencesModifier

  1. [1] sur myvirtualpaper.com, hebdo le réveil
  2. « Gilbert Fillion n'est plus », sur ICI Radio-Canada (consulté le 22 décembre 2018)
  3. (en) Clifford Krauss, « Bad Mouth or Free Mouth, He Ruffles Genteel Airwaves », sur The New York Times, (consulté le 21 décembre 2018)
  4. a b c et d (en) Dan Bilefsky, « Quebec’s ‘Trash Radio’ Host Fires Up Outrage, and Big Ratings », sur The New York Times, (consulté le 21 décembre 2018)
  5. « CHOI-FM bannie des ondes », sur Le Devoir (consulté le 21 décembre 2018)
  6. Marie-Renée Grondin, « Y a-t-il un lien de causalité entre «la clique du plateau» et «les radios poubelles»? », sur Le Journal de Québec (consulté le 16 décembre 2018)
  7. « CHOI-FM: Jeff Fillion quitte les ondes », sur Ici Radio-Canada (consulté le 21 décembre 2018)
  8. « Jean-François Fillion sévira sur Internet », sur Le Devoir (consulté le 21 décembre 2018)
  9. Pierre O. Nadeau, « Jeff Fillion sur les ondes de NRJ », sur Le Journal de Québec (consulté le 21 décembre 2018)
  10. « Jeff Fillion congédié par Bell Média », sur ICI Radio-Canada (consulté le 21 décembre 2018)
  11. « Sondages Numeris: Radio-Canada et CHOI grands gagnants à Québec », sur Le Soleil, (consulté le 22 décembre 2018)
  12. Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications, Décision de la radiodiffusion CRTC2004-271, Ottawa, 13 juillet 2004, consulté le 12 mars 2007.
  13. Dutrisac, Robert, CHOI-FM bannie des ondes, Le Devoir, Montréal, 14 juillet 2004, consulté le 12 mars 2007.
  14. Alain, Yves, Jugement sur requête introductive d'instance en dommages et intérêts pour atteinte à la réputation et à la vie privée - Sophie Chiasson, Demanderesse c. Jean-François Fillion et Genex Communications Inc.(CHOI-FM) et Patrice Demers et Denis Gravel et Yves Landry et Marie Saint-Laurent, 11 avril 2005, Cour supérieure du Québec, Québec. Jugement retrouvé sur Jugements.qc.ca, consulté le 23 janvier 2006.
  15. Jean-Guy Dubois, « Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo c. Genex Communications inc. » « (http://www.jugements.qc.ca/php/decision.php?liste=26599642&doc=5406465B540D1E00) »
  16. [2]
  17. [3]
  18. Genex fait saisir les actifs de Jeff Fillion, La Presse Affaires, . Consulté le .
  19. Saisie chez Jeff Fillion, Radio-Canada, . Consulté le .
  20. Pierre-Olivier Fortin, « L'animateur de radio Jeff Fillion perd son micro sur XM », Le Soleil, Québec,‎ (lire en ligne)
  21. Jeff Fillion se lance dans la course à la mairie, Pierre-André Normandin, Le Soleil, 24 juin 2009.
  22. Liste des candidats à la mairie de Québec

Voir aussiModifier