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Henry Barrowe (à gauche) et John Greenwood, vitraux de  Église Réformée Unie Emmanuel, à Cambridge.

Henry Barrowe (ou Barrow) (~1550 - 6 avril 1593) était un puritain anglais séparatiste (donc souhaitant quitter l’Église anglicane), exécuté pour cette raison.

BiographieModifier

Henry Barrowe est né vers 1550, dans le Norfolk, d'une famille alliée à celle de Nicolas Bacon, et probablement à celle de John Aylmer, évêque de Londres. Il s'inscrit au collège de Clare College (Cambridge) (alors appelé Clare Hall), à Cambridge, en novembre 1566, et et y obtient une licence (B. A.) en 1569-1570. Par la suite, il mène une "vie de cour" frivole voire licencieuse pendant un certain temps[1]. Il a été membre de Gray's Inn pour les quelques années à partir de 1576, mais n'a jamais été appelé à la barre[2].

En 1580 ou 1581, Barrowe fut profondément marqué par un sermon ; il se retira à la campagne, pour étudier et méditer, ce qui l'amena à adhérer à une forme stricte de puritanisme. Par la suite, il est entré en relation étroite avec John Greenwood, le leader séparatiste, dont il adopte les vues. Il s'associe alors aux "les frères de la Séparation" à Londres et participe à leurs réunions secrètes.

John Greenwood fut emprisonné dans The Clink, une prison de Southwark (aujourd'hui transformée en musée) , et Barrowe revint de sa campagne pour lui rendre visite. Le 19 novembre 1586, il fut arrêté par le geôlier et amené devant l'archevêque John Whitgift[3]. Il insista sur l'illégalité de cette arrestation, refusant de prêter le serment ex officio serment ou de verser une caution, mais il fut finalement écroué à la Prison de Gatehouse. Après près de six mois de détention et plusieurs interrogatoires illégaux devant les hauts-commissaires, lui et Greenwood furent formellement mis en accusation (mai 1587) pour récusance en vertu d'une loi initialement dirigée contre les catholiques. Ils furent condamnés à réunir une forte caution, et à rester dans la Fleet Prison jusqu'à ce que ce soit fait.

Henry Barrowe a été soumis à plusieurs autres interrogatoires, dont une fois devant le Conseil Privé à Whitehall , le 18 mars 1588, à la suite d'une demande de à la Reine. À chacune de ces occasions, il a maintenu le principe de séparatisme, dénonçant le rituel prescrit par l'Église comme "un faux culte," et les évêques comme des oppresseurs et des persécuteurs.

Au cours de ses séjours en prison (vers 1588), Barrowe a engagé des controverses écrites avec Robert Browne, qui était rentré dans l’Église établie et que Barrowe considérait donc comme un parfait renégat. Il a également écrit plusieurs traités pour défendre le séparatisme et du congrégationalisme, dont :

  • Une véritable description de la visibilité de la congrégation des saints (1589)
  • Une simple Réfutation du livre de M. Gifford , intitulée un court traité contre les donatistes d'Angleterre (1590-1591)
  • Une Brève Découverte de la Fausse Église (1590).

D'autres traités furent écrits conjointement avec son co-détenu, Greenwood. Ils furent confiés à des amis pour être envoyés aux Pays-Bas afin d'y être publiés.

En 1590, les évêques avaient déjà dépêché plusieurs pasteurs puritains conformistes pour conférer avec ces polémistes, mais sans effet. En 1592, Greenwood, Barrowe et John Penry obtinrent une libération temporaire et commencèrent à se réunir dans une maison puis formèrent officiellement l'Église indépendante de Southwark[4].

Greenwood et Barrowe furent à nouveau internés à la prison de Clink in 1593[5]. Il fut décidé de les inculper d'avoir "conçu et fait circuler des livres séditieux". En vertu des lois de l'époque, il était dès lors facile d'obtenir une condamnation à la peine capitale, ce qui fut fait le 23 mars 1593. Le lendemain, ils furent conduit sur le lieux de leurs exécution mais un sursis leur fit accordé en dernière minute. Le 31 mars, ils furent à nouveau conduits à la potence, les cordes furent placées autour de leur cou, mais ils eurent un nouveau sursis. Finalement, ils furent pendus à l'aube du 6 avril. Les efforts du ministre des finances Burghley pour les épargner avaient été réduits à néant par l'archevêque John Whitgift et par les évêques.

IdéesModifier

Les opinions de Barrowe étaient assez proches de celles de  Browne, mais il y avait aussi des différences notables entre eux. Tous deux ont défendu le droit et le devoir de l'Église d'effectuer les réformes nécessaires sans attendre la permission du pouvoir civil, et tous deux ont préconisé l'indépendance de chaque paroisse. Mais alors que l'idéal de Browne était d'aller vers une démocratie spirituelle, par le moyen la séparation d'avec l’Église d’État, Barrowe considérait l'ensemble de l'église établie comme polluée par le reliquat du catholicisme, et insistait sur le fait que la séparation était essentielle pour épurer le culte et la discipline. Barrowe a également différé de Robert Browne sur la gouvernance de l'église, préférant la placer entre les mains des anciens plutôt que dans celles de la congrégation entière, car il se méfiait de la démocratie[6].

Notes et référencesModifier

  1. (en) Dr. Douglas L. Lobb, « The Grand Idea: Is it Just a Dream?, a paper presented to the Wisconsin Theological Society », (consulté le 4 février 2018)
  2. (en) « Henry Barrowe », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne] [  (en) Lire en ligne sur Wikisource] Cet article cite :
    • Henry Martyn Dexter, The Congregationalism of the Last Three Hundred Years.
    • F. J. Powicke, Henry Barrowe and the Exiled Church
    • Benjamin Brook, Lives of the Puritans.
    • Charles Henry Cooper, Athenae Cantabrigienses (1861), vol. ii.
  3. Waddington, John. "The Church in Southwark", Vol. 3. Chapter: No I in Robinson, John. The Works of John Robinson, Pastor of the Pilgrim Fathers, with a Memoir and Annotations by Robert Ashton, London: John Snow, 1851
  4. "Pilgrim Fathers", Southwark Council
  5. "History of the Clink", The Clink Prison Museum
  6. New Scaff Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge, Jackson, S.M. ed., "Barrow (Barrowe), Henry", Vol. I, p. 491

Liens externesModifier