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L'empathie chez les poulets est la capacité de comprendre et de partager les émotions entre poulets. L'« Initiative pour le bien-être animal » (Animal Welfare Initiative) du Biotechnology and Biological Sciences Research Council (BBSRC) définit et reconnaît que «...les poules possèdent une faculté fondamentale pour l'empathie... »[1]. Ces réponses empathiques chez les animaux sont bien documentées et sont généralement abordées de concert avec les questions liées à la cognition animale. La distinction entre la cognition animale et l'émotion animale est reconnue par les éthiciens[2]. L'attribut empathique chez les poulets a non seulement été étudié pour en établir l'existence, mais a également mené à des applications menant à la réduction du stress au sein des élevages de volailles.

Sommaire

DéfinitionModifier

 
Poule blanche avec des poulets (Hamilton)

Les éthiciens font la distinction entre cognition animale et émotion animale. Alors que la cognition couvre tous les aspects liés au processus de réflexion chez les animaux, l'émotion concerne leur état d'esprit. Même si les phénomènes tels que la reconnaissance de soi-même, la mémoire, la résolution de problèmes ont déjà été étudiés, ce n'est que plus récemment que la capacité de partager l'état émotionnel d'un autre individu a été établie chez les poules[3],[2],[4],[5].

Les adultes femelles possèdent au moins un des attributs essentiels à l'empathie, c'est-à-dire la faculté d'être affectées par l'état émotionnel d'un autre oiseau et de partager cet état[6]. Les poulets ont les éléments de base nécessaires à l'empathie émotionnelle[7],[8],[9],[10].

L'empathie est parfois considérée comme une forme d'intelligence émotionnelle et est mise en évidence quand les poules montrent des signes d'anxiété alors qu'elles observent leurs poussins dans des situations de détresse. On a dit des poules qu'elles « ressentent la douleur de leurs petits » et qu'elles ont la faculté « d'être affectées par l'état émotionnel d'un autre oiseau, et de partager cet état »[11].

Études scientifiquesModifier

Une étude financée par le BBSRC et publiée en 2011 a été la première à observer que les poulets font preuve d'empathie. C'est la première étude à utiliser à la fois des méthodes comportementales et physiologiques pour mesurer ces traits chez les oiseaux.

La méthodologie a consisté à exposer des poussins à un jet d'air, ce qu'ils trouvent légèrement pénible. Pendant l'opération, les réactions physiologiques et comportementales de la mère ont été suivies de manière non invasive. On a observé que les poules ont modifié leur comportement en réponse à la situation de détresse de leurs petits : diminution du toilettage (lissage des plumes), vigilance accrue, et une augmentation du nombre de vocalises adressées à leurs poussins. Ces comportements sont interprétés par l'étude comme une manifestation d'inquiétude. En outre, la fréquence cardiaque des poules a augmenté et la température de leurs yeux a diminué[6],[12].

L'augmentation de la fréquence cardiaque chez la mère est corrélée au degré de détresse souffert par les poussins. Par ailleurs, la manifestation d'empathie par les poules à l'égard de leurs poussins s'accompagne par la réduction de la détresse chez ceux-ci[13].

Peur chez les pouletsModifier

Des enquêtes précédentes ont établi les indicateurs de réponse émotionnelle chez les poulets. On observe ainsi différents niveaux de vigilance chez les poulets domestiques. Les poules manifestent leur peur en passant davantage de temps debout, alertes, et en augmentant le comportement de toilettage. Avant même que l'empathie chez les poulets ait été observée, d'autres recherches montraient déjà que les poules évitent les environnements où elles sont plus alertes et plus susceptibles de faire du toilettage.

ApplicationsModifier

L'empathie chez les poulets n'a pas seulement été étudié pour prouver son existence, mais a également eu des retombées concrètes dans la réduction du stress dans les élevages de volailles.

Il a même été question pendant un certain temps de convertir une prison de Virginie en « Musée de l'empathie chez le poulet » par PETA pour sensibiliser les gens à la nature émotionnelle et empathique des poulets[14],[15],[16],[17].

CritiquesModifier

Le concept de l'empathie chez les poulets ne fait pas l'unanimité. Certains chercheurs n'ont trouvé aucune preuve émotionnelle chez les poulets[18].

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. « Chickens are capable of feeling empathy, scientists believe - Telegraph », The Daily Telegraph, (consulté le 28 décembre 2015)
  2. a et b Scott Wilson, « Animals and Ethics », Internet Encyclopedia of Philosophy (consulté le 30 décembre 2015)
  3. Helen Proctor, « Animal Sentience: Where Are We and Where Are We Heading? », Animals, vol. 2, no 4,‎ , p. 628–639 (ISSN 2076-2615, DOI 10.3390/ani2040628)
  4. The foundations of empathy are found in the chicken (2011, March 9) publisher University of Bristol retrieved 28 December 2015 from http://phys.org/news/2011-03-foundations-empathy-chicken.html
  5. « Foundations of empathy in chickens? Avian maternal response to chick distress studied », ScienceDaily, (consulté le 28 décembre 2015)
  6. a et b « Foundations of empathy found in chicken », 5m Publishing; The Poultry Site, (consulté le 30 décembre 2015)
  7. Ilana Klinghoffer, « Could Chickens be Empathetic Creatures? », Science World British Columbia, (consulté le 28 décembre 2015)
  8. J.L. Edgar, E.S. Paul et C.J. Nicol, « Protective mother hens: cognitive influences on the avian maternal response », Animal Behaviour, vol. 86, no 2,‎ , p. 223–229 (ISSN 0003-3472, DOI 10.1016/j.anbehav.2013.05.004)
  9. J. L. Edgar, J. C. Lowe, E. S. Paul et C. J. Nicol, « Avian maternal response to chick distress », Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 278, no 1721,‎ , p. 3129–3134 (ISSN 0962-8452, PMID 21389025, PMCID 3158930, DOI 10.1098/rspb.2010.2701)
  10. « Foundations of empathy in chickens? Avian maternal response to chick distress studied », Veterinary Sciences Tomorrow, (consulté le 22 juillet 2015)
  11. Julia Witty, « Science Shots: the Birds and the Moths », Mother Jones Magazine, (consulté le 17 juillet 2015)
  12. Marc Bekoff, « Empathic chickens and cooperative elephants: Emotional intelligence expands its range again », Psychology Today, (consulté le 28 décembre 2015)
  13. Joanne Edgar, Suzanne Held, Elizabeth Paul et Isabelle Pettersson, « Social buffering in a bird », Animal Behaviour, vol. 105,‎ , p. 11–19 (ISSN 0003-3472, DOI 10.1016/j.anbehav.2015.04.007)
  14. « PETA wants to rent a Virginia prison building and turn it into a chicken empathy museum », LA Times, (consulté le 19 juin 2015)
  15. « The Nation's First Chicken Empathy Museum », NYTimes, (consulté le 30 décembre 2015)
  16. « Animal-rights group wants to open "chicken empathy" museum », The Seattle Times, (consulté le 31 décembre 2015)
  17. « PETA wants Jindal to turn bankrupt poultry plant into 'Chicken Empathy Museum' », NOLA.com, (consulté le 31 décembre 2015)
  18. Edgar J.L., Paul, E.S., Harris, L., Penturn, S. & Nicol, C.J., « No evidence for emotional empathy in chickens observing familiar adult conspecifics », PLOS ONE, vol. 7, no 2,‎ , e31542 (PMID 22348100, PMCID 3278448, DOI 10.1371/journal.pone.0031542)

Lectures complémentairesModifier

  • Domestic Animal Behaviour and Welfare, Oxford, OXF, GBR, CABI Publishers, (ISBN 1780645392, lire en ligne) [Seule source citant Edgar et al. 2012, et Edgar et al. 2011, voir p. 42, 53, 188 (particulièrement p. 53), et donc la seule source secondaire fiable trouvée sur ce sujet à ce jour.]