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Guillaume de La Jugie

prélat catholique

Guillaume de La Jugie
Biographie
Naissance
Eyrein (France)
Ordination sacerdotale
Décès
Avignon
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Clément VI
Titre cardinalice Cardinal-diacre de S. Maria in Cosmedin
Cardinal-prêtre de S. Clemente

Blason

Guillaume de La Jugie (1317-1374), neveu de Clément VI et cousin de Grégoire XI, chanoine de Rouen et archidiacre de Paris, cardinal-diacre de Sainte-Marie à Cosmedin, puis cardinal-prêtre au titre de Saint-Clément, (1342-1374), dit le cardinal Guillermus.

BiographieModifier

Il naquit au hameau de La Jugie, dans la paroisse d’Eyrein, près de Rosiers-d’Égletons. Il était le fils de Jacques de La Jugie et de Guillaumette Roger[1], sœur de Pierre, futur Clément VI[2]. Son frère Pierre (1319-1376) fut lui aussi cardinal.

Clément VI nomme son neveu cardinalModifier

Il devint chanoine du chapitre cathédral de Rouen le , puis chanoine et archidiacre de Notre-Dame de Paris. Lors du consistoire du , son oncle Clément VI lui remit le chapeau de cardinal avec le titre de cardinal-diacre de Sainte-Marie in Cosmedin. Il fit son entrée à la curie d’Avignon le [2].

 
Pierre le Cruel agenouillé
 
L'abbaye de la Chaise-Dieu, lieu d'inhumation du cardinal Guillaume de La Jugie

Ses légations en Italie et en EspagneModifier

Devenu archidiacre de Transylvanie en 1345, il fut envoyé, en 1350, en tant que légat pontifical dans le royaume de Naples[2] en compagnie des cardinaux Annibal de Ceccano et Guy de Boulogne.

Sa seconde légation se déroula en Espagne cinq ans plus tard. Il quitta Avignon le , avec titre de légat a latere. Le 24 novembre, il arriva devant Torà assiégée par Pierre le Cruel, roi de Castille[2]. Innocent VI l’avait mandaté pour exiger la libération de l’évêque de Siguenza emprisonné par le roi. Pour le faire céder, le cardinal dut menacer de jeter l’interdit sur la Castille.

Il réussit ensuite à mettre un terme à la guerre Pierre le Cruel faisait à Pedre IV le Cérémonieux. Mais quand elle prit fin, les deux monarques recommencèrent les hostilités en dépit des exhortations du cardinal.

Les fiefs du LanguedocModifier

En 1348, en pleine Peste Noire, le roi de France Philippe VI fut sollicité par le cardinal, pour accorder son aval à l’achat des châteaux de Ferrals-les-Corbières et la seigneurie de la Livinière, en Languedoc[3].

Les héritiers du cardinal Pietro Colonna[4], effrayés par l’épidémie, avaient hâte de s’en débarrasser. L’autorisation royale fut obtenue, mais la vente dut attendre la fin de la peste. Elle ne fut conclue qu’en 1350 au nom de Nicolas de La Jugie, frère aîné du cardinal.

Sa Livrée avignonnaiseModifier

La Livrée du cardinal de La Jugie[5] se trouvait entre les actuelles rues Félix Gras et Joseph Vernet. Elle jouxtait, au Plan-de-Lunel, la Vinea Vespalis.

Sans quitter Avignon, il reçut la charge d’archiprêtre de Saint-Pierre de Rome entre 1362 et 1365 puis le titre de cardinal-prêtre[6] de Saint-Clément le [2].

Il décéda dans sa Livrée le et fut, à sa demande, inhumé dans l’église abbatiale de la Chaise-Dieu[7] où il rejoignit son oncle Clément VI[2].

HéraldiqueModifier

Les armes du cardinal Guillermus se lisaient : d’azur à la fasce d’or.

Notes et référencesModifier

  1. En 1313, la dot de Guillemette Roger fut constituée par son oncle Géraud d’Aigrefeuille, chevalier de Champagnac-la-Prune, elle épousa Jacques, un brave garçon, simple prob’homme originaire de La Jugie, un lieu-dit d’Eyrein, entre Tulle et Rosiers-d’Égletons, le lundi après la fête de la Madeleine.
  2. a b c d e et f Salvador Miranda Cardinal Guillaume de la Jugie, University Park, Miami, FL 33199, 2009
  3. La famille de La Jugie n'avait pas de fiefs importants. En 1339, Pierre Roger, ayant reçu le chapeau au titre des Saints-Nérée-et-Achillée, avant de rejoindre Avignon, obtint que le roi de France ennoblisse son beau-frère Jacques de La Jugie qui fut fait chevalier.
  4. Pietro Colonna avait été le protecteur de Pétrarque, ami de son frère Giacomo, évêque de Lombez.
  5. Après sa mort, elle devint un monastère dédié à sainte Praxède. Le couvent avait été fondé à Montfavet par cardinal Pedro Gomez de Barrosso. Mais la présence des Routiers, contraignit les religieuses à se retrancher dans Avignon.
  6. Il fut ordonné prêtre le 22 septembre 1368.
  7. La statuaire du tombeau de Clément VI, à La Chaise-Dieu, représentait un certain nombre des membres de sa famille dont Guillaume et Pierre de La Jugie.

BibliographieModifier

  • Fr. du Chesne, Histoire de tous les cardinaux françois de naissance ou qui ont été promus au cardinalat par l’expresse recommandation de nos roys, Paris, 1660.
  • É. Baluze, Vitae paparum Avenionensium, sive collectio actorum veterum, Vol. I et II. Paris, 1693.
  • A. de Boyes et Fr. Arbelot, Biographie des Hommes illustres de l’ancienne province du Limousin, Limoges, 1854.
  • P. Pansier, Les palais cardinalices d’Avignon aux XIVe et XVe siècles, Fasc. 1, 2 et 3, Avignon, 1926 – 1932.
  • J. Girard, Évocation du vieil Avignon, Les Éditions de Minuit, Paris, 1958.
  • Guillaume Mollat, Contribution à l’histoire du Sacré Collège de Clément V à Eugène IV, Revue d’histoire ecclésiastique, T. XLVI, 1961.
  • M. Dykmans, Les palais cardinalices d’Avignon, Mélanges de l’École Française de Rome, Vol. 83, no 2, 1971.
  • P. et R. Merceron, H. Aliquot, Armorial des cardinaux limousins de la papauté d’Avignon, Lemouzi no 75, 1980.
  • A. M. Hayez, Une famille cardinalice à Avignon au XIVe siècle, les La Jugie, Annuaire de la société des Amis du palais des papes, 1980-1981.

Voir aussiModifier