Ouvrir le menu principal
James E. Davis
Biographie
Naissance
Décès
Activité

James Edgar Davis, né en 1889 et mort le , est un officier de police américain qui exerça comme chef du département de police de Los Angeles (LAPD) de 1926 à 1929, et de 1933 à 1939.

Pendant son premier mandat, Davis plaça l'accent sur la formation de ses agents, aux armes à feu. Sous Davis, le LAPD s'appuya sur la force brute pour imposer l'ordre public. Il s'impliqua également dans la lutte contre la corruption qui gangrenait ses services.

CarrièreModifier

Premier mandatModifier

James E. Davis se fit un nom dans le département, comme responsable de la brigade des mœurs durant la Prohibition. Sa première initiative fut de créer une «escouade armée» composée de 50 policiers. Il déclara publiquement que "Les bandits et les trafiquants de rhum apprendront que le meurtre et les règlements de compte sont les plus hostiles à leur intérêt". Davis déclara que le LAPD «tiendrait» un tribunal dans les rues de Los Angeles: "Je veux qu'ils soient amenés morts, pas vivants et réprimander tout officier qui montre la moindre pitié envers un criminel." Il gagna rapidement le surnom de "Two-Gun Davis."

Les principales «cibles» de Davis étaient les pourvoyeurs de vice, les radicaux et les vagabonds. Davis était un partisan de l'utilisation de la radio dans le travail de la police. En 1929, il ordonna à son personnel d'expérimenter son utilisation. Cependant, c'est son successeur, Roy E. Steckel, qui opta pour son installation dans les véhicules de patrouille.

Davis fut impliqué dans le scandale entourant les meurtres de Wineville, une série d'enlèvements et de meurtres de jeunes garçons survenus dans la ville de Los Angeles et dans le comté de Riverside en Californie entre 1926 et 1928..

Deuxième mandatModifier

Après avoir été remplacé par Roy E. Steckel, Davis effectua un second mandat de 1933 à 1939. Il acquit une réputation de réformiste. Il renvoya 245 policiers pour inconduite au cours des quatre premières années de son second mandat. Cependant, Davis dut servir l'un des maires les plus corrompus de l'histoire de Los Angeles, Frank L. Shaw , qui avait été élu malgré l'opposition de la famille Chandler, des conservateurs qui possédaient le puissant journal, Los Angeles Times.

Pour s'attirer les faveurs des Chandler, Shaw nomma Davis. Chandler était farouchement contre les revendications syndicales et Davis pouvait fournir des troupes afin de décourager les mouvements de grève. Dans ce cadre, Davis forma une "escouade rouge" afin «d'enquêter et de contrôler les activités radicales, les grèves et les émeutes». Le positionnement de Davis se résumait ainsi: " Plus les policiers les battent et détruisent leur quartier général, mieux ce sera, les communistes n'ont pas de droits constitutionnels et je n'écouterai personne qui les défend. ".

Le maire Shaw nomma son directeur de campagne, James «Sunny Jimmy» Bolger, au poste de secrétaire de Davis, afin de garder le contrôle. Toutefois, sous Davis, le LAPD s'embourba dans la corruption, devenant des agents actifs du vice. Pendant plusieurs mois, en 1936, Davis envoya le LAPD à la frontière entre la Californie et l'Arizona pour tenter d'arrêter le flux de migrants. Ces migrants étaient communément appelés « Okies », du nom des premiers migrants qui ont fui l'Oklahoma après que l'état ait été ravagé par le Dust Bowl.

RéformesModifier

En 1933, Davis transforma l'aire de tir et les installations connexes du Los Angeles Police Revolver and Athletic Club (LAPRAAC) à Elysian Park en un véritable centre d'entraînement pour les recrues. De 1935 à 1995, toutes les recrues furent formées à Elysian Field, avant que le nouveau centre de formation des recrues ne fut ouvert à Westchester. Les installations d'Elysian, héritage du chef Davis, continuèrent d'être utilisées pour la formation continue. Les règles et règlements de la nouvelle Académie de police furent rédigés par le lieutenant William H. Parker, qui allait devenir chef de la police en 1950.

Parker rédigea des réformes de la fonction publique adoptées dans la charte de la ville, conçue pour protéger le chef et le personnel de police contre l'ingérence politique. L'amendement 14-A de la Charte, qui a été adopté en avril 1937, a modifié l'article 1999 de la Charte afin que le chef de police ne puisse être révoqué sans une audience devant le Conseil des commissaires de L.A.

Lutte contre le crimeModifier

Pendant le deuxième mandat de Davis, le gangster, Bugsy Siegel arriva à Los Angeles, mandaté par le Syndicat du Crime pour mettre la Californie du Sud sous son contrôle. Pour épauler Siegel, Mickey Cohen vint également à Los Angeles. Siegel prit rapidement le contrôle des opérations dans la région, ce qui le mit en porte-à-faux avec les racketteurs locaux , en particulier Jack Dragna et Guy McAfee..

En 1938, McAfee et ses autres associés déménagèrent leurs opérations à Las Vegas, ouvrant la voie à Siegel et à ses partenaires de la côte Est. Après l'assassinat de Siegel en juin 1947, Cohen fut sacré chef des opérations du syndicat national dans le Sud-Ouest - un mouvement qui déclencha une guerre des gangs à Los Angeles.

La corruption au sein du service, prospéra. Le successeur de Davis, Clemence B. Horrall, prit sa retraite le 28 juin 1949, au milieu d'un vaste scandale qui éclata lorsque le sergent Charles Stoker témoigna que la mère maquerelle d'Hollywood, Brenda Allen, avait versé une indemnité de protection à des officiers supérieurs du LAPD qui relevaient directement du chef.

Cas de corruptionModifier

En 1937, le restaurateur Clifford Clinton, un homme d'affaires qui dirigeait une chaîne de restaurants de style fast food, se fit nommer au sein du grand jury du comté de Los Angeles. Clinton exigea une enquête sur le vice qui gangrenait Los Angeles, ce qui fut refusé par le responsable du grand jury. Irrité, il alla voir le maire Shaw, qui approuva un comité indépendant, le CIVIC (Citizens Independent Vice Investigating Committee) malgré les objections de Davis.

Politicien corrompu, Shaw regretta sa décision. CIVIC et ses citoyens volontaires découvrirent que le vice sévissait à Los Angeles. Les profits de 600 maisons closes, de 1 800 opérations de bookmaker, de 23 000 machines à sous et la prostitution étaient utilisés pour financer des élections politiques, et le LAPD travaillait main dans la main avec la pègre. Le grand jury rejeta le rapport du CIVIC et après avoir demandé l'avis du juge Fletcher Bowron de la Cour supérieure, le CIVIC publia un rapport minoritaire qui ne fut publié qu'après l'intervention de Bowron.

A la suite de cela, Clinton fut harcelé par les fonctionnaires de la ville, qui augmentèrent ses taxes et lui refusèrent une licence pour ouvrir de nouvelles cafétérias, tandis que le Los Angeles Times lança des attaques personnelles à son encontre ainsi que contre sa chaîne de restaurants. Puis sa maison fut bombardée, probablement par des membres de l'escouade des renseignements secrets du LAPD. L'escouade mit également sur écoute la maison de Clinton, ainsi que la maison du juge Bowron et d'autres membres du mouvement de réforme.

Un deuxième événement fit tomber Shaw. L'enquêteur Harry Raymond, un ancien policier qui travaillait comme enquêteur privé et qui enquêtait sur l'administration de Shaw, survécut à un attentat à la voiture piégée, le 14 janvier 1937. Le capitaine Earl Kynette du LAPD, commandita l'attentat. Le LAPD et le Los Angeles Times, qui était de connivence avec le district attorney, déclarèrent que l'attentat était un coup de publicité organisé par Clinton et Raymond, mais des témoins témoignèrent que la police avait surveillé la maison de Clinton. Sept membres de l'équipe de renseignement refusèrent de témoigner devant le grand jury, faisant valoir leur droit de ne pas s'incriminer. Kynette fut plus tard reconnu coupable de l'attentat.

Le district attorney Fitts et Davis entamèrent une enquête sommaire qui conduisit le directeur de la Chambre de Commerce de Los Angeles, à envoyer une lettre au sénateur américain Hiram Johnson, qui qualifia Fitts de psychopathe. Le tollé suscité par le public amena le maire Shaw à être destitué par les électeurs en 1938 et le juge Bowron fut élu maire.

Davis témoigna au procès du capitaine Kynette. Il révéla que le LAPD menait une vaste opération de renseignement visant non seulement les réformateurs, mais aussi les politiciens, les juges et même un agent fédéral enquêtant sur la corruption à San Francisco. Davis fut démis de ses fonctions par le maire Bowron, qui ensuite licencia de nombreux officiers supérieurs.

DécésModifier

Davis fut victime d'un accident vasculaire cérébral dans son ranch du Montana, en 1949.