Gelanesh Haddis

poète, érudite et enseignante de la communauté orthodoxe éthiopienne
Gelanesh Haddis
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Gelanesh Haddis, ou Gelanesh Hadis, née en 1896, morte en 1986, est une poète, une érudite et une enseignante de la communauté orthodoxe éthiopienne. Elle est connue pour son habileté à manier le style éthiopien de poésie appelé qené. Aveugle, elle a diffusé et transmis cette connaissance pendant plusieurs décennies.

BiographieModifier

Gelanesh Haddis est née à Silalo, dans la province éthiopienne de Godjam, en 1896[1]. Son père, Haddis Kinan, était un expert dans un type de poésie éthiopienne appelé qené[1]. À l'âge de huit ans, Gelanesh Haddis perd la vue[1]. Son père lui enseigne le qené, une transmission vers une jeune fille assez inhabituelle à l”époque[2].

Le qené est un genre de poésie courte qui requiert une grande connaissance de la langue et de l'écriture guèze, du contexte culturel de l’Abyssinie et des textes de la religion orthodoxe. La communauté orthodoxe éthiopienne associe à la fois une tradition ancienne de l’écrit et de l’oralité, ce qui a marqué son patrimoine culturel[3]. Les aveugles hommes s’intégraient assez facilement dans la vie intellectuelle de cette église, bénéficiant de titres et d’une rémunération[3],[4], et leur présence dans la hiérarchie de cette église avaient d’ailleurs surpris, au XVIe siècle l’explorateur Francisco Álvares[3],[5].

Gelanesh Haddis commence à enseigner aux côtés de son père à l'école de Silalo[1]. Pendant l'invasion italienne de l'Éthiopie, son père est exécuté par les forces armées occupantes[1].

Après la mort de son père, Haddis reprend seule l’enseignement. Plus de deux mille élèves assistent à cet enseignement au cours de sa carrière[1]. Elle a brisé les barrières entre les sexes en devenant la première ou l'une des premières enseignantes de qené, un rôle qui était habituellement réservé aux hommes et ses apports ont marqué cette communauté orthodoxe éthiopienne[3],[6].

Elle meurt en 1986[1],[7]. En son souvenir, un musée a été créé à Bahir Dar, sur les rives du lac Tana, où les visiteurs peuvent consulter ses poèmes[1].

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g et h (en) Reidulf K. Molvaer, « Gelanesh Haddis », dans Emmanuel K. Akyeampong et Henry Louis Gates, Jr., Dictionary of African Biography, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-538207-5, lire en ligne), p. 449-450
  2. Christine Chaillot, « Quelques notes sur le Patrimoine chrétien intangible de l’Ethiopie chrétienne: l’éducation traditionnelle. Conférenbce à l’Unesco »,
  3. a b c et d Fikru Gebrekidan, « De l’oral à l’écrit : une brève incursion dans l’histoire de l’éducation des aveugles en Ethiopie », Corpus, no 67,‎ , p. 153-176 (ISSN 0296-8916, lire en ligne)
  4. (en) John Binns, « Theological Education in the Ethiopian Orthodox Churc », Journal of Adult Theological Education,‎ , p. 103-113 (DOI 10.1558/jate.2005.2.2.103)
  5. (en) Francisco Alvarez, Narrative of the Portuguese Embassy to Abyssinia during the Years 1520-1527, New York, Burt Franklin,
  6. (en) « Dept. of Ethiopian Language and Literature fetes first female author », sur www.amu.edu.et
  7. (pt) « Biographias de Mulheres Africanas. Gelanesh Haddis (c. 1896 – 1986) », sur Université fédérale du Rio Grande do Sul

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