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Un château d'eau de Johannesburg.

La gestion des ressources en eau est un enjeu important en Afrique du Sud. L'ouest du pays dispose de ressources moindres que l'est, et est fréquemment sujet à des situations de stress hydrique. De nombreux progrès ont été réalisés pour l'accès à l'eau potable, mais les populations les plus défavorisées ou isolées ont toujours des difficultés à y accéder.

Sommaire

RessourcesModifier

PrécipitationsModifier

Les ressources naturelles en eau sont inégalement réparties selon la géographie de l'Afrique du Sud. Alors que l'ouest est sec et ne reçoit des pluies qu'en été, à raison de 100 mm par an, l'est et le sud-est reçoivent plus de 1 000 mm de précipitations en moyenne.

Cours d'eauModifier

 
Carte hydrographique de l'Afrique du Sud.

Le fleuve Orange est le plus long d'Afrique du Sud et se jette dans l'océan atlantique. Le Limpopo est également un fleuve important. Les monts Drakensberg sont la source d'une grande partie des cours d'eau du pays.

DessalementModifier

L'Afrique du Sud est bordée par l'océan Atlantique et l'océan Indien. La piste du dessalement de l'eau de mer est étudiée, mais nécessite beaucoup d'énergie, dont le pays manque[1].

AménagementsModifier

 
Le barrage de Katse, au Lesotho, alimente l'Afrique du Sud en eau potable.

Des barrages et des tunnels de transfert d'eau ont été construits, notamment en coopération avec le Lesotho.

Accès à l'eauModifier

HistoireModifier

Le département ministériel de l'eau est fondé en 1912.

À partir des années 1950, le régime d'apartheid construit un système de barrages afin de transférer l'eau vers l'ouest et le sud[2], principalement pour des raisons agricoles.

Après la chute de l'apartheid, le nouveau gouvernement de l'ANC signe les principes édictés en 1992 lors de la Conférence internationale sur l'eau et l'environnement de Dublin[3].

La constitution de 1996 reconnaît dans son article 27, le droit d'accès à l'eau[4],[5].

Une loi de 1997 précise que tout foyer doit se trouver à moins de 200 mètres d'une source fournissant au moins 25 litres par jour et par personne, et en 2000, il est décidé que les six premiers mètres cube sont gratuits[4].

En 1990, on estimait que 15 millions de personnes n'avaient pas accès à l'eau potable de façon fiable, et 20 millions à des services sanitaires. La politique volontariste du gouvernement sud-africain permit d'apporter l'eau à 10 millions de personnes, en à peine quinze ans. En 2006, l'UNICEF estimait que 93 % de la population avait accès à l'eau[4].

Desserte de la populationModifier

26 % de la population n'a pas accès à une eau potable de façon fiable, et l'accès à une eau polluée cause plusieurs morts, notamment dans les townships[6].

AgricultureModifier

IndustrieModifier

Au niveau localModifier

Cap-OccidentalModifier

 
Ressources en eau pour la ville du Cap.

La ville du Cap, principale agglomération de la province du Cap-Occidental a un climat méditerranéen, et est approvisionnée en eau par 6 réservoirs situés dans les montagnes environnantes.

À partir de 2015, la province fait face à une sécheresse inquiétante, et ses réserves d'eau baissent, jusqu'à début 2018 où une crise de l'eau a lieu. Le , la ration quotidienne passe à une cinquantaine de litres par jour[7]. La proclamation de l'état de catastrophe naturelle a lieu le 13 février[8]. En cas de « jour zéro », si le niveau de l'eau passe sous les 13,5 % de la capacité des barrages, l'armée doit alors être chargée de la distribution d'une ration de 25 litres par jour et par personne, dans 200 points situés dans la ville[9]. En plus d'être néfaste aux habitants, la sécheresse menace l'économie du Cap, notamment la viticulture et le tourisme, indispensables au développement économique de la région[10].

Au début du mois d'avril 2018, les autorités signalent une amélioration de la situation, la pénurie d'eau étant repoussée à l'année 2019[11].

Le réchauffement climatique est pointé comme une des principales causes de la sécheresse. Une politique de restriction d'eau drastique est mise en place, et alors que les habitants des bidonvilles consomment déjà peu d'eau, c'est la population aisée qui a dû se limiter le plus[12].

La mise en service d'une centrale de dessalement par osmose alimentée à l'énergie solaire est annoncée en juin 2018 et doit entrer en service en octobre de la même année. Elle doit fournir une capacité de 100 m3 d'eau potable en situation normale, et jusqu'à 300 en pic[13].

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Afrique du Sud: sur la voie de la désalinisation de l’eau de mer », sur RFI, (consulté le 19 février 2018)
  2. David Blanchon, « La politique de l’eau en Afrique du Sud : le difficile équilibre entre développement durable et valorisation optimale de la ressource », sur OpenEdition, (consulté le 19 février 2018)
  3. « Les quatre principes de la Déclaration de Dublin (1992) », sur aqueduc.info (consulté le 5 août 2018)
  4. a b et c GWENAEL-PRIE-LIONEL-GOUJON, « De l'apartheid à l'eau pour tous », sur Libération, (consulté le 19 février 2018)
  5. (en) « Constitution of the Republic of South Africa, 1996 - Chapter 2: Bill of Rights | South African Government », sur www.gov.za (consulté le 5 août 2018)
  6. AFP, « Le manque d’eau propre tue en Afrique du Sud », sur Jeune Afrique, (consulté le 19 février 2018)
  7. Kimon de Greef (trad. Iris Engintalay), « En Afrique du Sud, la ville du Cap est terrifiée à l'approche du «jour zéro» », sur Slate, (consulté le 21 février 2018)
  8. « Crise de l’eau au Cap : l’Afrique du Sud déclare l’état de catastrophe naturelle », sur Le Monde, (consulté le 19 février 2018)
  9. Liza Fabbian, « Afrique du Sud : le Cap prend des mesures drastiques pour faire face à la sécheresse », sur Les Échos, (consulté le 21 février 2018)
  10. « La crise de l'eau frappe l'économie du Cap », sur Tribune de Genève, (consulté le 12 avril 2018)
  11. Reuters, « Afrique du Sud: Répit sur le front de la sécheresse pour la ville du Cap », sur Challenges, (consulté le 12 avril 2018)
  12. CLAIRE MEYNIAL, « Afrique du Sud : Le Cap gagne du temps dans la crise de l'eau », sur Le Point Afrique, (consulté le 6 avril 2018)
  13. Moctar FICOU, « Une usine de dessalement fonctionnant à l’énergie solaire en gestation en Afrique du Sud », sur vivafrik, (consulté le 25 juin 2018)