Iossif Kheifitz

réalisateur soviétique et russe
Iossif Kheifitz
Description de cette image, également commentée ci-après
Iossif Kheifitz sur un timbre russe de 2005.
Naissance
Minsk
Gouvernement de Minsk
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Nationalité Drapeau de l'Union soviétique Soviétique
Décès (à 89 ans)
Saint-Pétersbourg
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Profession Réalisateur, scénariste
Films notables Le Député de la Baltique (1936)
La Dame au petit chien (1960)

Iossif Iefimovitch Kheifitz (en russe : Иосиф Ефимович Хейфиц ; en biélorusse : Іосіф Яўхімавіч Хейфіц, Iossif Iawkhimavitch Kheïfits), né le à Minsk et mort le à Saint-Pétersbourg, est un scénariste et cinéaste soviétique qui dirigea 32 films entre 1928 et 1989. Membre du Parti communiste à partir de 1945, il fut nommé Artiste du peuple de l'URSS en 1964.

BiographieModifier

Iossif Kheifitz fait ses études à l'Institut du cinéma et de l'audiovisuel de Léningrad (ru). Ensuite il collabore de 1928 à 1950 avec Alexandre Zarkhi et dirige l'association de jeunesse appelée Première Brigade de la mise en scène du Komsomol (Первая комсомольская постановочная бригада) au sein du Sovkino, spécialisée dans les films pour la jeunesse. Sa première production fut un court métrage Chant du métal (Песнь о металле) sorti en 1928, suivi de Vent au visage (Ветер в лицо) en 1930.

À l'Exposition universelle de 1937, il reçoit avec Zarkhi le Grand prix pour le film Le Député de la Baltique (1936). À ce succès, vient s'ajouter le prix Staline en 1941. Le film est également sélectionné pour la Mostra de Venise et y reçoit une médaille de laiton en 1946[1]. La même année, les deux réalisateurs reçoivent leur deuxième prix Staline pour le film La Défaite du Japon (1945)[2].

Les chemins de Kheifitz et Zarkhi se séparent en 1950. Leur dernier film Les Lumières de Bakou (Огни Баку) ne sortira pas sur le grand écran[2].

Kheifitz entreprend de porter à l'écran le roman de Vsevolod Kotchetov Les Jourbines («Журбины»). Le film appelé Une Grande famille sort en 1954 et reçoit le prix d'interprétation collectif au Festival de Cannes en 1955. Il enchaîne avec le film L'Affaire Roumiantsev qui reçoit le Prix de la lutte pour l’homme nouveau au Festival international du film de Karlovy Vary en 1956. Son film Mon être cher (Дорогой мой человек) reçoit le deuxième prix de réalisation au Festival panrusse du cinéma (en) en 1959.

Kheifitz revient à Cannes en 1960 avec La Dame au petit chien, d'après la nouvelle de Tchekhov, qui est récompensé par le Prix de la meilleure participation. Le film recevra également un diplôme spécial au Festival du film de Londres la même année.

L'un de ses derniers grands succès fut la fiction Mariée pour la première fois (Впервые замужем) réalisée en 1979 qui gagne le Grand prix du Festival de Karlovy Vary et le prix spécial du Festival panrusse du cinéma se déroulant à Douchanbé en 1980, et le prix du meilleur film étranger au Festival du film de Londres en 1982.

Kheifitz fut un découvreur de jeunes talents, et permit à ses artistes d'approfondir le caractère de leurs personnages et d'affiner leur personnalité. Il travailla avec Iya Savvina, Oleg Dahl, Anatoli Papanov, Alexeï Batalov, Vladimir Vyssotski, Lioudmilla Maxakova, Ada Rogovtseva, Elena Koreneva (en), Elena Proklova (en), etc.

Son œuvre se caractérise par l'étude subtile de la psychologie de ses personnages et par la grande justesse du moindre détail.

Les dernières années, le réalisateur ne trouve plus sa place dans l'industrie cinématographique. La nouvelle époque qui précède la dislocation de l'URSS le déçoit par le déni des valeurs qu'il a jadis glorifiées. Il dit à ce propos:

« Lorsque devant tes yeux se déroule la vie d'un immense pays, tu te sens comme Goliath ou plutôt, comme Gulliver chez les géants. Aujourd'hui, je me sens transposé chez les Lilliputiens. Il était une fois une grande idée nationale. Peu importe qui l'avait définie et réalisée, ce qui compte c’est qu'elle existait. Maintenant elle n'est plus. Les géants sont morts. Les Lilliputiens ont leur Gulliver. Mais ce n'est pas moi[3]. »

En 1993, on lui remet le prix Nika dans la nomination Honneur et Dignité (Честь и достоинство).

Iossif Kheifitz est inhumé au cimetière de Komarovo près de Saint-Pétersbourg.

Vie privéeModifier

Il est le père du réalisateur Dmitri Svetozarov.

FilmographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Le Député de la Baltique. », sur kinoglaz.fr (consulté le )
  2. a et b Алина Ребель, « Иосиф Хейфиц и уходящая эпоха. », sur jewish.ru,‎ (consulté le )
  3. (ru) Наталия Басина, Зоя Кравчук, « Последний автобус Иосифа Хейфица. », sur rg.ru,‎ (consulté le )

Lien externeModifier

(en) Iossif Kheifitz sur l’Internet Movie Database