Jacques Mathias

avocat et homme politique français

Jacques Mathias, né le , est un avocat et homme politique français. Il joua un rôle éminent dans la ville de Chalon-sur-Saône, de la Révolution à la Restauration.

Jacques Mathias
Biographie
Naissance
Décès
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Activités
Armoiries Mathias-Jarriand.jpg
blason

Origines et familleModifier

Né à Chalon-sur-Saône, Jacques est le fils de Jacques-Jean Mathias, notaire royal et procureur au présidial, et de Jeanne Rosier. De son mariage avec Denise Bouzereau, il a entre autres une fille, Marie-Pierrette, née le , dont le mari, Joseph de Chatonru-Boisgarnier, acquit en 1815 le château de Chevregny, et un fils, François, né le , qui fut un jurisconsulte distingué[1].

Fonctions et rôlesModifier

Jacques Mathias est aujourd'hui considéré comme l'un des fondateurs de la république à Chalon[2].

Il occupe à la fin du XVIIIe siècle les postes de premier échevin de la ville de Chalon-sur-Saône (1788), de maire provisoire de Chalon-sur-Saône à la démission du maire perpétuel Brunet de Maison-Rouge (), de député du Tiers-Etat pour le bailliage de cette ville (). Il participe notamment à la rédaction des cahiers du Tiers-Etat.

Il fut également institué, en 1783, juge conservateur du fief du canal de Charollais.

Par son sang-froid et sa vision stratégique, Mathias réussit à maintenir l'ordre social, après la démission du maire de Chalon, et parvint notamment à éviter un affrontement sanglant entre les gardes nationaux et les habitants de Chalon d'une part, et l'armée royale d'autre part[3].

Titre et ArmoiriesModifier

 
Blason de la famille Jarriand reçues par Jacques Mathias en 1814.

Le , Jacques Mathias est anobli par lettres patentes du roi Louis XVIII qui lui octroient titres de noblesse et qualité d'écuyer. Les lettres patentes précisent que la noblesse nouvellement acquise est transmissible par la descendance mâle et femelle. Les armoiries se lisent : "De gueule à la bande d'argent, avec une croix d'or en chef et un lion rampant d'or en point, au chef d'azur chargé de trois besants d'or, le tout timbré d'un casque d'écuyer taré de profil orné de ses lambrequins"[4].

L'histoire et la tradition racontent que ces lettres de noblesse constituent une récompense à la fidélité de Mathias au roi Louis XVIII face à l'empereur déchu Napoléon. Transmissibles par le ventre et la famille Mathias étant éteinte, c'est par un jeu d'alliances que la famille Jarriand porte ces armoiries depuis le XIXe siècle.

Honneurs et postéritéModifier

Le nom de Mathias est très connu à Chalon. C’est en 1878 que le Conseil municipal attribue à l’ancienne « levée de la prairie » le nom d’ " Avenue Mathias". En 1885, sur le plan cadastral, la place Mathias est indiquée et en 1967, le nouveau lycée prend le nom de lycée Mathias puisqu'il ouvre sur la place homonyme.

La décision de la Municipalité date du , et est ainsi inscrite sur le registre des délibérations :

« Avenue Mathias : en l’honneur de Jean-Jacques Mathias, Conseiller à la Cour d’Appel de Paris, a fait don de sa bibliothèque au Barreau de la Ville de Chalon où il est né et d’une rente annuelle de 75 F destinée à acheter des Prix aux élèves du Collège. »[3]

RéférencesModifier

  1. P. Montarlot, Les députés de Saône-&-Loire aux Assemblées de la 1789-1799, Autun, imprimerie et librairie Dejussieu, (lire en ligne), p. 156-157-158
  2. « Les Grands Fondateurs de la République à Chalon sur Saône », sur openagenda.com, (consulté en )
  3. a et b Pierre Lévêque, Histoire de Chalon-sur-Saône, Dijon, Universitaires De Dijon Eds, coll. « Art & Patrimoine », , 316 p. (ISBN 2-915552-37-1, lire en ligne), p. 146
  4. Le Vicomte A. Révérend, Les familles titrées et anoblies au XIXe siècle : titres, anoblissements et pairies de la Restauration, 1814-1830, Paris, imprimerie française et orientale E. Bertrand, , 466 p. (lire en ligne), p. 82

Liens connexesModifier