Hôtel de la Monnaie de Metz

ancien bâtiment de Metz

L’hôtel de la Monnaie est un édifice ayant servi à frapper des monnaies à Metz. Aujourd’hui disparu, il était situé entre les rues de l’Abreuvoir et de la Monnaie. La marque de l’atelier pour la traçabilité des monnaies est AA Metz.

Contexte historiqueModifier

Metz au Moyen Âge est une grande cité marchande à la croisée des routes commerciales qui traversent l’Europe. La ville a le droit de frapper sa monnaie dès le XIIe siècle. La bourgeoisie de Metz s’enrichissant, elle fait de la cité une république oligarchique brillante. Les XIIIe et XIVe siècles constituent l’une des périodes les plus prospères dans l’histoire de Metz, qui compte alors près de 30 000 habitants, soit la plus grande concentration urbaine de Lorraine. Ses foires sont très fréquentées et sa monnaie, la première de la région jusqu’en 1300, est acceptée dans toute l’Europe[1].

Construction et aménagementsModifier

L’hôtel de la Monnaie de Metz est édifié en 1435 non loin de la place du Change, actuelle place Saint-Louis. Au XVIe siècle, Didier Le Braconnier dit de Courcelles, un des treize, est maître de la Monnaie de Metz, lui succède son fils Raphaël (1585-†1645). L’hôtel de la Monnaie est ravagé par un incendie en 1654[2]. Il est reconstruit peu après. Les dernières monnaies municipales y sont fabriquées jusqu’en 1661. Le parlement de Metz décide en 1662 la suppression du monnayage municipal et abandonne au Roi ses privilèges de droit régalien de fabrication des espèces. Malgré l’édit du de démonétiser les monnaies municipales de Metz, elles continuèrent encore de circuler pendant plus de cinquante ans.

Affectations successivesModifier

Ayant perdu sa fonction première, le bâtiment existe néanmoins jusqu’au début du XXe siècle, date à laquelle il est presque totalement démoli. Des vestiges, vraisemblablement du XVe siècle, sont conservés dans la cour : l’escalier tournant en pierre enfermé dans une tourelle polygonale[3], ainsi que la balustrade sont aujourd’hui classés monuments historiques. L’escalier se distingue également dans le « vestibule 9 » sur un plan détaillé de 1701[4].

Un arrêté du décide de ne pas rouvrir la Monnaie de Metz. Elle est désaffectée et un arrêté du Préfet de la Moselle du concède le bâtiment au Bureau de bienfaisance de Metz qui le vend le à Jean-Nicolas Watrin. Ce dernier revend en et en septembre 1835 diverses parties du bâtiment, jusqu’à revendre ce qui lui restait en à deux de ses filles, qui le revendent elles-mêmes aux demoiselles Nicolas en [5].

La Ville de Metz récupère l’édifice entre 1866 et 1904[6] : il comporte 41 logements et 31 locataires, certains locataires occupant plusieurs logements à la fois[7]. En 1904, la Monnaie est devenue un taudis insalubre occupé par plus de 100 habitants. Des extraits de la Metzer Zeitung de et détaillent son état de délabrement[7]. L’hôtel est à nouveau désaffecté. L’affiche bilingue concernant l’« Adjudication des travaux de démolition » de la Monnaie est datée du [7] Les Musées de Metz conservent dix négatifs en verre montrant des vues des travaux de démolition commencés vers le et qui n’étaient pas achevés au [5].

Entre 1909 et 1911, la municipalité fait édifier à la place de l’hôtel, la Münzschule ou école de la Monnaie, comportant deux écoles élémentaires jumelles pour garçons et filles. L’une est devenue l’école primaire d’application et biculturelle Gaston-Hoffman[8], 12 rue de l’Abreuvoir et l’autre l’école maternelle Metz-Centre Saint-Maximin, 29 rue Haute-Seille. Le bâtiment abrite également l’Institut d’éducation sensorielle (services administratifs du PEP 57 ; association des Pupilles de l’Enseignement Public), 8 rue de la Monnaie. Les vestiges subsistants de l’hôtel de la Monnaie se situent dans la cour de l’école primaire Gaston-Hoffman.

IconographieModifier

  • Carte postale « "Metz / Innenhof der alten Münze / Intérieur de l’ancien hôtel de la Monnaie », non datée (vers 1902 – 1904), no 67, Hurlin, Metz (cliché H. Prillot), 14 × 9 cm. Elle sert à un dessin au fusain publié par Marius Mutelet dans « Metz romantique », Metz[5].

BibliographieModifier

  • Michel Thiria, « L’Hôtel des monnaies », L’Austrasie, 1905.

Notes et référencesModifier

  1. François-Yves Le Moigne, op. cit..
  2. Edgar Wendling, Atlas des monnaies de Lorraine (Moselle), Metz, 1979, p. 54.
  3. Prost, congrès archéologique de France, séances générales tenues à Metz en 1846, Paris, 1847, p. 167.
  4. Conservé aux Archives nationales à Paris, cote G7 1401.
  5. a b et c La Monnaie de Metz après sa fermeture en 1800 AD
  6. Acte non retrouvé
  7. a b et c Archives communales de Metz 4N58 (1871-1918)
  8. Site officiel de l’école primaire d’application et biculturelle Gaston-Hoffman

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier