Jacques Balthazart

biologiste belge

Jacques Balthazart, né le à Liège, est un biologiste belge.

Jacques Balthazart
Jacques Balthazart.jpg
Jacques Balthazart.
Biographie
Naissance
(71 ans)
Liège
Nom de naissance
Balthazart
Nationalité
Formation
Activités

Spécialisé en neuroendocrinologie du comportement, il est actuellement directeur émérite d'un groupe de recherche dans ce domaine au GIGA Neurosciences de l'université de Liège (ULiège).

Il a publié en 2010 l'ouvrage Biologie de l'homosexualité. On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être, qui a relancé le débat sur la question de l'inné ou de l'acquis de l'homosexualité[1].

BiographieModifier

Jacques Balthazart obtient une licence de zoologie de l'université de Liège en et obtient son doctorat en sciences zoologique en 1977. Il réalise ensuite une année de stage post-doctoral à l'université Rutgers à Newark (New Jersey) où il travaille sur la tourterelle rieuse sous la direction du professeur Mei Fang Cheng et Harvey Feder[2],[3]. Il est Adjunct Faculty à l'université Rockefeller de New York en 1987-1989[4]. De retour à Liège en , il travaille sur la caille japonaise puis, plus tard, sur le canari et le diamant mandarin, dans le cadre de travaux de recherche sur le contrôle du chant et de la plasticité nerveuse associée chez les passereaux[3].

CarrièreModifier

Depuis son doctorat, il a organisé et développé un groupe de recherches en neuroendocrinologie du comportement à l'université de Liège, où il travaille depuis 1979.

Il est co-éditeur en chef de la revue Frontiers in Neuroendocrinology et l'un des trois éditeurs en chef de la Oxford Series in Behavioral Neuroendocrinology[5]. Il est membre du comité de rédaction des revues Hormones and Behavior[6] (Elsevier), Acta Ethologica[7] (Springer), Ethology Ecology and Evolution et le Belgian Journal of Zoology[8].

Il est Honorary Fellow de l’American Ornithologists' Union. Il est un membre actif de plusieurs sociétés scientifiques incluant la Society for Neuroscience, la Society for Behavioral Neuroendocrinology dont il a été président de 2003 à 2005, The Endocrine Society, la Société européenne des Neurosciences, la Society for Animal Behavior.

RecherchesModifier

Les recherches menées par Jacques Balthazart et son groupe abordent différents sujets de neuroendocrinologie du comportement, mais se concentrent principalement sur la différenciation sexuelle du cerveau et du comportement et sur le rôle de l'aromatase cérébrale (œstrogène synthase) dans l'activation du comportement sexuel mâle[9]. Il travaille notamment sur les changements rapides de l'activité de l'aromatase cérébrale et les actions rapides des œstrogènes sur le comportement sexuel[10], la grande plasticité dépendant des stéroïdes observée dans le cerveau des oiseaux chanteurs[11] ou encore le rôle de l'olfaction dans le contrôle de la reproduction chez les oiseaux[12].

Il a publié en 2010 Biologie de l'homosexualité. On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être résumant les connaissances actuelles sur les mécanismes biologiques contrôlant l'orientation sexuelle chez les animaux et les humains. L’ouvrage va à l'encontre des psychanalystes ou encore des théologiens qui soutiennent que l’orientation sexuelle résulte essentiellement de l’éducation et de l’environnement, Balthazart estimant que l’homosexualité innée est la théorie « la plus plausible »[13] et qu'elle dépendrait d'influences prénatales de trois types : principalement hormonales, mais aussi génétiques et peut-être immunologiques. Il mentionne qu'il n'existe aucune preuve formelle que l'homosexualité humaine soit conditionnée par le milieu hormonal auquel est exposé l'embryon, mais qu'il y aurait des éléments concordants en faveur de cette explication[14]. Jacques Balthazart pense que son ouvrage devrait favoriser l'acceptation de l'homosexualité : « Si l'homosexualité n'est pas un vice ou une perversion, et quelque part même pas un choix, il n'y a aucune raison de persécuter les homosexuels »[1].

En 2019 paraît son livre Quand le cerveau devient masculin.

PublicationsModifier

  • (en) avec G. F. Ball, Brain aromatase, estrogens and behavior, New York USA, Oxford University Press, , p. 530.
  • (en) avec C.G. Scanes, Aspects of Avian Endocrinology : Practical and Theoretical Implications, vol. 26, Texas Tech, Univ, Grad. Studies, , p. 411.
  • (en) avec E. Prove, Hormones and Behavior in Higher Vertebrates, Berlin, Springer Verlag, , p. 489.
  • (en) avec R. Gilles, « Neurobiology, Current Comparative Approaches », Proceedings in Life Sciences, Berlin, Springer,‎ , p. 415.
  • (en) « Molecular and Cellular Basis of Social Behavior in Vertebrates », Advances in Comparative and Environmental Physiology, Berlin, Springer Verlag, vol. 3,‎ , p. 356.
  • (en) « Sexual differentiation, neuroanatomical aspects, neurotransmitters and neuropeptides », dans Hormones, Brain and Behavior in Vertebrates, vol. 8, Karger, , p. 226.
  • (en) « Behavioral activation in males and females-Social interactions and reproductive endocrinology », dans Hormones, Brain and Behavior in Vertebrates, vol. 9, Karger, , p. 223.
  • (en) avec J.P. Signoret, « Hormones, Brain, and Behaviour », Psychoneuroendocrinology, Tours, France, vol. 19, nos 5/7,‎ 24-27 août 1993, p. 403-721.
  • (en) avec G.C. Panzica, « Proceedings of the Vth International conference on Hormones, Brain and Behavior », Brain Research Bulletin, Turin, Italie, vol. 44, no 4,‎ , p. 319-558.

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Homosexualité innée ou acquise ? Un chercheur relance le débat », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2018)
  2. (en) « Jacques Balthazart* & the Liège research group in Behavioral Neuroendocrinology », sur bioneuro.ulg.ac.be (consulté le 6 décembre 2017)
  3. a et b « Jacques Balthazart », sur reflexions.uliege.be (consulté le 6 décembre 2017)
  4. « Curriculum Vitae | Jacques Balthazart* & the Liège research group in Behavioral Neuroendocrinology », sur www.bioneuro.ulg.ac.be (consulté le 12 février 2018)
  5. (en) « Oxford Series in Behavioral Neuroendocrinology - Oxford University Press », sur global.oup.com (consulté le 12 février 2018)
  6. Hormones and Behavior (lire en ligne)
  7. (en) « acta ethologica », sur Springer (consulté le 29 janvier 2020)
  8. « The Belgian Journal of Zoology - affordable open access | The Royal Belgian Society for Zoology », sur rbzs.myspecies.info (consulté le 29 janvier 2020)
  9. l-homosexualite-est-elle-biologique?
  10. « Reflexions - Identification », sur www.reflexions.uliege.be (consulté le 29 janvier 2020)
  11. « L’œstradiol, une hormone sexuelle à deux vitesses », sur www.reflexions.uliege.be (consulté le 29 janvier 2020)
  12. « Reflexions - Identification », sur www.reflexions.uliege.be (consulté le 29 janvier 2020)
  13. « Livre : « On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être » », L'Obs,‎ publié le 10 février 2010 (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2018)
  14. Philippe Lambert, « Livre: Biologie de l'homosexualité. On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être », sur Le Cercle Psy, le magazine de toutes les psychologies (consulté le 29 janvier 2020)

Liens externesModifier