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Couvent des Visitandines de Chaillot

couvent situé à Paris, en France
Page d'aide sur l'homonymie Pour l'ancien couvent de la Visitation rue Saint-Antoine, actuel temple du Marais, voir couvent de la Visitation Sainte-Marie de la rue Saint-Antoine.

Couvent des Visitandines de Chaillot
Gravure représentant le couvent de Chaillot vers 1774.
Gravure représentant le couvent de Chaillot vers 1774.
Présentation
Culte Catholique romain
Rattachement Archidiocèse de Paris
Date de démolition 1794
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 51′ 39″ nord, 2° 17′ 13″ est

La couvent des Visitandines de Chaillot est un couvent de l'ordre de la Visitation qui se trouvait à l'ouest de Paris à Chaillot, dans l'actuel 16e arrondissement de Paris. Consacrés en 1651, les lieux ont été détruits en 1794.

HistoireModifier

En 1583, la reine Catherine de Médicis achète et transforme un ermitage situé sur la colline de Chaillot, renommé « Catherinemont » ; l'architecte Étienne Dupérac est chargé des travaux et réalise une villa « en U » avec des jardins en terrasse et une cour en forme d'hippodrome. La souveraine n'en profite toutefois pas longtemps : le chantier commence en 1588 et elle meurt l'année suivante.

En 1613, ce château surplombant la rive droite de la Seine est acheté par Pierre Jeannin, premier président du parlement de Paris, puis, en 1630, par le marquis de Bassompierre. La propriété est achetée le 1er juillet 1651 dans une vente par adjudication des biens des héritiers du Maréchal de Bassompierre par les Visitandines à l'initiative d'Henriette-Marie de France, fille d'Henri IV et veuve de Charles Ier d'Angleterre, qui y établit une communauté, la troisième de l'ordre après celles de la rue Saint-Jacques fondée en 1626 et de la rue Saint-Antoine fondée en 1632 qui en est la maison-mère.

 
Louise de La Fayette, en religion Mère Angélique.

Mademoiselle de La Fayette (en religion Mère Angélique), confidente de Louis XIII, en fut la supérieure entre 1655 et 1665. Elle y accueillit Sœur Anne de Sainte-Eugénie (Madame de Saint-Ange) qui figura au nombre des douze religieuses exilées de l'abbaye de Port-Royal par l'archevêque en août 1664[1].

La transformation des lieux doit beaucoup à Henriette Marie de France, fille d'Henri IV et veuve du roi Charles Ier d'Angleterre. Ayant fui l'Angleterre révoltée, elle revient en France, commande à l'architecte François Mansart la construction d'une chapelle et y fait venir une partie de la Cour. Marie Mancini, la nièce de Mazarin, se retire ainsi un moment au couvent des Visitandines tandis que Mademoiselle de La Vallière, fuyant la cour, s'y réfugie deux fois avant d'entrer au Carmel. Jacques-Bénigne Bossuet prononce d'ailleurs en 1669 sa célèbre oraison funèbre pour Henriette-Marie, reine d'Angleterre dans la chapelle de Mansart. Le couvent accueille par la suite plusieurs Stuarts : Henriette d'Angleterre, futur duchesse d'Orléans, y est élevée, le roi Jacques II. Le corps de la reine Marie-Béatrice d'Angleterre, veuve de Jacques II, y est inhumé.

L'ordre de la Visitation achète toute la seigneurie de Chaillot en 1686. Les lieux sont déjà désaffectés depuis le début de la Révolution, quand, le , l'explosion de la poudrerie de Grenelle, sur l'autre rive de la Seine, détruit une partie du couvent. Les lieux sont ensuite déblayés par les pouvoirs publics.

Notes et référencesModifier

  1. Mémoire touchant ma Sœur Anne-Eugénie religieuse de Port-Royal, dite dans le monde « Madame de Saint Ange » ; avec la relation de sa captivité, s.l., s.n., [1710], 28 p. (lire en ligne)

Voir aussiModifier

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Article connexeModifier

BibliographieModifier

  • Marie-Ange Duvignac-Glessgen, « La Visitation de Chaillot au XVIIe siècle : splendeurs et tribulations d'un monastère dans le siècle », XVIIe siècle : bulletin de la Société d'étude du XVIIe siècle, no 165,‎ , p. 383-400 (ISSN 0012-4273, lire en ligne, consulté le 20 juillet 2017).
  • Sylvie Deswarte-Rosa et Catherine Grodecki, « Le dernier caprice architectural de Catherine de Médicis : une villa à l'hippodrome sur la colline de Chaillot par Étienne Duperas », Revue de l'Art, no 150,‎ , p. 32-45 (ISSN 0035-1326).
  • Pascal Ory, Le Palais de Chaillot, Arles, Aristeas / Actes Sud, coll. « Les grands témoins de l'architecture », , 127 p. (ISBN 2-7427-6392-9, notice BnF no FRBNF40946458), p. 10, 14-15.