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Taux de fécondité

(Redirigé depuis Indice de fécondité)
Pays Pour Fécondité (2018), CIA World Factbook

Le taux de fécondité, appelé aussi indice de fécondité, peut se définir comme le nombre moyen d'enfants par femme. Ce terme se distingue du taux de natalité qui correspond au nombre annuel de naissances divisé par la population totale de cette année.

Le taux de fécondité est un indice statistique permettant de mesurer la tendance d'une population à augmenter ou à diminuer naturellement. Ce taux ou le taux de natalité permettent de calculer la variation naturelle de la population, c'est-à-dire sans tenir compte des flux migratoires, en soustrayant le taux de mortalité. Il s'agit d'une mesure transversale.

Cet indice peut prendre plusieurs formes, qui ont leurs méthodes et leurs intérêts propres : indice de fécondité générale, indicateur conjoncturel de fécondité (ou indice synthétique de fécondité) et indice de descendance finale.

DéfinitionsModifier

Le taux de fécondité est le nombre d'enfants nés vivants dans un groupe, une génération etc., rapporté à la population moyenne de l'année des femmes de ce groupe à un temps donné[1]. L'indice de fécondité est le nombre moyen d'enfant par femme[2].

Taux de fécondité généralModifier

Article détaillé : Taux de fécondité général.

Pour une population et une année données, c'est le rapport entre le nombre de naissances vivantes durant cette année et le nombre de femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) en milieu d'année. Ne nécessitant que la connaissance de ces deux nombres, ce taux a l'avantage de la simplicité. Mais il dépend de la structure par âge de la population féminine. Or la fécondité par âge varie largement à l'intérieur de la tranche 15 – 49 ans. Difficile à interpréter, cet indice n'est guère utilisé. On préfère calculer les taux de fécondité pour chaque âge ou groupe d'âges, opération qui sert au calcul de l'indicateur synthétique de fécondité (ou indicateur conjoncturel de fécondité), qui est aujourd'hui davantage utilisé par les démographes, avec l'indicateur de la descendance finale.

Indicateur conjoncturel (ou synthétique) de féconditéModifier

Il permet de calculer le nombre moyen d'enfants auxquels les mères donneraient le jour si les générations futures avaient le même taux de fécondité par âge que les générations actuelles.
On le calcule en faisant la somme des taux de fécondité pour chaque âge (de 15 à 49 ans), ou en divisant par cinq la somme des taux pour chaque groupe d'ages de cinq ans (15-19, 20-24, ...) établis pour une année donnée[3]. Ce calcul revient à accorder une pondération identique aux différentes classes d'âge, quel que soit leur effectif, ce qui élimine l'effet de structure que constitue la répartition par âge des femmes en âge de procréer. C'est une mesure transversale[réf. nécessaire], c'est-à-dire qu'il mesure la fécondité « du moment » (à ne pas confondre avec la descendance finale). Dans une note méthodologique l'INSEE précise les limites de cet indice[4] "L’indicateur ne mesure pas les comportements d’une génération réelle. Il est probable qu'aucune génération réelle n'aura à chaque âge les taux observés. L’indicateur conjoncturel de fécondité sert donc surtout à caractériser d'une façon synthétique la situation de la fécondité au cours d'une année donnée, sans qu'on puisse en tirer des conclusions certaines sur l'avenir de la population."

En France :

  1. L'Insee a constaté en France (comme ailleurs en Europe et dans le monde) une tendance à un premier accouchement arrivant plus tard dans la vie des femmes (âge moyen : 30 ans en métropole en 2009) ;
  2. Pour cette raison, l'indice conjoncturel de fécondité a subi un apparent ralentissement après 1976 (environ 1,8 enfant par femme) ; Mais quand on intègre dans les modèles une fécondité des femmes déjà mères variant avec l’âge du dernier enfant, et non avec l’âge de la mère, la fécondité est alors estimée à 2,0 enfants par femme (taux proche de la descendance finale des générations).
  3. Cette descendance finale des générations va un peu diminuer pour les générations nées après 1956, mais pourrait se stabiliser aux alentours de 2,0 enfants par femme pour la « génération 1970 », à la suite d'une légère augmentation de la part des femmes qui resteront sans enfant (hausse de l'infécondité, qui pourrait notamment être due à une délétion de la spermatogenèse chez les hommes et à une diminution de la fécondité féminine).
  4. La répartition des femmes selon le nombre d’enfants reste cependant, selon l'Insee, « remarquablement stable depuis vingt-cinq ans : les tailles de famille sont très homogènes, puisque près de deux femmes sur cinq ont exactement deux enfants ». Les naissances sont retardées mais la fécondité est stable[5].
  5. Évolution récente (2005 à 2016) du taux de fécondité par groupe d'âge[6]
    1. L'âge moyen des mères a augmenté de 0,8 ans passant de 29,6 en 2005 à 30,4 en 2015.
    2. Diminution du taux pour les jeunes femmes : 100 femmes de 15 à 24 ans mettaient 3,2 enfant en 2005 et 2,7 en 2015.
    3. Diminution également du taux pour les femmes ayant entre 25 et 29 ans : pour 100 femmes le nombre de naissances passe de 12,8 à 11,9 par an.
    4. À l'inverse le taux augmente pour les trois autres groupes d'âge : pour celui de 30 à 34 ans il passe de 12,3 à 12,9 ; pour les 35-39 ans de 5,7 à 7,9 et pour les 40-50 ans de 0,6 à 0,8.
    5. Au total l'indicateur conjoncturel de fécondité est assez stable, passant, pour 100 femmes, de 193,8 à 196,1.

L'INSEE estime en conséquence que "La fécondité française se maintient à un niveau élevé par rapport aux autres pays européens, même si l'indicateur conjoncturel de fécondité passe sous la barre des 2 enfants par femme. Il s'établit à 1,96 en 2015, retrouvant à peu près son niveau de 2005 ". En 2016, l’indicateur conjoncturel de fécondité diminue à nouveau et s’établit à 1,93 enfant par femme[7]. En 2017, il continue de baisser pour atteindre 1,88 enfant par femme[8]

Descendance finaleModifier

La descendance finale se mesure dans chaque génération : c'est le nombre moyen d'enfants que les femmes de cette génération ont eu à la fin de leur vie féconde, en ne tenant pas compte de leur mortalité. C'est la somme des taux de fécondité par âge d'une génération[9], ce qui, en l'absence d'estimations, nécessite des données collectées pendant 35 ans. Le nombre moyen d'enfants par femme a diminué en France au cours des dernières décennies. En 2013, un document de l'Insee précisait : « le nombre d’enfants par femme, mesuré à la fin de la vie féconde, baisse légèrement, après avoir été stable pendant 15 ans. Une femme née entre 1961 et 1965 a eu en moyenne 1,99 enfant au cours de sa vie, soit un peu moins que les femmes nées entre 1956 et 1960 (2,05 enfants). Les femmes nées entre 1931 et 1935 ont eu en moyenne 2,48 enfants »[10].

Seuil de renouvellement des générationsModifier

Le seuil de renouvellement (ou de remplacement) des générations, c'est-à-dire le nombre moyen d'enfants par femme nécessaire pour que chaque génération en engendre une suivante de même effectif, est au minimum de 2,05 enfants par femme, soit 205 enfants pour 100 femmes, parce que pour 105 garçons il naît 100 filles. Les seuils réels sont supérieurs à ce minimum en raison de la mortalité entre la naissance et l'âge de procréation. Ce seuil varie selon les pays allant d'un peu moins que 2,1 dans les pays développés (2,075 au Royaume-Uni, par exemple) jusqu'à 3,4 dans certains pays en voie de développement pour une moyenne mondiale autour de 2,33[11],[12].

Un pays dont le taux de fécondité se maintient durablement en dessous de ce seuil verra sa population diminuer (en l'absence d'immigration).

 

Indice conjoncturel de fécondité dans le mondeModifier

L'indice de fécondité varie beaucoup selon les différentes régions du monde[13]. Les facteurs généralement associés à une baisse de la fécondité comprennent, entre autres, la richesse, l'éducation des femmes[14],[15],[16], la participation des femmes au travail et l'urbanisation[17].

Région Taux de fécondité
(2018)
Taux de fécondité
(2008)
Afrique subsaharienne 4,9 5,4
Afrique 4,6 4,9
Afrique du Nord 3,3 3,0
Asie centrale 2,9 3,0
Asie de l'Ouest 2,7 3,3
Moyenne mondiale 2,4 2,6
Asie du Sud 2,4 3,0
Asie du Sud-Est 2,3 2,5
Océanie 2,3 2,4
Asie 2,1 2,4
Amérique latine 2,1 2,5
Amérique 2,0 2,3
Amérique du Nord 1,7 2,1
Asie de l'Est 1,7 1,6
Europe 1,6 1,5

Notes et référencesModifier

  1. « Définition - Taux de fécondité / Quotient de fécondité / Quotient de fécondité | Insee », sur www.insee.fr (consulté le 12 octobre 2019)
  2. « Définition : Indice de fécondité | SchoolMouv », sur www.schoolmouv.fr (consulté le 12 octobre 2019)
  3. « L'indicateur conjoncturel de fécondité (ou indice synthétique ou somme des naissances réduites) mesure la fécondité d'une année » selon l'INED
  4. « Sources et méthodes, les indices démographiques », sur INSEE.fr
  5. Laurent Toulemon et Magali Mazuy (2001), Les naissances sont retardées mais la fécondité est stable
  6. « INSEE Bilan démographique 2015 », sur INSEE.fr (consulté le 29 octobre 2016)
  7. Vanessa Bellamy et Catherine Beaumel, division Enquêtes et études démographiques, Insee, « Bilan démographique 2016. À nouveau en baisse, la fécondité atteint 1,93 enfant par femme en 2016 », sur INSEE.fr, (consulté le 11 février 2017)
  8. « Natalité - Fécondité − Tableaux de l'économie française | Insee », sur www.insee.fr (consulté le 29 juillet 2018)
  9. « Descendance finale / Descendance », sur Insee.fr, (consulté le 30 août 2019)
  10. Luc Masson, « Avez-vous eu des enfants ? Si oui, combien ? », sur Insee.fr, (consulté le 30 août 2019)
  11. T. J. Espenshade, J. C. Guzman et C. F. Westoff, « The surprising global variation in replacement fertility », Population Research and Policy Review, vol. 22, nos 5/6,‎ , p. 575 (DOI 10.1023/B:POPU.0000020882.29684.8e)
  12. « INED Remplacement des générations », sur INED.fr (consulté le 31 octobre 2016)
  13. (en)2018 World Population Data Sheet
  14. (en) Elina Pradhan, « Female Education and Childbearing: A Closer Look at the Data », sur Investing in Health, (consulté le 11 mars 2019)
  15. (en) Wolfgang Lutz, Anne Goujon et Endale Kebede, « Stalls in Africa’s fertility decline partly result from disruptions in female education », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 116, no 8,‎ , p. 2891–2896 (ISSN 0027-8424 et 1091-6490, PMID 30718411, DOI 10.1073/pnas.1717288116, lire en ligne, consulté le 11 mars 2019)
  16. (en) John F. May, « The Politics of Family Planning Policies and Programs in sub-Saharan Africa », Population and Development Review, vol. 43, no S1,‎ , p. 308–329 (ISSN 1728-4457, DOI 10.1111/j.1728-4457.2016.00165.x, lire en ligne, consulté le 6 avril 2019)
  17. « Wayback Machine », sur web.archive.org, (consulté le 11 mars 2019)

AnnexesModifier