Henry Hudson

explorateur anglais

Henry Hudson
Image illustrative de l’article Henry Hudson

Naissance
à Londres
Décès
dans la baie d'Hudson

Découvertes principales Baie d'Hudson, détroit d'Hudson
Hommage Voir les honneurs

Henry Hudson (probablement né le à Londres et mort en 1611) est un explorateur anglais. Il a donné son nom au fleuve Hudson dans l'État de New York, ainsi qu'au détroit d'Hudson et à la baie d'Hudson au Canada.

Carte des voyages d'Hudson en Amérique du Nord

EnfanceModifier

Les premières années de sa vie sont très mal connues, mais sûrement il les passa près de la mer. Il a commencé, à 16 ans, comme mousse et a ensuite gravi un à un les échelons jusqu'à devenir capitaine.

ExplorationsModifier

À la recherche du « passage du Nord-Ouest »Modifier

En 1607, Hudson embarqua sur le Contour II pour rechercher un passage vers l'Asie à travers l'océan Arctique et le pôle Nord, autrement appelé Passage du Nord-Ouest. Le voyage était financé par la Compagnie de Moscovie[1],[2], une des petites sociétés anglaises bénéficiant de chartes royales. En juin, il arriva près de la côte est du Groenland et remonta vers le nord, en établissant des cartes au fur et à mesure de sa progression. Le 20, il mit le cap sur Svalbard, qu'il atteignit le 17 juillet. À cet endroit le navire ne se trouvait qu'à 577 milles marins du pôle, mais il devenait évident que la glace les empêcherait de progresser davantage. Hudson décida de rentrer en Angleterre le 31, et arriva effectivement en septembre.

Sur le chemin du retour, il aurait, selon Thomas Edge[3], découvert l'île qui est maintenant connue sous le nom de Jan Mayen. Mais les sources sur le voyage de Hudson montrent qu'il n'aurait pu croiser au large de Jan Mayen en 1607 qu'au prix d'un curieux détour ; l'historien Wordie[4] relève d'ailleurs que Hudson n'y fait aucune allusion dans son journal. Enfin, aucune carte ne confirme cette découverte[5].

En 1608 il se lança dans une nouvelle tentative, cette fois-ci en longeant le littoral norvégien. Il dut à nouveau rebrousser chemin à cause de la glace, après avoir atteint la Nouvelle-Zemble. Cet endroit avait déjà été exploré auparavant, et cela convainquit la Compagnie Moscovie de ne plus financer d'autres expéditions arctiques.

La création de la Compagnie néerlandaise des Indes orientalesModifier

 
Le Halve Maen (Demi-lune)

Hudson se tourna alors du côté de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Les États généraux étaient intéressés par la découverte de routes maritimes plus rapides en direction de l'est, et armèrent un nouveau vaisseau, le Halve Maen (Demi-lune)[6]. Ils appareillèrent vers le Nord, en mai 1609, mais furent forcés de faire demi-tour avant d'arriver en Nouvelle-Zemble. L'expédition changea alors d'objectif, et traversa l'Atlantique vers l'ouest pour atteindre finalement Terre-Neuve en juillet. Ils passèrent les quatre mois suivants à explorer la côte est Nord-Américaine, dont Staten Island, Manhattan, le Maine et le Cap Cod. Ils n'étaient pas les premiers Européens à décrire ce littoral : Giovanni da Verrazano y était déjà venu[7] en 1524. Arrivé à l'île de Manhattan le 11 septembre, le capitaine remonta le fleuve Hudson[8], qui porte son nom. Les États généraux revendiquèrent ultérieurement ce territoire comme la Nouvelle-Néerlande et y établirent la colonie de La Nouvelle-Amsterdam. On pense que c'est Hudson, lui-même qui donna le nom de Staten Island («Staaten Eyslandt» en néerlandais), en honneur des États généraux.

Après être retourné en Europe en novembre ils accostèrent à Dartmouth, où Hudson fut arrêté pour avoir navigué sous pavillon étranger, non reconnu. À ce moment les États des Pays-Bas étaient toujours en insurrection contre le roi d'Espagne. Il fut relâché après une brève détention.

Le journal de bord du voyage d'Hudson pour le compte de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales a été perdu, mais il est relaté par Johannes de Laet dans son ouvrage de 1625 «Nieuwe Wereldt ofte beschrijvinghe van West-Indien» (Le nouveau monde ou la description des Indes de l'ouest).

Le financement britanniqueModifier

En 1610 Hudson réussit à retrouver les moyens de naviguer sous pavillon anglais. Le financement provenait de la Compagnie Virginia et de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Aux commandes de son nouveau navire, le Discovery, il choisit une route septentrionale (ayant essuyé quelques critiques pour être allé trop au sud avec les Hollandais), et atteignit l'Islande le , puis la pointe sud du Groenland le , qu'il contourna pour continuer vers l'ouest.

L'excitation était à son comble, l'équipage pensant avoir enfin découvert le passage du Nord-Ouest. Le ils atteignirent le détroit d'Hudson à l'extrémité nord du Labrador. En suivant la côte sud du détroit, le navire arriva dans la baie d'Hudson le et continua pendant plusieurs mois à en explorer le littoral oriental. En novembre le Discovery fut pris dans les glaces et son équipage débarqua pour hiverner à terre.

La mutinerie du DiscoveryModifier

 
Peinture de John Collier illustrant Henry Hudson abandonné à lui-même dans une chaloupe lors de la mutinerie du Discovery

Au printemps 1611, Hudson voulait poursuivre l'exploration, mais ses hommes ne songeaient qu'à rentrer au port. Finalement, une mutinerie éclata en . Hudson, son fils John (encore adolescent) et sept autres membres d'équipage (pour la plupart malades) furent abandonnés dans une chaloupe. Personne ne les revit : les campagnes de recherche ultérieures, conduites par Thomas Button en 1612, et Zachariah Gillam en 1668–1670, n'ont abouti à aucune conclusion claire[9],[10]. Une tradition orale, vivace au Canada, affirme qu'ils auraient poursuivi leur périple vers le sud jusqu'à la rivière des Outaouais[10], ce qui est peu plausible. Seuls huit mutins parvinrent à rentrer en vie en Europe, et bien que détenus un temps, aucun ne fut puni pour la mort d'Hudson.

Le journal d'Henry Hudson ne nous est pas parvenu en entier, mutilé probablement par ceux-là qui avaient à se défendre. Après le procès, Samuel Purchas a publié un fragment de son journal suivi d'un plus large discours d'Abacuk Pricket.

PostéritéModifier

Aujourd'hui, le nom de Hudson se retrouve dans la toponymie de New York. Hudson a donné son nom au fleuve qui longe l'ouest de Manhattan. Une rue qui traverse les quartiers de West Village et de Tribeca fut également baptisée en son honneur. Enfin, les noms de très nombreuses institutions publiques new-yorkaises[11] et privées[12] font également référence à Hudson.

On lui doit également dans l'actuel Canada le détroit d'Hudson et la baie d'Hudson. Cette dernière a donné son nom à une célèbre compagnie canadienne, la Compagnie de la Baie d'Hudson.

Notes et référencesModifier

  1. (en) G. M. Asher, Henry Hudson, the navigator: the original document in which his career is recorded, Londres, Hakluyt Society, (OCLC 1083477542), p. 1-22
  2. (en) William M. Conway, No Man's Land: a history of Spitsbergen from its discovery in 1596, Cambridge University Press, (OCLC 665157586), p. 23-30
  3. On lit en effet dans le recueil de voyages de Samuel Purchas que « William (sic) Hudson en 1608 découvrit une île qu'il appela Hudson's Tutches (Touches) à la latitude de 71° N », ce qui correspond à la latitude de l'île Jan Mayen.
  4. J.M. Wordie, « Jan Mayen Island », The Geographical Journal, vol. 59, no 3,‎ , p. 182 : « Ce récit de Thomas Edge est manifestement incorrect. le prénom de Hudson est faux, et l'année à laquelle il aborda au Spitzberg est 1607, non 1608. D'ailleurs, Hudson a lui-même donné un compte-rendu de son voyage et ne mentionne absolument jamais Hudson's Tutches. Il lui aurait été, du reste, à peine possible d'apercevoir Jan Mayen lors de son retour depuis Bear Island jusqu'à l'estuaire de la Tamise. »
  5. (en) L. Hacquebord et S. Skreslet (dir.), Jan Mayen Island in Scientific Focus, Dordrecht, Kluwer Academic, (ISBN 9781402029554), « The Jan Mayen Whaling Industry », p. 229–238.
  6. (en) D. Hunter, Half Moon: Henry Hudson and the voyage that redrew the map of the New World, New York, Bloomsbury Press, (ISBN 9781596916807, lire en ligne), p. 11.
  7. Jacques Cartier, « Le voyage de Giovanni da Verrazzano à la Francesca (1524) », dans Voyages au Canada avec les relations des voyages en Amérique de Gonneville, Verrazzano et Roberval, Paris, La Découverte, (ISBN 2-7071-1227-5)
  8. (en) Robert Juet, « Juet's Journal of Hudson's 1609 Voyage » (sur l'Internet Archive), sur 1609 d'après Brea Barthel, 1625 edition of Purchas His Pilgrimes, , « Juet's Journal of Hudson's 1609 Voyage ».
  9. « Thomas Button Searches for Remains of Henry Hudson » (version du 29 mars 2017 sur l'Internet Archive), sur Trajan Publ. Corp.,
  10. a et b « The Aftermath of Hudson's Voyages and Related Notes », sur Ian Chadwick, (consulté le )
  11. Par exemple la Henry Hudson High School : http://www.education.com/schoolfinder/us/new-york/bronx/j-h-s-125-henry-hudson/
  12. http://www.manta.com/mb_41_ALL_33/new_york?search=hudson

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