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Hawleyite
Catégorie II : sulfures et sulfosels[1]
Image illustrative de l’article Hawleyite
Croûte jaune brillante de hawleyite (5 à 6 millimètres d'étendue), Nagylápafõ, Parádsasvár (Üveghuta) dans les Monts Mátra, département de Heves, Hongrie.
Général
Numéro CAS 1306-23-6 1306-23-6
Classe de Strunz a
Classe de Dana
Formule chimique CdS CdS
Identification
Masse formulaire[2] 144,476 ± 0,013 uma
Cd 77,81 %, S 22,19 %,
Couleur jaune brillant
Classe cristalline et groupe d'espace isométrique, hexo-tétraédrique, groupe de point 43/m ; groupe d'espace F43/m
Système cristallin cubique
Réseau de Bravais cubique
a = 5,818 Å ; Z = 4, V = 196,93 Å3 avec densité calculée = 4.87
Clivage aucun
Habitus poudres fines, grains fins, agrégats, revêtement en croûtes plus ou moins poussiéreuses.
Échelle de Mohs 2,5 à 3, parfois 3,5
Trait jaune
Éclat métallique
Propriétés optiques
Transparence translucide à opaque
Propriétés chimiques
Densité 4,87
Solubilité dans HCl concentré
Propriétés physiques
Magnétisme non magnétique

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La hawleyite est une espèce minérale composée de sulfure de cadmium à structure cristalline cubique de formule CdS. Il s'agit d'un minéral rare et fragile, jaune brillant, formant des agrégats jaune lumineux souvent associé à la sphalérite.

Sommaire

Historique de la description, géotype et appellationsModifier

Cette espèce minérale a été décrite tardivement en 1955 par Robert James Traill et Robert William Boyle[3]. Le géotype est la mine de galène Hector ou mine du Calumet, dans le district minier de Mayo au Yukon, Canada.

Elle a été souvent été confondue avec son dimorphe, la greenockite, sous sa forme jaune poudreuse. La Cristallographie aux rayons X a permis de différencier les deux corps minéraux polymorphes. Sa dénomination honore le canadien spécialiste et théoricien des dépôts de minerais de sulfures, le professeur de minéralogie de la Queen's University de Kingston en Ontario James Edwin Hawley (en), mieux connu sous le diminutif de "Ed Hawley".

Cristallographie et cristallochimieModifier

 
Modèle de structure cubique de la hawleyite

La maille de son système cristallin est cubique. La structure est celle de la sphalérite ou "blende cubique".

La classification de Dana fait entrer la hawleyite 02.08.02.06 à la sixième place du groupe de la sphalérite, qui comprend sept minéraux de même symétrie cristalline ou groupe d'espace F43/m, soient la sphalérite 02.08.02.01 ZnS ou (Zn,Fe)S, la stilléite ZnSe, le métacinabre HgS, la tiemannite HgSe, la coloradoïte HgTe, la hawleyite et la rudashevskyite (Fe,Zn)S.

Dans la classification de Strunz, elle fait partie d'un groupe de la sphalérite, mais à la première place.

On peut aussi ajouter à ce groupe de la sphalérite la browneite MnS, l'ishiharaite (Cu,Ga,Fe,In,Zn)S.

Polymorphisme de CdSModifier

Un dimorphe de ce corps minéral est la greenockite ou CdS β hexagonale. La plupart des formes pulvérulentes brillantes, autrefois attribuées à la greenhockite, sont en réalité composées exclusivement par ce minéral du "groupe de la sphalérite". Il faut aussi signaler que certains revêtements sont à base de CdS amorphe, qui porte le nom minéral de xanthochroïte.

Propriétés physiques et chimiquesModifier

CdSα cubique est soluble dans l'acide chlorhydrique concentré. Il se dégage du gaz sulfure d'hydrogène suivant la réaction.

CdS α poudre solide jaune brillante + 2 HCl acide concentré aqueux → H2S gaz hygrogène sulfuré + CdCl2 aqueux (sel ionique soluble)

Ce minéral ne montre ni fluorescence ni magnétisme.

Critères d'identificationModifier

L'analyse chimique et la radiocristallographie RX sont déterminants, avec l'indice de la couleur vive, de l'habitus et des associations minérales.

ToxicologieModifier

La toxicité peut corréler à celle de l'élément cadmium. Il faut toujours se laver les mains après la manipulation d'échantillons, et surtout, éviter d'inhaler les poussières. Ne jamais laisser lécher et ingérer par un manipulateur inconscient les reliquats.

Gîtes et gisementsModifier

La hawleyite forme des fins revêtements sur la sphalérite et la sidérite dans des cavités et vacuoles, au long de fracture.

Il s'agit d'un produit d'altération dans des conditions spécifiques de ces minéraux contenant du cadmium.

Gîtologie et minéraux associésModifier

Minéraux associés ː sidérite, sphalérite, blendes et autres minéraux de zinc cadmiés...

Gisements abondants ou caractéristiquesModifier

  • Afrique du Sud
  • Allemagne
  • Australie
  • Autriche
Putzkammeralp, Gaflunatal, Montafon, Vorarlberg
  • Belgique
La Haie-Monet, Landenne, dans la province ardennaise de Namur
  • Canada
Yukon
  • Chili
  • Chine
  • États-Unis
Mine Eureka, Nevada
 
Couche poudreuse et terreuse de Hawleyite, sur une roche du comté Eureka, Nevada. Musée d'histoire naturelle de Londres.
  • Espagne
  • Finlande
  • France
la Plane de Bosc, bassin de Lodève, Hérault [4].
  • Grèce
Mines Espérance du Laurion, Kamariza
  • Hongrie
Stolles de Nagylápa-fo, Parádsasvár, Monts Mátra, département de Heves
  • Irlande
  • Italie
  • Japon
  • Mexique
  • Namibie
  • Norvège
mine Tolerud, Konnerud, Drammen, comté Buskerud
  • Nouvelle-Zélande
  • Royaume-Uni
  • Russie
  • Suède
  • Suisse
  • Tchéquie

UtilisationsModifier

La hawleyite est un minerai très rare de cadmium. Pur, il possède au maximum une haute teneur de cadmium soit 77.81 % en cadmium pour 22.19 % en S et peut être à défaut une ressource de cadmium, mais les procédés rentables actuels ne privilégient nullement son extraction.

En tant que pigment naturel, il n'est en pratique pas utilisé car les jaunes de cadmium sont préparés de manière industrielle et artificielle.

Notes et référencesModifier

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. RJ Traill, RW Boyle, « Hawleyite, isometric cadmium sulphide, a new mineral », American Mineralogist volume 40, année 1955, pages 555 à 559.
  4. Hawleyite sur shale

BibliographieModifier

  • Henri-Jean Schubnel, avec Jean-François Pollin, Jacques Skrok, Larousse des Minéraux, sous la coordination de Gérard Germain, Éditions Larousse, Paris, 1981, 364 p. (ISBN 2-03-518201-8). Entrée 'hawleyite' p. 173.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier