Ivan Bohun

Ivan Bohun
Illustration.
Titre
Colonel cosaque
Biographie
Date de décès (à 68 ans)
Lieu de décès Novhorod-Siversky, Hetmanat cosaque (Ukraine actuelle)
Religion Chrétien orthodoxe russe

Ivan Bohun, en ukrainien Іван Богун, mort en 1664, est un colonel cosaque ukrainien[1]. Camarade et ami de Bohdan Khmelnytsky, il s'oppose à la fois aux pactes avec la république des deux-nations de Pologne-Lituanie (traité d'Hadziacz de 1658) et avec le tsarat de Russie (traité de Pereyaslav de 1654)[2].

BiographieModifier

Bohun est né dans une famille de la noblesse ruthène. Il a pris part à l'insurrection de Khmelnytsky contre la domination polonaise en Ukraine. En , il fut élu colonel des troupes de Bracław et prit part à la bataille de Berestechko contre les troupes polonaises dirigées par le roi Jean II Casimir, que les Cosaques perdirent. Survivant à la défaite, il rassemble ses forces et, en , participe à la bataille de Batih. Cette foisi-ci, les cosaques réussissent ; le commandant polonais Marcin Kalinowski est tué et le futur hetman Stefan Czarniecki a failli s'échapper de sa vie. La défaite polonaise est complète et permet aux forces cosaques de lancer une offensive victorieuse et ainsi de contrôler efficacement de grandes parties de l'Ukraine.

Jusqu'en 1657, Ivan Bohun mena également ses forces dans des escarmouches mineures contre les forces polonaises, notamment à Bratslav et Uman. Il combattit aussi contre les tatars de Crimée qui avaient changé de camp à la suite du traité de Zboriv de 1649. Ces derniers étaient initialement alliés aux Cosaques mais soutenaient la république des deux-nations plus tard.

Dès le début Bohun s'est opposé au traité de Pereïaslav de 1654. Après la Bataille de Konotop, Ivan Bohun a mené un soulèvement armé pro-russe contre son ancien allié Ivan Vyhovsky près de Konotop et a défait son armée à l'automne 1659.

Après avoir été capturé par les Polonais en 1663, Bohun s'est vu offrir la liberté en échange d'une participation à une nouvelle campagne militaire contre le tsarat de Russie. Pendant la retraite après le désastreux siège de Hlukhiv, Bohun est fusillé par un peloton d'exécution pour avoir transmis des informations militaires importantes à la garnison russe assiégée.

Culture populaireModifier

  • La figure d'Ivan Bohun sert également de symbole national ukrainien. Sous l'URSS le colonel cosaque est ainsi devenu une figure adoptée pour promouvoir l'indépendance de l'Ukraine vis-à-vis de Moscou[3]. Il est également utilisé de nos jours par le gouvernement ukrainien. Le lycée militaire de Kiev porte son nom. En , le président ukrainien Petro Porochenko fait au cours d'une allocution à l'école militaire en question, référence à Ivan Bohun comme un modèle à suivre[4].

BibliographieModifier

Ouvrages

  • Y. Kachura, Ivan Bohun, Kiev 1972.  

Références

  1. (en) Nicholas V. Feodoroff, History of the Cossacks, New-York, Nova Publishers, , 159 p. (ISBN 1-56072-716-0, lire en ligne)
  2. (en) Alexander Basilevsky, Early Ukraine : A Military and Social History to the Mid–19th Century, Jefferson, North Carolina, McFarland & Company, (ISBN 978-0-7864-9714-0, lire en ligne), p. 291
  3. (en) Harun Yilmaz, National Identities in Soviet Historiography : The Rise of Nations under Stalin, London/New York, Routledge, coll. « Central Asia research forum series », , 228 p. (ISBN 978-1-315-74587-9, lire en ligne)
  4. (en + uk) « President's speech at the Lesson of Courage in Ivan Bohun military lyceum of Kyiv », sur site officiel du gouvernement d'Ukraine,