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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Théry.
Edmond Théry
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Edmond Théry
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Edmond Théry, né à Rognac (Bouches-du-Rhône) en 1854 et mort en mai 1925, est un journaliste, économiste et statisticien français.

BiographieModifier

Edmond Théry est journaliste depuis 1879: il est entré aux quotidiens Voltaire puis La Justice de Georges Clemenceau[1]. Il a aussi été le chroniqueur musical de La Nation[2]. Il a collaboré ensuite aux quotidiens Le Matin et Le Figaro, et a siégé au conseil d'administration de ce journal[3].

Il fonde en 1892 et dirige jusqu'à sa mort l'hebdomadaire L'Economiste européen (32 pages d'informations économiques). En décembre 1897, Il a été l'un des membres fondateurs avec Jules Domergue et Henry Garnier de la Société d'économie politique nationale, présidée par l'économiste et universitaire Paul Cauwès[4]. Cette société de pensée protectionniste est liée à une association patronale protectionniste présidée par Jules Méline, l'Association de l'industrie et de l'agriculture françaises. Le choix de l'intitulé de la Société signifiait que les membres de la Société voulaient se différencier de la vénérable Société d'économie politique d'obédience libre-échangiste. Edmond Théry et Paul Cauwès étaient en effet favorables à ce que l’économie française bénéficie d’un régime douanier compensateur, protecteur et rémunérateur. Théry a aussi été partisan du bimétallisme monétaire.

Publiciste, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont en 1901 Le Péril jaune, au sujet du décollage rapide de l'économie chinoise, qu'il redoute.

Il a été un temps « bulletinier », c'est-à-dire journaliste tenant le bulletin financier, qu'il afferme, de journaux. Notamment L'Humanité de Jean Jaurès et d'Aristide Briand, en 1907 et 1908[5]. Des journaux d'extrême gauche font de lui en outre le plus important des quatre courtiers qui distribuent dans les journaux la manne de la publicité des emprunts au nom des grands établissements de crédit. Il serait l'agent du Crédit Lyonnais[6]. Dans une époque où la vénalité de la presse est attestée, son hebdomadaire a en tout cas reçu de l'argent russe[7] comme le montrent les révélations issues de la correspondance d'Arthur Raffalovitch (Affaire Arthur Raffalovitch). On y lit aussi cette lettre: « De ( la conversation avec le syndic des agents de change ), il résulte qu'il faut limiter l'effort défensif à quelques journaux à gros tirage (...) et qu'il fallait avoir recours à un spécialiste comme Théry ( de l'Economiste européen ) qui n'opère plus directement, mais arrange les choses »[8].

Il a été promu grand officier de la Légion d'honneur en 1913, sur le rapport du ministre de l'agriculture. C'est qu'il est depuis 1911 membre de l'Académie d'agriculture de France et qu'il possède un vignoble près de sa commune natale. Et qu'il a de bonnes relations avec différents hommes politiques. Ainsi, à l'occasion du millième numéro de l'Economiste européen en 1911, un déjeuner au Ritz le voit entourer d'un ancien président de la République (Émile Loubet), de deux anciens présidents du conseil (Georges Clemenceau et Jules Méline), de trois ministres ou anciens ministres, dont le ministre des finances Joseph Caillaux, ainsi que du gouverneur de la Banque de France, des directeurs des grandes banques, du syndic des agents de change[9]. En outre, plusieurs missions lui auraient été confiées par des gouvernements français[10]. De plus, il est l'inamovible président de l'Association de la presse économique et financière, qu'il a fondée en 1905[11], et il est vice-président des journalistes républicains.

Durant la Première Guerre mondiale, Edmond Théry est lieutenant-colonel de territoriale et travaille pour le ministère de la guerre; il est l'un des directeurs des services économiques[12]. Il aurait préconisé le blocus des empires centraux[13].

A sa mort, il laisse cinq fils, dont René Théry, chargé de la rédaction de l'Economiste européen et qui a pris la succession de son père, aussi bien de l'hebdomadaire que de l'Association de la presse économique et financière[14].

Principales publicationsModifier

  • Sous l'uniforme, nouvelles militaires (1879)
  • Les Finances de la République : le budget, la conversion, l'unification et l'extinction de la dette publique, les grands travaux du plan Freycinet (1883)
  • La Crise des changes, la baisse de l'argent et ses conséquences, la situation monétaire du monde, le bimétallisme universel (1894)
  • Histoire des grandes compagnies françaises de chemins de fer dans leurs rapports financiers avec l'État (1894)
  • Les Fonctions de la Banque de France (1895)
  • L'Évolution industrielle et commerciale (1897)
  • Les Valeurs mobilières en France (1897)
  • Europe et États-Unis d'Amérique] : statistiques d'ensemble : « maritimisme », populations, dépenses budgétaires, dépenses d'ordre militaire, dettes publiques, chemins de fer, commerce, banques d'émission, changes et escompte, numéraire international, production universelle de l'or et de l'argent (1899)
  • Faits et chiffres, questions économiques d'actualité (1899)
  • La Situation économique et financière de l'Espagne (1899)
  • Les Finances ottomanes (1901)
  • Histoire économique de l'Angleterre, de l'Allemagne, des États-Unis et de la France, 1890-1900 (1902)
  • La Paix armée (1903)
  • Le Péril jaune (1905)
  • Le Septennat de M. Émile Loubet, au point de vue économique (1906)
  • L'Égypte nouvelle au point de vue économique et financier (1907)
  • La Situation économique et financière du Japon après la guerre de 1904-1905 (1907)
  • Les Progrès économiques de la France : bilan du régime douanier de 1892 (1908)
  • L'Europe économique (1911)
  • La Fortune publique de la France (1911)
  • La Transformation économique de la Russie (1914)
  • Les Problèmes économiques de la guerre (1916)
  • Conséquences économiques de la guerre pour la France (1922)

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Le Figaro, 9 mai 1925, "Nécrologie"
  2. Le XIXe siècle, 16 avril 1905, Le Journal, 9 mai 1925
  3. Le Figaro, 9 mai 1925
  4. Il préside la séance inaugurale: Le Figaro, 11 décembre 1897
  5. L'Humanité, 16 mars 1924, "L'Humanité communiste défendra L'Humanité de Jaurès", Claude Bellanger, Histoire générale de la presse française, Volume 3, PUF, 1969, p. 375, Alexandre Croix, Jaurès et ses détracteurs, Éditions du Vieux Saint-Ouen, 1967, p. 220 ( Théry aurait obtenu le contrat moyennant le versement de 19 000 francs )
  6. La Vie ouvrière, 1910, Les Hommes du jour, 1er avril 1911, L'Humanité, 23 juillet 1920, Collectif, La guerre sociale: un journal "contre" : la période héroïque, 1906-1911, Les Nuits rouges, 1999, p. 110
  7. Christian Delporte, Les journalistes en France: 1880-1950, Seuil, 1999, p. 147
  8. L'Humanité, 13 mars 1924
  9. Les Hommes du jour, 1er avril 1911, Le Figaro, 20 mars 1911
  10. Comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France , 1925
  11. Le Figaro, 9 mai 1906, Ibid., 5 mai 1905
  12. Bulletin des lois de la République française, 1914, Comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, 1925, p. 513. Un témoignage critique: « Ce fut vers cette époque que je rencontrai un de nos plus célèbres économistes, M. Edmond Théry, qui pendant toute la guerre aimait à se montrer revêtu de l'uniforme de lieutenant-colonel d'artillerie, avec la plaque de grand officier de la Légion d'honneur. Il m'expliqua de façon péremptoire que la guerre cesserait infailliblement le 1er juin 1916. A Cette date les Allemands n'auraient plus un grain de blé à se mettre sous la dent »: Général R. Alexandre, Avec Joffre d'Agadir à Verdun : souvenirs 1911-1916, Berger-Levrault, 1932
  13. Le Petit Parisien, 9 mai 1925
  14. Journal des économistes, 1925, Le Temps, 4 avril 1930

Liens externesModifier