Explosion de la poudrerie de Grenelle

L’explosion de la poudrerie de Grenelle est la catastrophe industrielle la plus meurtrière s'étant produite en France. Elle est survenue le , dans la partie nord de la plaine de Grenelle, englobée dans la ville de Paris par le mur des Fermiers généraux construit en 1788 (aujourd'hui place Dupleix).

Plaque en hommage au château de Grenelle, 18 place Dupleix (Paris).

HistoriqueModifier

Par un arrêté en date du 10 pluviôse an II () le comité de salut public autorise la transformation du château de Grenelle ainsi que la ferme et les bâtiments avoisinants en « deux établissements provisoires de fabrication révolutionnaire de poudre ». Par mesure de sécurité, les bâtiments situés aux alentours furent détruits après que les propriétaires et locataires furent expropriés.

Ainsi deux mille ouvriers fabriquent de la poudre noire dans une poudrerie, un atelier de munitions installé dans le château de Grenelle[1]. Le 14 fructidor an II (), à h 15, 30 à 150 tonnes de poudre du magasin d’entreposage, la poudrière, explosent.

Trois fortes détonations sont entendues, avec une immense colonne de fumée visible de tout Paris, qui provoquent près d'un millier de morts parmi les ouvriers, les employés et la population voisine, les alentours subissant des dommages considérables[2], comme la destruction du couvent des Visitandines de Chaillot, abandonné depuis le début de la Révolution.

Ce nombre de mille morts a été avancé par Chaptal lui-même, alors directeur de l'Agence révolutionnaire des poudres. On a même parlé de 1 500 morts à l'étranger pour nuire à la France. Cependant, en s'appuyant sur l'étude des dossiers d’indemnisation, qui ne relèvent officiellement que 536 morts, on peut estimer le nombre de victimes à 1 360 (dont moins de la moitié de morts)[3].

Le souffle de l'explosion provoque la destruction de nombreuses vitres, et anéantit un grand nombre de vitraux d'églises dans la capitale : presque toutes les églises de Paris sont affectées, y compris sur la rive droite.

À la suite de cette catastrophe, la prise de conscience des risques induits par les activités de nature industrielle a contribué au fondement de la réglementation française sur les établissements dangereux par le décret impérial de 1810[4].

Selon l'universitaire Thomas Le Roux, il s'agit « de l’accident industriel le plus meurtrier de l’histoire de France (Courrières mis à part) et sans aucun doute son premier véritable accident technologique »[3].

Notes et référencesModifier

  1. Claude-Antoine Prieur, « Notice sur l'exploitation extraordinaire de Salpêtre, qui a eu lieu en France, pendant les années 2 et 3 de la République ; ainsi que sur le nouveau procédé du raffinage de ce sel », Annales de chimie, vol. 20,‎ , p. 304-5 (lire en ligne).
  2. Explosion de la poudrerie de Grenelle, sur la base de données ARIA du ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie. Consulté le 21 novembre 2012.
  3. a et b Le Roux 2011.
  4. Base de données ARIA

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier