Drosophile

genre d'insectes
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Drosophila

Les drosophiles (du grec drosos : la rosée et philos : qui aime) forment un genre (Drosophila) d'insectes holométaboles diptères radiorésistants. Elles sont également désignées par le terme plus général de « mouches des fruits », ou « mouches à fruits » au Québec. Dans la littérature biologique contemporaine, le nom de genre seul est souvent employé pour désigner l'espèce Drosophila melanogaster, également appelée « mouche du vinaigre », la plus commune dans les laboratoires.

IdentificationModifier

L'espèce Drosophila melanogaster se reconnaît à son corps brun-roux et à ses antennes paraissant pectinées aux soies fourchues.

  • Poids moyen : 0,54 mg.
  • Taille : 2 à 4 mm de longueur.

Biologie et distributionModifier

Les drosophiles sont présentes sur quasiment toute la surface du globe. Visibles toute l'année, elles sont souvent importunes (par exemple : dans les fabriques de jus de fruits ou de confitures ou en brasserie où elles peuvent tomber dans les récipients et transmettre des micro-organismes[1]). Elles sont attirées par les fruits dans lesquels elles pondent leurs œufs et où leurs larves se développent. Les drosophiles ont un cycle de vie relativement court. Leur longévité ne dépasse pas les 30 jours à 29 °C et leur cycle de reproduction est d'environ 10 jours.

ÉcologieModifier

L'espèce de nématodes Caenorhabditis drosophilae forme un super-groupe Drosophilae avec d'autres espèces de Caenorhabditis (C. virilis, C. castelli, C. angaria). Ce super-groupe rassemble des espèces associées avec des cactus ou des fruits en décomposition et des espèces de Drosophila. C'est un groupe frère du super-groupe elegans où se situe l'espèce modèle C. elegans[2].

NomModifier

Le nom « drosophile » est une adaptation scientifique moderne du grec δρόσος, drósos, « rosée », + φίλος, phílos, « qui aime ».

Plus particulièrement associée à l'espèce Drosophila melanogaster[3], l'appellation vernaculaire « mouche du vinaigre » (qui dément formellement l'expression usuelle selon laquelle « on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre »[4]) renvoie à son attirance pour les matières volatiles issues de la fermentation et pour le vinaigre[5].

UtilisationModifier

La drosophile la plus commune dans les laboratoires est Drosophila melanogaster, dont la facilité d'élevage a fait l'espèce modèle dans la recherche en génétique. Elle a d'ailleurs permis à Thomas Hunt Morgan et Hermann Joseph Muller d'établir la correspondance entre la carte génétique des mutations et la localisation chromosomique de celles-ci[6]. Depuis, « la » drosophile est devenue un outil d'étude de nombreux processus développementaux et physiologiques, qu'elle permet d'analyser aux niveaux moléculaires et cellulaires.

Notamment, la drosophile est devenue un modèle génétique pour la compréhension des mécanismes de base du système immunitaire inné. Le biologiste et prix Nobel Jules Hoffmann a ainsi mis en évidence avec son équipe l'existence chez la drosophile de récepteurs Toll à certains champignons permettant d'activer la synthèse de certaines molécules antifongiques[7],[8]. Cette découverte a participé à la mise en évidence de récepteurs Toll-like ou récepteurs de type Toll chez les mammifères, dont il est maintenant admis qu'ils jouent un rôle essentiel dans la réponse immunitaire innée chez les mammifères, et dans l'activation et l'orientation de la réponse du système immunitaire adaptatif.

Le génome de D. melanogaster est aujourd'hui entièrement séquencé et annoté[9]. Il a une taille d'environ 180 mégabases, distribuées sur 4 paires de chromosomes. Il comporte environ 15 000 gènes.

Outre Drosophila melanogaster, de nombreuses autres espèces, comme Drosophila simulans, sont également étudiées.

Statut légalModifier

Les mouches utilisées en laboratoire sont considérées comme des animaux domestiques en droit français, avec toutes les considérations légales que cela implique[10].

Liste des espècesModifier

 
Drosophila melanogaster

Notes et référencesModifier

  1. groupecameron.com
  2. (en) Description of Rhabditis (Caenorhabditis) drosophilae n. sp. and R.(C.) sonorae n. sp.(Nematoda: Rhabditida) from saguaro cactus rot in Arizona. Karin Kiontke, Fundam. appl. NemalOl., 1997, 20 (4), pages 305-315
  3. « Élevage de la mouche du vinaigre, Drosophila melanogaster », sur Planet-Vie (consulté le 27 juillet 2020).
  4. Pierre Kerner, « Les mouches du vinaigre avinées », sur Podcast Science,
  5. « Les Entreprises Maheu Ltée », sur Entreprises Maheu (consulté le 27 juillet 2020).
  6. « Drosophile », sur m2osw.com (consulté le 18 mai 2021).
  7. Mangin L, Jules Hoffmann, médaille d'or 2011 du CNRS, Pour la Science, 22 septembre 2011
  8. The road to Toll, de Lemaitre B. in Nat Rev Immunol. 2004 Jul;4(7):521-7. PMID 15229471
  9. (en) http://flybase.net/
  10. Arrêté du fixant la liste des espèces, races ou variétés d'animaux domestiques

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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