Grève générale de 1855 en Espagne

La grève générale de 1855 en Espagne, est considérée comme la première grève générale dans l'histoire sociale de l'Espagne. Elle a eu lieu en 1855 et, bien qu'elle n'ait touché que la Catalogne, qui était le principal, et quasi unique, centre industriel espagnol (principalement textile), elle est considérée vu son importance, ses suites et ses répercussions, comme la première grève générale en Espagne. Elle a été déclenchée durant le Règne d'Isabelle II, plus précisément sous le gouvernement de Baldomero Espartero pendant la Période des Deux ans Progressistes (Bienio Progresista)[1].

Origine de la grève: le machinisme dans l'industrie textileModifier

Les travailleurs s'étaient déjà mobilisés contre le machinisme lors du conflit appelé de las selfactinas (de l'anglais self-acting, "de action automatique"), à cause de la mécanisation d'une partie importante du travail du tissage.

Mais le déclenchement de la grève générale et l'appui massif et solidaire des autres ouvriers ont été provoqués par l'ordonnance signée par le Capitaine Général de Catalogne Juan Zapatero y Navas le . Cette ordonnance dissolvait les associations ouvrières illégales, et mettait sous le contrôle de l'armée toutes les associations légales de secours mutuels. Elle soumettait également à la loi martiale tous ceux qui directement ou indirectement cherchaient à limiter la liberté d'un patron d'ouvrir ses usines ou celle des ouvriers d'aller y travailler.

DéroulementModifier

La grève générale a duré du 2 au et a été massivement suivie.

Pain et travail - Association ou la mortModifier

Le slogan de la grève était «association ou la mort». Les exigences étaient, en plus de la liberté d'association, la réduction de la journée de travail et l'augmentation des salaires. L'«Unión de clases» a publié un Manifeste qui, en s'adressant à la classe ouvrière de Catalogne, les exhortait à rejoindre l'action revendicative.

Rencontre avec Espartero à Madrid et répression à BarceloneModifier

Une Commission de travailleurs est allée à Madrid pour rencontrer le Régent, le général Espartero, dans l'espoir de faire reconnaître le droit d'association. Mais le général Espartero ne les a pas reçus.

À Barcelone, pendant ce temps, l'autorité militaire appliquait des sanctions d'une grande sévérité: parmi elles, prison, déportation, châtiments corporels, et menaces de peine de mort. Le , la frégate «Julia» partit vers la Havane avec à son bord 70 militants ouvriers déportés.

Prise de Barcelone par les militaires: fin de la grèveModifier

Le , Barcelone fut occupée militairement. Le général Espartero envoya son bras-droit, Sanabria, muni d'un document rempli de vagues promesses. La grève générale prit fin le .

RéférencesModifier

  1. Historia de España, Pierre Vilar (1947), Crítica, 2008, (ISBN 84-7423-949-4), pag. 160

SourceModifier