Gamma Equulei

étoile binaire de la constellation du Petit Cheval
γ Equulei
Données d'observation
(époque J2000.0)
Ascension droite 21h 10m 20,5001s[1]
Déclinaison 10° 07′ 53,682″[1]
Constellation Petit Cheval
Magnitude apparente 4,58 à 4,77[2]

Localisation dans la constellation : Petit Cheval

(Voir situation dans la constellation : Petit Cheval)
Equuleus IAU.svg
Caractéristiques
Type spectral A9VpSrCrEu[3]
Indice U-B 0,1[4]
Indice B-V 0,26[4]
Indice R-I 0,1
Variabilité roAp[5]
Astrométrie
Vitesse radiale −16,489 km/s[6]
Mouvement propre μα = +45,342 mas/a[1]
μδ = −151,506 mas/a[1]
Parallaxe 28,770 5 ± 0,232 3 mas[1]
Distance 34,757 8 ± 0,280 6 pc (∼113 a.l.)[1]
Magnitude absolue 1,9[7]
Caractéristiques physiques
Rayon 2,20 ± 0,12 R[5]
Gravité de surface (log g) 4,47[8]
Luminosité 12,8 ± 1,4 L[5]
Température 8 574 K[8]
Métallicité [Fe/H] = +0,68[8]

Autres désignations

γ Equ, 5 Equ (Flamsteed), HR 8097, HD 201601, HIP 104521, BD+09 4732, FK5 1555, SAO 126593, WDS J21103 +1008A[9]

Gamma Equulei (γ Equulei / γ Equ) est une étoile binaire de la constellation du Petit Cheval. Elle est située à environ ∼113 a.l. (∼34,6 pc) de la Terre[1] et se rapproche du système solaire à une vitesse radiale héliocentrique de −16,5 km/s[6]. Elle présente une magnitude apparente légèrement variable d'environ 4,7.

SpectreModifier

L'étoile primaire du système de γ Equulei est une étoile chimiquement particulière de type spectral A9 VpSrCrEu[3]. Son spectre correspond à celui d'une étoile blanche de la séquence principale de type A9, mais il présente des abondances inhabituellement élevées en strontium, en chrome et en europium. Les étoiles ayant ce type de particularité spectrale sont connues comme les étoiles Ap. L'abondance élevée de ces métaux semble s'expliquer par une stratification chimique qui s'opère au sein d'une étoile dont la rotation est lente, ce qui est inhabituel pour les étoiles chaudes qui sont sur la séquence principale. Un éventail assez large de types spectraux ont été assignés à γ Equulei, qui vont de A5 à F1, certains d'entre eux indiquant également des abondances inhabituelles en fer[10]. L'étoile présente des raies d'absorption particulièrement fines dans son spectre, ce qui est un autre marqueur d'une rotation très lente[11].

VariabilitéModifier

γ Equulei connaît des variations périodiques et rapides de sa luminosité, ce qui fait d'elle une étoile Ap à oscillations rapides (ou étoile roAp)[5]. Sa magnitude apparente varie entre ses extrêmes de +4,58 et +4,77. Elle montre des pulsations de plusieurs périodes autour de douze minutes. Sa pulsation la plus forte a une période de 11,7 minutes ; d'autres périodes de 11,9, 12,2 et 12,4 minutes ont également été mises en évidence. Elles sont interprétées comme une série de pulsations paires et impaires alternantes selon le mode p (induites par la pression)[11].

Champ magnétiqueModifier

Le champ magnétique stellaire de surface de γ Equulei connaît des variations lentes, avec une force allant de +577 G à −1 101 G[12]. Même si seulement 67 années de données de mesure de champ magnétique sont disponibles, une période 97,16 ± 3,15 ans a été appliquée aux données. Elle est supposée correspondre à la période de rotation de l'étoile[13].

CompagnonsModifier

γ Equulei possède un compagnon d'une magnitude de 8,69[5]. Désigné γ Equulei B, il est localisé à une séparation angulaire de 1,26 seconde d'arc de γ Equulei A. Les deux étoiles semblent former un véritable système binaire[14].

Deux autres étoiles accompagnant le système sont également recensées dans les catalogues d'étoiles doubles et multiples. γ Equulei C, qui est une étoile de treizième magnitude distante d'une minute d'arc, est un compagnon purement optique[15]. 6 Equulei (ou γ Equulei D), qui est une étoile blanche de la séquence principale de sixième magnitude et distante de 5,6 minutes d'arc, est un autre compagnon optique. Il est situé à environ environ 116 pc (∼378 a.l.) de la Terre[16],[17].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f et g (en) A. G. A. Brown et al. (Gaia collaboration), « Gaia Data Release 2 : Summary of the contents and survey properties », Astronomy & Astrophysics, vol. 616,‎ , article no A1 (DOI 10.1051/0004-6361/201833051, Bibcode 2018A&A...616A...1G, arXiv 1804.09365). Notice Gaia DR2 pour cette source sur VizieR.
  2. (en) N. N Samus', E. V. Kazarovets et al., « General Catalogue of Variable Stars: Version GCVS 5.1 », Astronomy Reports, vol. 61, no 1,‎ , p. 80-88 (DOI 10.1134/S1063772917010085, Bibcode 2017ARep...61...80S, lire en ligne)
  3. a et b (en) H. A Abt, « Visual multiples. VIII - 1000 MK types », The Astrophysical Journal Supplement Series, vol. 59,‎ , p. 95 (DOI 10.1086/191064, Bibcode 1985ApJS...59...95A)
  4. a et b (en) B. Nicolet, « Photoelectric photometric Catalogue of homogeneous measurements in the UBV System », Astronomy & Astrophysics Supplement Series, vol. 34,‎ , p. 1–49 (Bibcode 1978A&AS...34....1N)
  5. a b c d et e (en) K. Perraut et al., « The fundamental parameters of the roAp star γ Equulei », Astronomy & Astrophysics, vol. 526,‎ , A89 (DOI 10.1051/0004-6361/201015801, Bibcode 2011A&A...526A..89P, arXiv 1011.2028)
  6. a et b (en) C. Soubiran et al., « Gaia Data Release 2. The catalogue of radial velocity standard stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 616,‎ , p. 8, article no A7 (DOI 10.1051/0004-6361/201832795, Bibcode 2018A&A...616A...7S, arXiv 1804.09370)
  7. (en) E. Anderson et Ch. Francis, « XHIP: An extended Hipparcos compilation », Astronomy Letters, vol. 38, no 5,‎ , p. 331 (DOI 10.1134/S1063773712050015, Bibcode 2012AstL...38..331A, arXiv 1108.4971)
  8. a b et c (en) M. Koleva et A. Vazdekis, « Stellar population models in the UV. I. Characterisation of the New Generation Stellar Library », Astronomy & Astrophysics, vol. 538,‎ , A143 (DOI 10.1051/0004-6361/201118065, Bibcode 2012A&A...538A.143K, arXiv 1111.5449)
  9. (en) * gam Equ -- Variable Star of alpha2 CVn type sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  10. (en) B. A Skiff, « Catalogue of Stellar Spectral Classifications (Skiff, 2009-2016) », Catalogue de données en ligne VizieR : B/mk. Originellement publié dans : Lowell Observatory (octobre 2014), vol. 1,‎ (Bibcode 2014yCat....1.2023S)
  11. a et b (en) P. Martinez et al., « The p-mode spectrum of γ Equ (HR 8097) », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 282,‎ , p. 243 (DOI 10.1093/mnras/282.1.243, Bibcode 1996MNRAS.282..243M)
  12. (en) V. D. Bychkov, L. V. Bychkova et J. Madej, « Secular variability of the longitudinal magnetic field of the Ap star γ Equ », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 365, no 2,‎ , p. 585–589 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2005.09738.x, Bibcode 2006MNRAS.365..585B, arXiv astro-ph/0510529, lire en ligne)
  13. (en) V. D. Bychkov, L. V. Bychkova et J. Madej, « Periods of magnetic field variations in the Ap star γ Equulei (HD 201601) », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 455, no 3,‎ , p. 2567 (DOI 10.1093/mnras/stv2416, Bibcode 2016MNRAS.455.2567B, arXiv 1510.05160)
  14. (en) P. P. Eggleton et A. A. Tokovinin, « A catalogue of multiplicity among bright stellar systems », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 389, no 2,‎ , p. 869–879 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2008.13596.x, Bibcode 2008MNRAS.389..869E, arXiv 0806.287)
  15. (en) Brian D. Mason et al., « The 2001 US Naval Observatory Double Star CD-ROM. I. The Washington Double Star Catalog », The Astronomical Journal, vol. 122, no 6,‎ , p. 3466 (DOI 10.1086/323920, Bibcode 2001AJ....122.3466M)
  16. (en) * 6 Equ -- Star sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  17. (en) A. G. A. Brown et al. (Gaia collaboration), « Gaia Data Release 2 : Summary of the contents and survey properties », Astronomy & Astrophysics, vol. 616,‎ , article no A1 (DOI 10.1051/0004-6361/201833051, Bibcode 2018A&A...616A...1G, arXiv 1804.09365). Notice Gaia DR2 pour cette source sur VizieR.

Liens externesModifier