Hellenic Shipyards

chantier naval en Grèce

Hellenic Shipyards (HSY) est le plus important chantier naval de Grèce et de Méditerranée orientale, situé à Skaramangás (en), dans le golfe d'Éleusis, au nord-ouest du port du Pirée. Ancien fleuron de la construction navale grecque et de son développement militaire, il a servi à la construction ou à la réparation de nombreux vaisseaux de guerre depuis la fin des années 1930.

Le navire FPSO Firenze dans les chantiers d'Hellenic Shipyards en 2007

HistoireModifier

Le chantier naval est créé entre 1937 et 1939 pour la construction de vaisseaux de guerre pour l'armée grecque. Cependant, la Seconde Guerre mondiale mit fin au projet et le chantier fut partiellement détruit par les bombardements alliés. En 1957, l'industriel et armateur grec Stávros Niárchos acquit le site et fit reconstruire de nouveaux chantiers servant à la construction de bateaux civils et militaires.

En 1985, subissant la crise pétrolière, HSY est nationalisé par l'État grec et connait alors de grandes difficultés de développement.

En 2002, le chantier naval fut à nouveau privatisé et cédé au consortium allemand HDW/Ferrostaal, futur ThyssenKrupp. Durant cette période, des hommes politiques grecs en poste sont condamnés à de lourdes peines pour corruption. En 2008, la Commission européenne jugea en effet illégales l'attribution de certaines aides de la part de l'État et demanda le remboursement de 661,9 millions d'euros[1],[2],[3]. Le chantier connut une grave crise et ce déclin de l'activité se concrétisa par la réduction drastique du nombre d'employés, passant de 6 200 à 1 300 entre 1975 et 2009[4].

C'est dans ce contexte difficile que la société Privinvest de l'homme d'affaires franco-libanais Iskandar Safa racheta HSY en 2010, alors que la Grèce subit de plein fouet les effets de la crise financière. Un accord fut signé avec l'État grec pour le remboursement des subventions nationales jugées illégales et pour que Privinvest puisse exploiter certaines parties du site afin de développer des projets avec l'étranger[5]. Seulement, plombée par les dettes, la situation de l'entreprise ne put se stabiliser, notamment en raison d'un conflit judiciaire lié au non-respect de l'accord conclu entre l’État et Privinvest[3].

En mars 2018, alors qu'il tourne au ralenti depuis plusieurs années, le chantier naval est placé sous gestion spéciale par la justice grecque[4],[6]. Un an plus tard, un arbitrage international donne raison à Prinvinvest face à l'État grec reconnu coupable de ne pas avoir tenu ses engagements, notamment vis-à-vis de la dette à rembourser[7],[8]. En , le gouvernement grec annonce le lancement d'un appel d'offres pour Hellenic Shipyards qui sera donc de nouveau privatisé[9].

RéférencesModifier

  1. (en) Mark Latham, « Aid to Greek shipyard ruled illegal », sur Politico Europe, (consulté le 11 février 2021).
  2. « L'ex champion de la construction navale grecque au bord de la liquidation », sur france24.com, (consulté le 29 janvier 2021).
  3. a et b « L'ex-champion de la construction navale grecque au bord de la liquidation », sur lepoint.fr, (consulté le 11 février 2021).
  4. a et b Iskandar Safa, « Hellenic Shipyards, le chantier naval « piraté » », sur lesechos.fr, (consulté le 29 janvier 2021).
  5. « Le milliardaire franco-libanais Iskandar Safa, cauchemar juridique de la Grèce », sur La Tribune (consulté le 21 février 2021).
  6. « Grèce : le chantier naval Skaramangas placé sous gestion spéciale », sur lefigaro.fr, (consulté le 11 février 2021).
  7. (en) « Court Affirms Privinvest Group’s €1.2 Billion Arbitration Award against Greece », sur businesswire.com, (consulté le 11 février 2021).
  8. Michel Cabirol, « Armement : Iskandar Safa met K.O. le gouvernement grec », sur latribune.fr, (consulté le 29 janvier 2021).
  9. « La Grèce met en vente un chantier naval historique », sur lefigaro.fr, (consulté le 29 janvier 2021).