Homme-machine

La théorie de l'Homme-machine est un postulat éthologique issu du mouvement mécaniste, soulevé par René Descartes.

Page de titre de l'édition originale de L’Homme-machine, ouvrage de Julien Offray de la Mettrie (1747)

Son concept est dérivé de celui d'"animal-machine", énoncé un siècle plus tôt par Descartes.

Il a été initié et développé par le médecin-philosophe libertin Julien Offray de La Mettrie (1709-1751) dans son ouvrage L’Homme-machine, paru en 1747 à Leyde[1].

Ancrage philosophiqueModifier

Dans cet ouvrage, La Mettrie exprime un philosophie ouvertement matérialiste, notamment quand il écrit :

« Qui sait si la raison de l'existence de l'homme ne serait pas dans son existence même ? Peut-être a-t-il été jeté au hasard sur la surface de la Terre [...] semblable à ces champignons qui paraissent d'un jour à l'autre, ou à ces fleurs qui bordent les fossés et couvrent les murailles.[2] »

Selon lui, c'est à tort que « nous imaginons ou plutôt nous supposons une cause supérieure ».

« Concluons donc hardiment que l'homme est une machine et qu'il n'y a dans tout l'Univers qu'une seule substance. Ce n'est point ici une hypothèse [...], l'ouvrage de préjugé ou de ma raison seule. [...] mais [...] le raisonnement le plus vigoureux [...] à la suite d'une multitude d'observations physiques qu'aucun savant ne contestera.[3] »

RéceptionModifier

Selon le philosophe Yves Charles Zarka, le concept homme-machine préfigure à la fois les techniques d'interactions homme-machine, qui se mettent en place à la fin du XXe siècle, et la théorie de l'homme augmenté du transhumanisme[4].

BibliographieModifier

  • Claude Morilhat, La Mettrie, un matérialisme radical, PUF, 1998

Liens internesModifier

Liens externesModifier

NotesModifier

  1. Julien Offray de La Mettrie, L’Homme-machine, 1747. Dernières éditions : Gallimard/Folio, 1999 ; Fayard/Mille et Une nuits, 2000
  2. Julien Offray de La Mettrie, L'Homme-machine, 1747. Réed. Mille et une nuits/Fayard, Paris, 2000, pp. 53-54.
  3. Ibid. p.82
  4. Yves Charles Zarka, De l'homme-machine à la machine post-humaine : La vision machinique du monde, Cités, 2013/3 n° 55, pp. 3-8