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Jacques-Augustin-Catherine Pajou

peintre français
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Jacques-Augustin-Catherine Pajou
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 62 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Lieu de travail
Père
Œuvres principales

Jacques-Augustin-Catherine Pajou est un peintre français né à Paris le [1] et mort en son domicile 20, rue Saint-Dominique le .

BiographieModifier

Fils du sculpteur Augustin Pajou, Jacques Pajou est baptisé le mercredi en la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, à Paris. On ne sait rien de son enfance. À l'âge de 15 ans, le , il est un des témoins au mariage de sa sœur Catherine-Flore avec le sculpteur Claude Michel dit Clodion.

En 1784, il est élève de l'Académie royale de peinture et de sculpture ; il tente à quatre reprises de remporter le Prix de Rome de peinture, en vain, bien qu'il soit admis à concourir à chaque fois après les épreuves éliminatoires. Une lettre de Girodet à François Gérard éclaire sur ces échecs : « Pourquoi donc Pajou s'est-il encore retiré ayant des espérances ? » (ce qui sous-entend que Pajou n'aurait pas participé aux épreuves finales sans que les raisons soient connues).

En 1792, l'artiste s'engage pour défendre la patrie dans la Compagnie des Arts de Paris aux côtés du capitaine Jacques Lemercier (sculpteur), du sous-lieutenant Jean-Baptiste Francesqui (sculpteur, connu sous le nom de Franceschi-Delonne), du sous-officier Louis-François Lejeune (peintre), mais aussi du futur économiste Jean-Baptiste Say. Aux armées, près de Sedan, il correspond avec son ami François Gérard. La compagnie sera amalgamée dans la 9e bataillon bis de volontaires de Paris également appelé bataillon de l'Arsenal. Ces lettres, publiées une deuxième fois en 1997, témoignent de la mentalité d'un conscrit, flambant d'enthousiasme au début, puis las de ces campagnes : « Il faudra bien rester ici parce que je ne veux pas me déshonorer aux yeux de mes concitoyens, si toutefois mon physique peut supporter les maux que nous allons souffrir... »[2]

Démobilisé, il participe à la création de la Commune générale des arts, institution remplaçant l'Académie royale de peinture et de sculpture, il en sera un des secrétaires sous la présidence du peintre Joseph-Marie Vien. Le 17 juillet 1795, il se marie avec Marie-Marguerite Thibault (1764-1827) ; son ami François Gérard est son témoin. Sous l'Empire, il reçoit la commande du portrait du Maréchal Berthier, toujours conservé à Versailles, et il réalise en 1812 un tableau représentant la Clémence de Napoléon envers Mademoiselle de Saint-Simon, pour cette évocation d'un acte politique envers les royalistes français en Espagne, Pajou reçoit la médaille d'or. Par son inventaire après décès, en 1828, nous apprenons qu'elle pesait 141 grammes et qu'elle fut prisée 439[3]francs.

En 1811, à l'instigation de François-Guillaume Ménageot qui connaissait la situation précaire du sculpteur David d'Angers, Jacques Pajou écrit une lettre au maire d'Angers[4] en demandant une aide matérielle pour cet Angevin. Ce document[5] que l'on a longtemps cru signé d'Augustin Pajou est en fait signé Pajou peintre d'histoire[6]. L'aide est accordée et elle est considérée comme essentielle [7] pour la réussite professionnelle du sculpteur.

En 1814, il peint trois tableaux qui célèbrent le retour des Bourbons : Tête d'étude représentant la Paix avec les attributs de l'Abondance, Composition allégorique sur la régénération opérée en France par le retour du souverain légitime, Le Retour de Louis XVIII, tableau allégorique. Cette dernière œuvre est exposée au Salon de 1814[8]. En 1823, il démissionne de l'association Les Enfants d'Apollon en raison de son état de santé ; il est en effet « cruellement tourmenté depuis une année par un tremblement continuel »[9].

Il meurt en 1828 et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Son fils Augustin-Désiré Pajou est lui aussi peintre.

ŒuvresModifier

 
Détail d'un portrait du Maréchal Berthier
  • 1788, La Mort de Géta dans les bras de sa mère par ordre de Caracalla son frère, Salon de 1791, n° 29, signé et daté 1788, tableau provenant du château de la Frémoire à Vertou (vendu 360 000 francs en 1992, déposé à la Staatsgalerie de Stuttgart, un dessin préparatoire est conservé à Cambridge, Fitzwilliam Museum, donné par le peintre britannique Sir Frank Brangwyn en 1943)
  • 1789 Le Christ guérissant la belle-mère de Pierre, Paris, Chapelle de l'Hôpital de la Salpêtrière.
  • 1793, Le Départ de Régulus pour Carthage, Salon de 1793, n° 388 bis, Paris, musée du Louvre, don, en 1964, de Mesdames Solvay et Petit-Collot en souvenir de leur mère Madame Thérèse Vaillant.
  •  
    Portrait de Louis-Joseph Jay en 1798
    1798. Portrait de Louis-Joseph Jay, huile sur toile. Coll. musée de Grenoble (inv. MG 192)
  • Louis Jérôme Gohier 1802 (ou 1805), Madame Gohier 1805, Paris, Musée Carnavalet, cette paire de portraits fut acquis en 1902.
  • 1803, Portrait de Frédéric-César de la Harpe, Lausanne, musée historique.
  • Vers 1802, Portrait de Famille, Paris, musée du Louvre, don des Amis du Louvre en 2014[10].
  • 1812, La Clémence de Napoléon envers Mlle de Saint-Simon, exposé au Salon de 1812, n° 692 n'est plus localisé de nos jours, la composition est connue par une gravure au trait publiée par Charles Paul Landon dans les Annales du musée, 1812. Parmi les officiers auprès de Napoléon on reconnait Roustam Raza, et aussi un cavalier polonais. Ce tableau fut commenté par le critique René-Jean Durdent : Galerie des peintres français du Salon de 1812, p. 68: D'autres encore font preuve de talens héréditaires: M. Pajou a peint, dans un grand tableau, le trait de clémence de S. M. l'Empereur et Roi envers M. de Saint-Simon. L'ordonnance en est belle, et plusieurs figures ont beaucoup d'expression.
  • 1814, Portrait de deux sœurs, Mesdemoiselles Duval[11], filles de l'auteur dramatique Alexandre Duval, provenance: Hortense Berthoulat née Sintôt, directrice des Cantines de l'Union des Femmes de France, chevalier de la Légion d'Honneur, sa vente le 11 février 1942, Paris, Hôtel Drouot, n° 21, planche II. Ce tableau retrouvé en Allemagne, après 1945, fut attribué au Louvre par l'Office des Biens Privés.
  • 1818, La Consécration de sainte Geneviève, Paris, église Saint-Germain-l'Auxerrois, Salon de 1819.
  • 1819, Portrait de Jules Belin de Launay et de sa sœur aînée, dessin, 56,4 par 42,2. Selon une inscription les fleurs en médaillons sont de « Magni d'après Bessa » (musée Magnin, Dijon).
 
La Clémence de Napoléon envers Mlle de Saint-Simon

Catherine-Flore PajouModifier

La sœur de Jacques Augustin Catherine Pajou se marie avec le sculpteur Clodion, bien plus âgé qu'elle. Cette union n'est pas heureuse et se termine par un divorce. De Montpellier, chez son ami Riban, où il se rend en l'an III, Augustin Pajou écrit à son fils[12] : « Ce bon captif t'embrasse, ainsi que ta sœur qui ne mérite guère cette marque de ton amitié par sa négligence. Je n'en dit pas d'avantages sur cet article, car une rame de papier ne suffiroit pas pour décrire toutes les plintes que nous avons à faire contre elle, et si elle à un consciance, elle doit sentir que nous avons grandement raison. »

En 1795, elle se remarie avec Pierre-Louis Martin dit Saint-Martin[13] (1753-1819). Ce personnage fut portraituré par Philippe-Auguste Hennequin, œuvre cataloguée par Jérémie Benoit, n° P.47 de son catalogue. Flore Pajou divorce un seconde fois en l'an X. Elle meurt le au 30, rue de l'Odéon, à Paris.

Notes et référencesModifier

  1. Baptisé le même jour à Saint-Germain-l'Auxerrois, cf. Herluisson, Actes d'état-civil d'artistes français, Orléans, 1873.
  2. Lettre à Gérard, écrite à « Douzy près Sedan, ce 12 novembre, l'an Ier de la République ». Pajou mélange ici le calendrier grégorien et le calendrier révolutionnaire ; il fera de même pour dater ses tableaux.
  3. Sa cuisinière était, alors, payée 350 f. par an.
  4. Urbain-Lézin Boreau de la Besnardière.
  5. Conservé à Angers, Archives municipales, cote 2.R.6.
  6. Cf.Patrick Le Nouëne, « Dresser un monument aux sculpteurs, David d'Angers et l'histoire de la statuaire » catalogue d'exposition La Roche-sur-Yon, musée, L'artiste en représentation, 2013, p. 195.
  7. Cf. texte de P. Le Nouënne déjà cité, p. 196 : Les secours que lui avait accordés la ville d'Angers lui permirent de réussir le concours pour le Grand Prix de sculpture en 1811, puis de séjourner plusieurs années à l'Académie de France à Rome.
  8. Le Salon étant resté ouvert jusqu'en 1815, il est possible que Napoléon la vit lors de sa visite avec Vivant-Denon.
  9. Lettre conservée à l'institut national d'histoire de l'art, Paris, cote N° 9926.
  10. Cf. brève du 27 mars 2004 du site La Tribune de l'art.
  11. Le peintre Henri Regnault représentera bien plus tard, en 1866, une de ces demoiselles, sa grand-tante Madame Mazois sur son lit de mort. Tableau conservé au musée d’Orsay, le contraste des deux images est saisissant.
  12. L'orthographe originale de cette lettre est respectée.
  13. Après divers métiers, il finit sa vie à Liège comme conseiller à la Cour d'appel. Amateur d'art et collectionneur, il légua plusieurs tableaux à la ville.

BibliographieModifier

  • Baron Gérard, Lettres autographes adressées au baron François Gérard publiées par le baron Gérard, son neveu, Paris, 1883
  • Philippe Nusbaumer, Jacques-Augustin-Catherine Pajou, peintre d'histoire et de portraits, Le Pecq-sur-Seine, 1997
  • Philippe Nusbaumer, Le Peintre Jacques Pajou, fils du sculpteur. De la difficulté de se faire un prénom, actes du colloque Augustin Pajou et ses contemporains, La Documentation française, pages 559-577, Paris, 1999.
  • (en) « Jacques-Augustin-Catherine Pajou », Extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Index, (ISBN 9780199773787)

Liens externesModifier