Henricus Tik (ou Thick ; fl.  milieu du XVe siècle) est un compositeur probablement anglais. On lui doit une Missa de Beata Virgine à trois voix, copiée dans un manuscrit italien conservé à Lucques.

BiographieModifier

N'est attribué à Tik qu'une messe à trois voix Missa de Beata Virgine, qui figure dans le manuscrit I-La 238, copié à Bruges vers 1450 selon Reinhard Strohm[1], 1462[2] ou 1468[3], puis conservé à Lucques en Italie[4]. Il s'agit d'un manuscrit musical dépecé au XVIIe siècle en couvertures d'actes notariés et reconstitué en 1965 par Reinhard Strohm[5]. Son nom figure en tête du Kyrie mais l’Agnus Dei est incomplet. Les cinq mouvements sont unifiés par un motif apparaissant en tête des mouvements, un schéma de mensuration et des formes élaborées différemment, provenant probablement du cantus firmus du même ténor, qui n’est pas identifié. Le rythme du ténor est assimilé à celui des voix supérieures[6].

Le nom pourrait être la corruption d'un nom anglais tel que « Thick » ou « Thic », « Tiq » et « Thichq »[7]. Cela pourrait permettre une identification avec Fich, l'un des compositeurs nommés dans le Dialogus in arte musica de John Hothby (fo  82r)[8] sur une liste tronquée, où figure une forte présence anglaise, avec au moins deux autres compositeurs représentés dans le manuscrit de Lucques.

Signant « Enrique Tich » en Espagne[3], il est cité par l'auteur d'un traité anonyme de Séville, daté de 1480 (1482) et conservé à l'Escurial avec la cote c-III-23, qui incorpore « Enrricus Thik » à la liste des musiciens les plus remarquables de son temps, qui en inclut également d'autres, tels Guillaume Du Fay, Johannes Martini et Jehan Pullois[9], également représentés dans le Codex de Lucca[4]. Plus tard, dans un autre contexte, il cite une messe de « Henrrique Thik » et une autre de felix puericia du même compositeur, qu'il semble bien connaître, car il y fait référence pour que les lecteurs puissent voir les exemples proposés[9],[4].

Tik pourrait avoir vécu à Bruges pendant un certain temps[10],[6]. Il est certainement lié au compositeur Jacobus Tick (Tyck, Tijcke), actif à Leyde et Bruges entre 1450 et 1460 et qui avait des liens avec la cour néerlandaise[2]. Même si aucune œuvre de Jacob Tick n'a survécu, on sait qu'en 1458, il compose une messe pour Saint-Martin et en 1468, une nouvelle messe sans nom. Il n'est pas exclu que les deux musiciens soient le même compositeur. Cela présupposerait cependant que le copiste du manuscrit I-La 238 ait mal écrit ou mal interprété le prénom[2].

ManuscritsModifier

La Missa de Beata Virgine est conservée dans quatre manuscrits différents :

  • Lucques, Archives d'État, Ms. I-La 238, fos  1v-10v (The Lucca choirbook).
  • Ms. I-TRbc 89, fos  366v-374r.
  • Ms. I-TRbc 90, fos  348v-349v.
  • Prague, Codex musicae sacrae nec non profanae, Ms. CZ-Pst D.G.IV.47, fos  84v-85r[11].

ÉditionModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Reinhard Strohm, Music in Late Medieval Bruges, Oxford, Clarendon Press, 1985 (OCLC 231160191), p. 123.
  2. a b et c Wegman 2008.
  3. a et b Jiménez 2007, p. 191.
  4. a b et c (es) El compositor Henricus Tik (= Enrique Tich) en la catedral de Sevilla, avec plusieurs reproductions, sur historicalsoundscapes.com.
  5. Description RISM sur diamm.ac.uk
  6. a et b Grove 2001.
  7. Jiménez 2007, p. 191, note 399.
  8. John Hothby, The musical works of John Hothby, éd. Albert Seay, Corpus scriptorum de musica, x, 1964, p. 65.
  9. a et b Jiménez 2007, p. 192.
  10. Strohm 1968, p. 40–42.
  11. fac-simile sur manuscriptorium.com.

BibliographieModifier

  • (de) Reinhard Strohm, « Ein unbekanntes Chorbuch des 15. Jahrhunderts », Die Musikoforschung, Bärenreiter, vol. 21, no 1,‎ , p. 40–42 (ISSN 0027-4801, OCLC 844439831, notice BnF no FRBNF43288506, JSTOR 41106944, lire en ligne)
  • (en) Rob C. Wegman, « From Maker to Composer: Improvisation and Musical Authorship in the Low Countries, 1450–1500 », Journal of the American Musicological Society, 49 (1996), p. 409–479 et surtout p. 414–415 (OCLC 882852417).
  • (en) Margaret Bent, « Tik [Thick], Henricus », dans Grove Music Online, Oxford University Press, (lire en ligne) (inscription nécessaire)
  • (es) Juan Ruiz Jiménez, La librería de canto de órgano : creación y pervivencia del repertorio del renacimiento en la actividad musical de la catedral de s evilla, Grenade, Centro de Documentación Musical de Andalucía / Junta de Andalucía / Consejería de Cultura, , xviii-482 p. (ISBN 8482666991, OCLC 638994830, lire en ligne), p. 191–192.
  • (de) Rob C. Wegman, « Tik, Henricus », dans MGG Online, Bärenreiter et Metzler,
  • (en) Juan Ruiz Jiménez, « The sounds of the hollow mountain : musical tradition and innovation in Seville Cathedral in the early Renaissance », Early music history, Cambridge University Press, vol. 29,‎ , p. 189–239 (ISSN 0261-1279, OCLC 884477658, lire en ligne)

Liens externesModifier